Stop à l'éolien industriel

Stop à l'éolien industriel
Un fléau d'une ampleur internationale s'abat, depuis quelques années, sur notre pays. Aidés par nos élus, les promoteurs éoliens se sont accaparés nos territoires et nos vies. Devant le massacre de notre patrimoine, un vent de colère s'élève partout sur l'hexagone. Il est grand temps de dire "STOP" à ce carnage.

Allemagne (I) (du 29/03/2004 au 25/01/2018)

Allemagne



https://www.google.com/maps/d/viewer?mid=1INuwcABHShZclo6l2SgcZi12ixs&ll=51.42888506703834%2C10.491262849999998&z=6

🔼 Un jour en Allemagne - ARTE
https://www.youtube.com/watch?v=ARQSI-PHKOw

🔼 https://www.youtube.com/watch?v=eAesz8AoDdw

🔼 http://www.proplanta.de/Maps/Windkraftanlagen_points1404907272.html

🔼 Le tournant énergétique allemand est un «désastre»
https://loi-energie-non.ch/blog/le-tournant-energetique-allemand-est-un-desastre/

🔼 Allemagne le désastre écolo des éoliennes
https://www.youtube.com/watch?v=XXeGLy-vAjY

🔼 Mord am Stillfüssel 2017 - Windtollwut - Gefährdeter Bezirk Odenwald
https://youtu.be/s1jGkqBSNY0

🔼 La Guerre des Éoliennes (version sous-titrée)
https://www.youtube.com/watch?v=LD5Pufk94HM

🔼 L’éolien fauteur de troubles – Pourquoi tant de protestations en Hesse
https://www.youtube.com/watch?v=948tNmqCx88

🔼 VIDEO éoliennes en Allemagne impact sur l'homme et la nature
https://m.youtube.com/watch?v=bPCNbkvb7co

🔼 Ces asperges géantes qui nous pourrissent la vie
https://www.youtube.com/watch?v=sZhqDkANOqQ&feature=youtu.be

🔼 Eoliennes en Allemagne un Vent de Folie qui détruit notre pays
https://www.youtube.com/watch?v=dt334wtzso0

🔼 Windwahn in Deutschland (Vent de folie en Allemagne)
https://youtu.be/BWt8eunDWwU
https://www.youtube.com/watch?v=SyecQnWorvE (en français)

🔼 https://www.facebook.com/vernunftwende/videos/1459537600733135/

🔼 Carte : https://www.google.com/maps/d/viewer?mid=1INuwcABHShZclo6l2SgcZi12ixs&hl=en_US&ll=51.42888506703836%2C10.491262849999998&z=5


🔼 Transition énergétique allemande : la fin des ambitions ?
Malgré un exceptionnel développement de ses énergies renouvelables, l’Allemagne est en passe de manquer les objectifs qu’elle s’était fixés dans sa transition énergétique lancée en 2011. Cette note d’analyse en détaille les raisons et montre pourquoi les prochaines élections fédérales pourraient être l’occasion de revoir à la baisse les ambitions de l’Energiewende.
http://www.strategie.gouv.fr/publications/transition-energetique-allemande-fin-ambitions

🔼 Le poids culturel du charbon en ex-RDA
Pour alimenter une économie qui se porte bien, l’Allemagne a dû recourir de nouveau davantage au charbon. A la centrale thermique de Jänschwalde, près de Cottbus, on refuse de croire que la fin du lignite approche. Car le charbon reste actuellement nécessaire pour combler les «trous» d’approvisionnement en électricité. .......
(Quand l'énergie verte vous rend malade)
https://vimeo.com/213205591
🔼 WINDKRAFT IN DER METROPOLREGION RHEIN-NECKAR
ES WEHT EINE STEIFE BRISE DURCH DIE REGION - WINDKRAFT ALS ECHTE ALTERNATIVE ODER TERROR FÜR MENSCH UND NATUR?


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Voir la suite sur "Allemagne" (II)

25/01/18Streit um Windräder in Borchen
https://www.zdf.de/nachrichten/zdf-mittagsmagazin/mima-reporter-streit-um-windraeder-102.html

25/01/18 : L'Allemagne a érigé un nombre record d'éoliennes terrestres en 2017
https://m.rtl.be/info/990055

19/01/18L’éolien a répondu à 60% de la demande électrique allemande entre 6 et 7 H du matin le 1er janvier 2018
Record absolu pour la première puissance industrielle européenne. Plus des deux tiers de l’électricité allemande a été d’origine renouvelable à l’aube de la nouvelle année 2018 selon les données issues de la Bundesnetzagentur, l’agence fédérale des réseaux électriques.
L’année venait de commencer. Entre 6 et 7H du matin, les unités EnR allemandes ont délivré 41 GWh, dont 35 GWh d’éolien, le reste partagé entre la bioélectricité et l’hydroélectricité. Les centrales thermiques fossiles ont de leur côté contribué à hauteur de 8 GWh et les centrales nucléaires de 4,7 GWh. Il faisait nuit, par conséquent la production solaire était nulle.
La production électrique totale était de 58 GWh et la demande électrique, faible à ce moment-là, était de 41 GWh. L’électricité allemande était ainsi à 70,6% d’origine renouvelable, et à 60% d’origine éolienne.
17 GWh ont été exportés vers les pays voisins dont 6,4 GWh vers la France, 5 GWh vers l’Autriche et 2 GWh vers le Danemark.
Contrairement à une information diffusée dans certains médias il n’est pas correct d’affirmer que 100% l’électricité allemande était d’origine renouvelable (et 85% d’origine éolienne) étant donné que la production des centrales thermiques fossiles et nucléaires n’était pas nulle.
Le fait que la consommation électrique allemande était strictement égale à la production électrique d’origine renouvelable ne suffit pas pour conclure que l’intégralité de l’électricité consommée en Allemagne était verte.
Les pays voisins de l’Allemagne ne sont pas des poubelles à électrons sales. L’électricité qui a été exportée n’est pas intégralement d’origine fossile ou fissile, il y a aussi de l’électricité verte. Et d’ailleurs surtout des électrons verts.
https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/eolien-demande-electrique-allemande-janvier-2018-51132/

17/01/18 : Kraftsiried – Sturm reißt Rotorblatt von Windrad ab – Achtung Lebensgefahr !
Zu einem Zwischenfall kam es im Windpark Kraftisried, Lkrs. Ostallgäu. Durch anhaltende Sturmböen in den letzten Stunden knickte am Mittwoch, 17.01.2018, ein Rotorblatt an einem Windrad ab und stürzte im weiteren Verlauf zu Boden. Dabei wurde glücklicherweise niemand verletzt. Immer wieder fallen jedoch weitere Teile herunter. Das Gebiet um das entsprechende Windrad sollte dringend gemieden werden, es besteht Lebensgefahr !
Un incident s'est produit dans le parc éolien Kraftisried, Lkrs. Ostallgäu. En raison des fortes rafales ces dernières heures, une pale de rotor s'est effondrée d'une éolienne le mercredi 17.01.2018 et s'est écrasée au sol dans l'instant suivant. Heureusement, personne n'a été blessé. De plus en plus, cependant, des pièces tombent. La zone autour de cette éolienne doit être sécurisée de toute urgence car il y a danger !
http://www.new-facts.eu/kraftsiried-sturm-reisst-rotorblatt-von-windrad-ab-achtung-lebensgefahr-253335.html

10/01/18Climat: l’Allemagne tentée d’abandonner son objectif 2020 (pour performance insuffisantes)
La reprise de la croissance enregistrée par la première économie de la zone euro et le prix modéré des hydrocarbures agissent contre l’ambition climatique de Berlin.
Conservateurs et sociaux-démocrates, en discussion pour former un nouveau gouvernement, proposent d’abandonner l’objectif climatique 2020. L’Allemagne est de toute façon mal partie pour l’atteindre en raison de la place du charbon dans son mix énergétique et des faibles économies de CO2 dans les transports ou l’agriculture.
Les négociateurs s’étaient engagés à se taire pendant les six jours de tractations. Mais dès le deuxième jour, conservateurs et sociaux-démocrates ont fait filtrer une info de taille sur la feuille de route d’un éventuel cabinet Merkel IV. Le groupe de travail énergie, confirmant des signaux donnés ces dernières semaines, veut mettre officiellement l’objectif climat 2020 au placard. En 2007, à l’époque où Angela Merkel jouait à fond la carte de «chancelière du climat», le gouvernement allemand s’était engagé à réduire ses émissions de CO2 de 40 % par rapport au niveau de 1990. Une décennie plus tard, la République fédérale est mal partie pour tenir sa promesse et tenir son rôle de leader.
«D’après la tendance actuelle, l’Allemagne ne réduira ses émissions que de 30 %», indique Patrick Graichen, directeur d’Agora Energiewende, institut de référence outre-Rhin sur la transition énergétique. Comment l’Allemagne en est arrivée là, malgré la vingtaine de milliards d’euros investis chaque année dans la transition énergétique au frais des consommateurs ?
Sources renouvelables. Ce système de subvention a accéléré la couverture du pays en éoliennes et en panneaux solaires. Désormais, les sources renouvelables couvrent 36,1 % de la consommation nationale. L’abondance ponctuelle des énergies vertes et...
https://www.lopinion.fr/edition/international/climat-l-allemagne-tentee-d-abandonner-objectif-2020-performance-141143

08/01/18‘Bonne Année’ renouvelable en Allemagne
Le 1er janvier, les énergies renouvelables ont fourni pendant une heure la totalité de l’électricité consommée outre-Rhin. Une première.
C’est une première allemande, et peut-être mondiale. Le 1er janvier, les énergies renouvelables ont injecté sur les réseaux de quoi satisfaire la totalité des besoins en électricité des consommateurs allemands. «Personne ne s’attendait à ce que les énergies renouvelables puissent produire 100% de l’électricité consommée en début de matinée d’un jour d’hiver», s’est exclamé le secrétaire d’Etat à l’énergie, Rainer Baake, dans un entretien publié par le Süddeutsche Zeitung.
RECORD ÉOLIEN
Aussi incroyable soit-elle, cette performance n’a pas duré. En épluchant les statistiques de l’agence fédérale des réseaux, on constate que l’éolien, les centrales à bois, les barrages ont généré plus de 41 gigawattheures (GWh), entre 6 et 7 heures du matin, soit exactement le volume d’électricité consommée en Allemagne à cette heure matinale. A elles seules, les turbines marines et terrestres ont produit 85% du courant consommé outre-Rhin; autre record battu. Mais une heure plus tard, les ENR avaient déjà cédé du terrain.
VENT FORT
Comment expliquer pareil verdissement de la production d’électricité, dans un pays où habituellement les ENR ne produisent que 36% des électrons? Tout simplement par des conditions météo exceptionnelles (le vent soufflait relativement fort sur l’Allemagne et ses côtes) et une consommation très faible, quelques heures après les festivités du changement d’année.
PRIX NÉGATIFS
Pour autant, les centrales classiques n’étaient pas à l’arrêt. Les chaudières thermiques à flamme ont injecté plus de 8 GWh, contre 4,7 GWh pour les réacteurs nucléaires. Conséquence: les électriciens allemands ont mis sur le marché plus de 58 GWh: 40% de plus que la consommation instantanée. Les prix se sont donc effondrés: atteignant -49 euros le mégawattheure (MWh) sur l’EEX, la bourse allemande de l’électricité, et 2,66 €/MWh en France.
Forte de cette surcapacité, les électriciens allemands ont massivement exporté: près de 6,4 GWh en France, plus de 5 GWh en Autriche (où les prix étaient comparables à ceux observés en Allemagne), et plus de 2 GWh au Danemark.
http://www.journaldelenvironnement.net/article/bonne-annee-renouvelable-en-allemagne,89431

04/01/18À Noël, les Allemands ont gagné de l’argent grâce à la surproduction d’électricité verte 😱
Utiliser l’énergie renouvelable a eu des conséquences inattendues en Allemagne. Grâce au vent et au soleil, le pays a produit tellement d’électricité que les consommateurs ont été payés pour utiliser de l’énergie pendant les fêtes de fin d’année. Une surproduction incroyable qui démontre le potentiel des solutions alternatives.
COMMENT L’ALLEMAGNE A PRODUIT TROP D’ÉNERGIE ?
Comme plusieurs autres pays, l’Allemagne a choisi d’investir dans l’énergie renouvelable et en particulier dans les installations éoliennes et solaires. Au total, ce sont 200 millions de dollars qui ont été injectés dans ces nouveaux modes de production d’énergie. Cependant ces énergies dépendent du temps, et quand celui-ci est trop ensoleillé ou trop venteux, les centrales produisent beaucoup d’électricité.
Une électricité qu’il est difficile de stocker à l’heure actuelle car les technologies ne permettent pas encore de modérer cette surproduction. Etant donné que les centrales produisant dans ces cas-là un surplus d’énergie alors que la demande reste faible (comme cela peut être le cas les week-ends par exemple), les prix baissent, passant parfois en dessous de zéro.
DES CONSÉQUENCES INSOLITES
Cette situation a fait que pendant la période des fêtes, les allemands ont été « payés » pour utiliser de l’électricité. L’énergie produite excédant la demande, de nombreux consommateurs ont vu le prix de leur fournisseur d’électricité passer en dessous de zéro.
Cela ne veut pour autant pas dire que les utilisateurs recevront un virement de la part des fournisseurs d’énergies : en réalité, cela prendra la forme d’une baisse des factures d’électricité au cours de l’année.
UNE SITUATION QUI POURRAIT SE REPRODUIRE ?
Si le phénomène est moins rare que ce qu’on pourrait penser, il est parfaitement capable de se reproduire dans le futur. Cependant, il représente également un défi pour les producteurs d’énergies renouvelables. Contrairement aux réseaux électriques classiques, la technologie de stockage liée aux énergies renouvelables n’est pas encore développée pour produire en fonction de la demande. Elle dépend entièrement de la météo et peut donc produire bien plus que nécessaire.
Ce détail fait que quand la situation se reproduit, les gouvernements incitent les consommateurs à augmenter leur consommation d’énergie. Comme le prix de l’énergie est alors dans les négatifs, les consommateurs l’utilisent sans pour autant augmenter leurs factures. Toutefois, cette irrégularité des prix devrait prochainement être réglée. Le secteur des énergies renouvelables est en plein essor et d’ici 2040, malgré ces petits soucis, 40 % de la production mondiale d’électricité aura pour origine les énergies renouvelables.

03/01/18 : Fast 100 Meter hohes Windrad umgestürzt
Südlich von Hamburg ist ein 94 Meter hohes Windrad umgestürzt. Die Anlage in Neu Wulmstorf sei am Morgen umgeknickt, sagte ein Polizeisprecher.
"Ein Fußgänger hat das Umfallen beobachtet und die Feuerwehr verständigt." Verletzt wurde niemand. Nun wird geprüft, warum die Bolzen der Rohrverschraubung in etwa 20 Metern Höhe rissen. Das "Hamburger Abendblatt" geht davon aus, dass eine starke Böe das Windrad abgeknickt habe.
"Wohl ein Totalschaden"
Die 2001 errichtete Anlage auf dem Gelände einer früheren Deponie für Hausmüll wird von der Stadtreinigung Hamburg betrieben. "Das ist wohl ein Totalschaden", hieß es von dort. Die Freiwillige Feuerwehr Neu Wulmstorf sicherte den Bereich, berichteten das "Stader Tageblatt" und der NDR.
Erst kurz nach Weihnachten war im Windpark Sitten bei Leisnig in Sachsen ein 95 Meter hohes Windrad umgeknickt. Die Ursache der Havarie dort ist weiterhin nicht ermittelt.
http://www.t-online.de/nachrichten/panorama/id_79978626/94-meter-hohes-windrad-in-neu-wulmstorf-umgestuerzt.html

03/01/18 : HIER HAT DER STURM EIN 70-METER-WINDRAD EINFACH UMGELEGT
Stadthagen - In der Gemeinde Volksdorf im Kreis Schaumburg (Ostwestfalen) fiel am Mittwochmorgen gegen 10 Uhr ein elektronisches Steuerteil an einer Windkraftanlage aus, wie die Polizei mitteilt.
"In der Folge fielen weitere Steuerungselemente, wie zum Beispiel die hydraulische Bremse aus." Es wird vermutet, dass dadurch auch die Rotorblätter "nicht mehr entsprechend der Windstärke ausgestellt werden" konnten.
Dadurch zerbrachen zunächst einige Teile eines Rotorblattes. Gegen 13.30 Uhr knickte schließlich der komplette Turm des etwa 70 Meter hohen Windrades ab.
Die komplette Anlage stürzte zu Boden. Verletzt wurde dabei niemand. Durch die entfernte Lage bestand auch keine Gefahr für Menschen.
Bisher können noch keine Angaben zum Sachschaden gemacht werden.


03/01/18 : Unwetter in der Oberpfalz
Sturm "Burglind": Wenig Einsätze, aber Windanlage zerstört

Der Sturm "Burglind" hat am Mittwoch auch in Ostbayern zu Einsätzen von Feuerwehr und Polizei geführt. Verletzt wurde aber niemand. Im Landkreis Amberg-Sulzbach beschädigte der starke Wind eine Windkraftanlage.
(Dans l'arrondissement d'Amberg Sulzbach, le fort vent endommageait une installation éolienne.)Im Landkreis Amberg-Sulzbach hat am Mittwoch das Sturmtief "Burglind" eine Windkraftanlage beschädigt. 
Im Windpark Illschwang brach ein Teil eines fünf Tonnen schweren Rotors ab. Warum der Rotor dem Sturm nicht standhielt ist noch unklar. Durch den herabstürzenden Rotorteil wurde aber niemand verletzt. Die Anlagen werden nun überprüft.
Sturm verlief glimpflich
Im Landkreis Tirschenreuth sind am Mittwochvormittag in sieben Fällen Keller und Straßen überflutet worden. Insgesamt musste die Polizei in der Oberpfalz zu 26 Einsätzen ausrücken. Insgesamt verlief der Sturm aber in der Oberpfalz glimpflich. Verletzt wurde nach ersten Angaben der Polizei niemand.


30/12/17Des entreprises allemandes payées pour consommer de l’électricité
Cette année, en Allemagne, les consommateurs d’énergie ont déjà été payés plus de 100 fois pour leur consommation. Cette situation s’explique par la surproduction d’énergie renouvelable bon marché atteinte à certains moments.
Ces deux dernières décennies, l’Allemagne a investi 200 milliards de dollars pour promouvoir les énergies renouvelables. Quand une production importante d’énergie durable est enregistrée, la règle de l’offre et la demande à la bourse européenne de l’électricité Epex Spot peut entraîner une baisse des tarifs.
Dans un tel contexte, plusieurs pays européens sont alors être confrontés à des tarifs d’énergie négatifs. Ce phénomène s’observe fréquemment en Allemagne.
Les prix de l’électricité deviennent négatifs lorsqu’une production importante s’accompagne d’une demande faible. Cette situation a lieu principalement les week-ends et les jours fériés lorsque les usines sont inoccupées et que les bureaux sont vides.
Si ces périodes vont de pair avec une production d’énergie éolienne ou solaire importante, le secteur peut être alors être fortement déséquilibré. C’est souvent le cas lorsque que les températures sont douces. Parfois, l’Allemagne peut exporter son surplus d’électricité vers les pays voisins afin de rééquilibrer le marché,wind mais ce n’est pas toujours le cas.
BatteriesIl n’est pas toujours facile de garantir un équilibre entre l’offre et la demande. La production d’énergie éolienne est particulièrement sensible aux changements des conditions météorologiques. En outre, les sources traditionnelles d’énergie telles que les centrales au charbon et les réacteurs nucléaires ne peuvent pas toujours réduire suffisamment leur niveau d’activité lorsqu’une période de surproduction menace.
En Allemagne, en 2017, des propriétaires d’usine ou des consommateurs importants d’énergie ont été payés parfois plus de 50 euros par mégawatt-heure pour consommer de l’énergie. Durant le dernier weekend d’octobre, les prix de l’énergie sont devenus négatifs pendant 31 heures. A un moment donné, ils sont passés à moins 83 euros. Dès lors, tout consommateur qui se connectait à ce moment pour une consommation d’énergie importante a reçu une indemnisation de 83 euros par mégawatt-heure.
Un stockage de cette énergie en surplus dans des batteries pourrait être une solution. Toutefois, cette technologie n’est pas suffisamment développée pour absorber toute la surproduction.
« La plupart des réseaux traditionnels sont conçus pour adapter la production à la demande », a expliqué Tobias Kurth, directeur du consultant berlinois Energy Brainpool. « Nous avons maintenant d’une technologie qui ne produit pas en fonction de la demande, mais en fonction des conditions météorologiques. »
Selon Kurth, il s’agit d’une des principaux défis de la transition du marché de l’énergie vers l’énergie renouvelable.
Actuellement, ce problème ne peut être partiellement résolu qu’en incitant les consommateurs à adapter leur consommation à la production d’énergie.
Le coût de production ne représente cependant qu’un cinquième de la facture d’électricité que le consommateur allemand reçoit. Le reste se compose de taxes et de contributions à la production d’énergies renouvelables et de redevances pour l’utilisation du réseau.
Les ménages allemands ne peuvent donc pas compter sur une indemnisation financière de la part de leur fournisseur. Cependant, la facture peut être inférieure à la normale lorsque les prix de l’énergie deviennent parfois négatifs.

04/12/17«Energie, pierre d'achoppement de l'accord de coalition en Allemagne»
Conservateurs proches d’Angela Merkel et sociaux-démocrates sont prêts à discuter pour sortir le pays de l’impasse politique. Les marchés financiers observent la situation de très près. Christian Stoffaes explique en quoi le secteur de l’énergie se retrouve malgré lui au cœur des tractations outre-Rhin.
Le temps suspend son vol en Europe dans l'attente qu'aboutissent les tractations pour former la coalition qui va gouverner demain le pays, non seulement première puissance économique, mais aussi modèle à suivre pour la démocratie et les choix de société. La subtile mécanique du régime électoral, qui force les partis au dialogue et aux traités de coalition, donne ici des signes de dérapage. Toute l'attention se focalise sur la question des immigrés, la générosité de la politique d'accueil de la majorité sortante ayant paradoxalement débouché sur l'entrée au Parlement de puissantes forces populistes, qui va leur offrir une bruyante tribune, et une référence pour les pays d'Europe centrale et orientale. Les marchés financiers, qui ne détestent rien tant que l'incertitude et l'instabilité, observent avec une attention inquiète l'irruption de cette situation inattendue au sein du pays garant de la stabilité et de la sagesse.
L'Energie Wende, lancé il y a dix ans, est bien plus qu'une politique sectorielle : c'est un choix de société. C'est aussi un produit d'exportation à succès. Ainsi, en France, la transition énergétique entrée dans le langage courant, comme le développement durable et le combat climatique, pour lesquels les deux pays se disputent le leadership mondial.
"Tout ce qui se mesure s'améliore"
Tous ces débats, passionnels jusqu'à devenir irrationnels, font penser à la devise de l'ingénieur : "Tout ce qui se mesure s'améliore", et au slogan du président Marcel Boiteux, qui pilota EDF pendant un quart de siècle par les vertus du calcul économique : "Préférer le gouvernement par les ratios plutôt que par les ragots."
Notre ministre de la transition écologique et solidaire ne dit pas autre chose lorsqu'il rappelle, à propos de la fermeture des centrales nucléaires, qu'il faut compter en carbone. S'appliquant à l'époque à l'arbitrage entre les centrales thermiques et les barrages hydroélectriques, elle pourrait certainement s'appliquer aux choix d'aujourd'hui en faisant partager une analyse complète : le coût de l'intermittence et de l'aléatoire, et celui des lignes de transport à construire. Le moment est venu d'une approche européenne de l'énergie, comme le charbon-acier – qui incarnait auparavant la guerre civile franco-allemande – fut le vecteur de la construction communautaire.
Querelle d'Allemands
Au cœur du débat inter-allemand, il est un sujet tabou, presque dissimulé : le lignite, charbon de très mauvaise qualité, très polluant, exploité dans de gigantesques carrières par de dantesques machines. Quand on contemple cette vision du diable, on ne peut s'empêcher de comparer ses nuisances écologiques aux dépenses colossales dans les renouvelables, consenties pour épargner péniblement quelques grammes de carbone. Jadis orgueil de la RDA, ses centrales continuent à cracher fumées et poussières. Les Verts ont sorti le nucléaire du débat, ayant persuadé la Chancelière de déclarer l'arrêt définitif et de fermer la dizaine de centrales subsistantes, victoire hautement symbolique. Les éoliennes et le solaire connaissent une spectaculaire expansion.
L'opinion publique, qui a chaudement plébiscité les contraintes d'achat obligé d'énergies renouvelables imposées aux compagnies d'électricité, les réduisant aujourd'hui à la quasi-faillite, commence à comprendre que cela coûte très cher au consommateur : 25 milliards d'euros par an, une facture individuelle qui a doublé sur dix ans. L'Energie Wende est en question.
L'expression de querelle d'Allemand s'applique ici idéalement : une dispute dont on a oublié les germes, où la passion idéologique triomphe sur la raison rationnelle, et qui divise gravement le pays, jusqu'à la guerre civile, qui s'exporte à l'étranger comme jadis la Réforme, le Marxisme. "Cette énergie est dangereuse" : lorsque la Chancelière, partout révérée comme un modèle de sagesse, condamne le nucléaire après Fukushima, sans concertation, comment les Européens n'en seraient-ils pas convaincus ?
La politique européenne de l'énergie est largement placée sous influence allemande au Parlement comme à la Commission. Et personne ne paraît se souvenir de l'existence d'un Traité Euratom qui érige le nucléaire en politique commune. La tâche est immense, mais c'est un beau terrain pour la nouvelle génération et le monde nouveau.
Christian Stoffaes, membre du Cercle des économistes;
Professeur à l’Université Paris Dauphine
Président de la Fondation Genshagen-France

Le Cercle des économistes a été créé en 1992 avec pour objectif ambitieux de nourrir le débat économique. Grâce à la diversité des opinions de ses 30 membres, tous universitaires assurant ou ayant assuré des fonctions publiques ou privées, le Cercle des économistes est aujourd'hui un acteur reconnu du monde économique. Le succès de l'initiative repose sur une conviction commune : l'importance d'un débat ouvert, attentif aux faits et à la rigueur des analyses. 
http://www.boursorama.com/actualites/energie-pierre-d-achoppement-de-l-accord-de-coalition-en-allemagne-4f1adef1f3b750ec67edaf72450d7296

21/11/17L’électricité deux fois plus chère en Allemagne qu’en France
Entre 2010 et 2015, suite aux investissements dans les énergies renouvelables, les Allemands (ménages et entreprises) ont payé un surcoût de l’ordre de 125 Mds d’euros pour leurs factures d’électricité.
Lors des dernières élections en Allemagne, l’AFD (Alternative pour l’Allemagne) a obtenu un surprenant score de 13 %. Parmi ses promesses figure aussi la fin des subventions pour les énergies vertes, en particulier l’éolien. Les sondages récents montrent que pas moins de 61 % des Allemands ne veulent pas dépenser plus pour l’énergie même si elle est renouvelable. Et pour cause.
Le prix de l’électricité a explosé de l’autre côté du Rhin. Selon la US Energy Information Administration et Selectra, le coût du KWH est plus de deux fois plus élevé pour un ménage allemand (0.30 euro) que pour un ménage français (0.14 euro) et presque trois fois plus élevé que pour un ménage américain (0.11 euro).
Entre 2010 et 2015, suite aux investissements dans les énergies renouvelables, les Allemands (ménages et entreprises) ont payé un surcoût de l’ordre de 125Mds d’euros pour leurs factures d’électricité. Et, le comble, malgré le virage écologique, Mme Merkel a reconnu ne pas pouvoir atteindre les objectifs de réduction du CO2 (- 30 % pour 2020). L’Allemagne commence à comprendre les limites de l’écologie…
La France en tête de classements internationaux, cela devient rare. Pourtant il est un domaine dans lequel nous sommes privilégiés, et c’est celui de la production énergétique. La France produit 5,37 tonnes de CO2 par habitant ; l’Allemagne que l’on dit si vertueuse en termes de transition énergétique, en produit 84% de plus. Seules la Suisse et la Suède, parmi les pays développés, font mieux que la France avec une production respectivement moindre de 13% et 12%.
Le point commun entre ces trois pays : une part de la production énergétique issue des centrales nucléaires importante. 33% de la production d’électricité proviennent de centrales nucléaires en Suisse, 42,2% en Suède, 72,3% en France en 2016. Ces trois pays profitent en outre de la force hydraulique à travers de nombreux barrages.
Émission de CO2 t/hab/an

SOURCE : GLOBAL CARBON ATLAS, OCDE – TRAITEMENT IREF

Alors même que l’on s’alarme sans arrêt du réchauffement climatique anthropique, Les Échos du 14 novembre allant même jusqu’à titrer : « La planète va droit dans le mur », pourquoi en veut-on autant à la filière nucléaire en France ? Aujourd’hui entre énergie émettrice de carbone et énergie renouvelable, il faut choisir. Les énergies dites renouvelables n’ont pas encore trouvé leur modèle technique ni financier et leur promotion relève donc de la politique de l’incantation, pour un rêve supporté par les contribuables et les habitants ruraux qui subissent ces grands moulins. 
FRANCE, ALLEMAGNE ET AUSTRALIE, RATTRAPÉS PAR LA RÉALITÉ
Face à l’échec de leurs stratégies tournées vers l’éolien, les dirigeants de ces deux pays souhaitent revenir à plus de raison. En Australie, le dernier plan (Clean Energy Target) a été abandonné.
En Allemagne, c’est la Cour fédérale des comptes qui a souligné les faiblesses et les incohérences de la stratégie suivie : la surcharge payée par les consommateurs aurait triplé depuis 2010, le prix moyen de l’électricité pour les entreprises aurait augmenté de 60%.
Le gouvernement allemand aurait « une visibilité insuffisante des conséquences financières de la transition énergétique ». Enfin, la France finalement repousse aussi ses objectifs antinucléaires, et pour cause, ils sont irréalistes, les plans sont bâtis sur des projetions absurdes qui considèrent que la consommation aura été divisée par 2 en 2050 grâce à une meilleure isolation.
https://www.contrepoints.org/2017/11/21/303647-lelectricite-deux-plus-chere-allemagne-quen-france


17/11/17Le brief éco. Avis de tempête dans la branche éolienne de Siemens
Le groupe allemand a annoncé jeudi la suppression de près de 7 000 emplois dans le monde, après une vague de 6 000 suppressions, envisagée il y a une dizaine de jours.
Le groupe allemand Siemens a déclaré envisager, jeudi 16 novembre, la suppression de près de 7 000 emplois dans le monde, après une vague précédente de 6 000 suppressions, annoncée il y a une dizaine de jours. Des départs étalés jusqu’en 2020 et qui cachent une profonde mutation de l’entreprise.
Le conglomérat allemand, qui n’exclut par des licenciements secs, affirme qu’il ne peut pas encore donner le coût de cette restructuration. On sait juste que la moitié environ des départs aurait lieu en Allemagne où l’annonce a créé un électrochoc, surtout dans l’ex-RDA, l’ancienne Allemagne de l’Est, fortement touchée par le chômage. D'autres pays seraient touchés, ainsi que les Etats-Unis.
Un plan mis sur le dos de la transition énergétique
Le dégraissage aura lieu dans les divisions "prestation de services" pour les secteurs de l’électricité, du pétrole et du gaz. Selon le groupe allemand, ces secteurs souffrent de la rapide croissance de la filière des énergies renouvelables. Les turbines à gaz que fabrique le groupe sont de plus en plus dépassées par le développement des énergies solaires et éoliennes. Malgré un bénéfice de quelque 6 milliards d’euros sur son dernier exercice, la demande a chuté de 40% pendant la même période.
Concrètement, la demande mondiale de turbines à gaz destinées aux centrales électriques devrait se stabiliser autour de 110 unités produites par an, alors que les capacités de production tournent autour de 400 unités annuelles. On produit quatre fois plus que ce qui est acheté par les grands énergéticiens dans le monde. Il faut donc réduire la voilure.
Pourquoi Siemens ne se tourne-t-il pas vers les énergies d’avenir ?
Migrer rapidement vers les métiers porteurs des renouvelables est plus facile à dire qu’à faire dans l’industrie lourde, et les syndicats, dont IG Metall, ont beau jeu de dénoncer le manque d’anticipation du groupe.
Siemens veut se transformer en spécialiste des logiciels industriels. Il va introduire en bourse son pôle santé et reloger ses actifs dans le rail et l’éolien dans des co-entreprises pour bien séparer les activités et être plus réactif face aux clients
Alstom en fond de décor
Cette semaine, Alstom est réapparu dans deux dossiers : à travers Siemens et General Electric (GE) à qui a été revendue la branche énergie d’Alstom. Or, GE a lui aussi annoncé en novembre un plan social massif, notamment aux Etats-Unis. Chez certains observateurs, cela suscite quelques interrogations même si, tant du côté de Siemens que de General Electric, on affirme que ce qu’il reste des intérêts français ne serait pas touché. Mais les promesses n’engagent généralement que ceux qui y croient. Bercy veille au grain et jeudi soir, le président de la République, Emmanuel Macron, s’est entretenu à Paris avec le patron de Siemens, Joe Kaeser, et celui d’Alstom. Une affaire à suivre...
http://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-brief-eco/le-brief-eco-avis-de-tempete-dans-la-branche-eolienne-de-siemens_2449170.html


16/11/17 : Siemens prépare ses employés à des milliers de suppressions de postes
Objectif rentabilité: l'industriel allemand Siemens, déjà largement bénéficiaire, doit détailler jeudi à ses employés un vaste plan de restructuration qui menace des milliers d'emplois dans le secteur énergétique, en pleine transition.
La branche énergie du conglomérat, qui produit aussi bien des turbines à gaz, des éoliennes que des locomotives, avait déjà été réduite lors d'un vaste plan de restructuration de Siemens en 2013.
Mais Joe Kaeser, à la tête d'un groupe qu'il a transformé à marche forcée depuis quatre ans pour redresser ses marges, a annoncé jeudi dernier de nouvelles "coupes douloureuses".
"Nous devons nous attaquer aux difficultés structurelles de certaines activités", avait-il glissé la semaine dernière sans précisions, préférant détailler l'année "record" de Siemens: un bénéfice net annuel de 6,2 milliards d'euros lors de son exercice décalé 2016-17, en hausse de 11% sur un an, et 83 milliards d'euros de chiffre d'affaires.
Après des semaines de rumeurs au sein du groupe munichois, Joe Kaeser tient ce jeudi un comité d'entreprise pour exposer à ses salariés les détails de son plan, assurant faire tout son possible pour "atténuer ce coup" avec, par exemple, des requalifications et réaffectations de salariés plutôt que des licenciements secs.
- La principale usine menacée -
Le géant allemand a déjà annoncé début novembre la suppression de 6.000 emplois au sein de sa coentreprise leader mondial de l'énergie éolienne, Siemens-Gamesa, en raison d'une baisse des ventes. Selon le journal Manager Magazin, Siemens envisage désormais la fermeture de 11 de ses 23 sites mondiaux de production électrique, qui emploient au total 30.000 personnes, dont 12.000 en Allemagne.
La direction du personnel de Siemens envisage une coupe "à quatre chiffres", principalement en Allemagne, selon le plus grand syndicat allemand de l'industrie, IG Metall.
Sur la liste des sites menacés se trouverait la principale usine du groupe, la célèbre "Dynamowerk" de Berlin, d'où est partie l'aventure Siemens au début XXe siècle, une immense bâtisse de briques rouges où travaillent aujourd'hui 11.000 salariés.
D'autres usines sont sur la sellette, principalement dans l'est du pays, une zone déjà sinistrée économiquement et un terreau électoral de choix pour l'extrême droite allemande.
La ministre allemande de l'Économie, la sociale-démocrate sur le départ Brigitte Zypries, a écrit au patron de Siemens pour le mettre en garde, relate le journal Bild.
"Cela peut nourrir le mécontentement et les doutes qui favorisent les développements politiques auxquels on a assisté aux dernières législatives", dit-elle en référence au score historique du parti d'extrême droite AfD (Alternative pour l'Allemagne), qui a fait son entrée au parlement allemand en octobre.
- 'Résistance créative' -
IG Metall a jugé plus généralement "irresponsable" de mettre à la porte des milliers d'employés alors que le groupe affiche des résultats positifs et s'était engagé au nom de la célèbre "Mitbestimmung" allemande - le principe de cogestion direction/salariés - à consulter les employés sur tout futur plan de licenciement.
"Siemens doit se préparer à un combat difficile", a averti le syndicat, qui annonce la tenue de manifestations d'ampleur devant les sites menacés et des "moyens de résistance créatifs", citant par exemple "le refus (d'effectuer) des heures supplémentaires".
Pour accompagner la transition énergétique allemande du nucléaire vers les énergies renouvelables, le groupe aux 351.000 salariés avait déjà sacrifié 15.000 postes en 2013, dont un tiers en Allemagne.
Siemens avait entrepris de recentrer ses activités, cédant l'électroménager et les réseaux télécoms, puis abandonnant le nucléaire et l'énergie solaire. Le groupe avait misé sur l'éolien, qui a connu des débuts confus.
"Siemens est quand même censé pouvoir supporter certaines difficultés temporaires en attendant des solutions plus durables", estime IG Metall.
Une capacité d'amortissement que n'a pas son principal concurrent en difficulté, l'Américain General Electric, qui a annoncé lundi un vaste plan de restructuration pour se recentrer sur trois activités (aéronautique, santé et énergie) et s'accompagnant de milliers de suppressions d'emplois à travers le monde.
http://www.boursorama.com/actualites/siemens-prepare-ses-employes-a-des-milliers-de-suppressions-de-postes-5078474e2d6b77203bbae4162d18bf28

13/11/17Etude : l'Allemagne, une menace pour le climat en Europe
Alors que le temps presse, pour la première fois une étude dresse le bilan des politiques climatiques pays par pays en Europe. Baptisée European Climate Leadership Report 2017 : Measuring the Metrics that Matter, l’étude analyse les stratégies de chaque pays européen pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Bilan : une transition énergétique efficace est possible, il faut simplement tourner son regard au bon endroit.
Le changement climatique n’est pas un concept abstrait, un horizon lointain. Ses conséquences, déjà perceptibles, vont s’accroître, commence Energy for Humanitydans son rapport : crises de l’eau, crises alimentaires, événements climatiques extrêmes, effondrement de la biodiversité, etc. Autant de conséquences dramatiques et prévisibles appellent à prendre des actions concrètes et rapides. Le GIEC estime à cet effet que les pays dans leur ensemble doivent réduire de moitié le niveau d’émission actuel pour parvenir à contenir le changement climatique.
Partant de ce constat, l’ONG a analysé les trajectoires empruntées par les différentes pays européens (UE-28 + AELE) et la Turquie afin de mettre en lumière les avancées réalisées, pays par pays, et les méthodes utilisées par chacun d’eux, et donc les politiques les plus efficaces.
L'Energiewende : un cas d'école à ne pas reproduire
L’étude analyse longuement la transition énergétique allemande. Au regard de la méthode et de ses conséquences, il apparait désormais qu’il s’agissait moins pour le pays, dont les centrales au charbon tournent à plein régime, de réduire ses émissions de gaz à effet de serre que de sortir du nucléaire. De fait, entre 2010 et 2015, la France a davantage réduit ses émissions nettes de gaz à effet de serre que l’Allemagne : 10 % de réduction contre 4 % pour l’Allemagne. Autre chiffre marquant : tandis que l’énergie est indispensable à l’économie, pour une même quantité de richesse produite, la France émet 30 % de CO2 de moins que l’Allemagne.
Ainsi, malgré 500 milliards d’euros déjà investis, l’Allemagne demeure le plus grand émetteur en Europe (UE-28 + AELE + Turquie) et un mauvais élève puisqu’elle ne décarbonise pas aussi vite que les autres grands émetteurs (14e sur 23 pays analysés). Au final, la part des énergies renouvelables reste inférieure à 30 % dans la production électrique allemande, et inférieure à 15 % dans l’énergie primaire du pays. Les émissions sur la période n’ont pourtant pas changé, les énergies renouvelables s’étant substituées au nucléaire, une autre source de production bas carbone.
Regarder au bon endroit
"Notre analyse montre que l'excellence climatique provient de pays comme le Royaume-Uni, la Suède, la Suisse et la France, où la politique énergétique a rendu possible la transition vers une économies bas-carbone. A contrario, la promotion de la croissance verte où les renouvelables constitue l'énergie du futur se traduit par une dépendance sur le long terme aux énergies fossiles.” Wolfgang Denk, co-auteur de l'étude.
Le Royaume-Uni une transition énergétique pragmatique qui fonctionne
Loin devant l’Allemagne dans l’action climatique, le Royaume-Uni occupe la première place du podium de l’étude. Pragmatique, le pays a accompli une réelle politique en faveur du climat, pourtant bien moins médiatisée que l’essai allemand, malgré des résultats sans appel : en cinq ans, le Royaume-Uni a réduit ses émissions de 20 %. Pour y parvenir, il est passé du charbon au gaz, a investi dans l’éolien et dans un renouvellement de son parc nucléaire.
Energy for Humanity montre que les leaders climatiques sont des pays qui combinent trois caractéristiques : une électricité bas carbone, une réduction rapide de leurs émissions, le tout avec un niveau de vie et un PIB demeuré élevé. Ces bons élèves, qui fonctionnent avec une combinaison de nucléaire et de renouvelables (dont une grande partie d’hydroélectricité), comprennent la Norvège (hydro-électricité), la France, la Suisse et la Suède (nucléaire et hydroélectricité). L’énergie nucléaire apparaît ainsi comme un moyen efficace pour décarboner rapidement une économie en croissance. Les exemples de la Suède (1976-1986) et de la France (1979-1989) étant les plus parlants.
En définitive, le rapport met en lumière qu’un pourcentage élevé de capacités renouvelables ne garantit pas une baisse des émissions de CO2. Un avertissement éclairant pour trouver le chemin le plus efficace et le moins coûteux pour décarboner aussi vite que possible les pays européens.
http://www.sfen.org/fr/rgn/etude-lallemagne-une-menace-pour-le-climat-en-europe#.WgxV4OPdgYI.facebook

13/11/17[L'industrie c'est fou] Une éolienne de 246,5 mètres de haut implantée en Allemagne
Une éolienne géante a été implantée en Allemagne. La société Max Bögl Wind a construit une éolienne haute de 246,5 mètres dans une ville d'Allemagne, comme l'a repéré Electrek.
La société allemande Max Bögl Wind AG a construit la plus grande éolienne, selon Electrek. En comptant de la base jusqu'au bout des pales, l'éolienne mesure 246,5 mètres. Le mastodonte a été implanté à Gaildorf pour un coût total de 70 millions d'euros, précise encore le site. Mais la société espère en tirer 6,5 millions d'euros par an. Les ingénieurs pensent qu'elle va produire environ 10,500 MWh/an alors qu'un ménage consomme environ 10 MWh/an.
Trois autres turbines ont été implantées à côté dont la plus petit fait 152 mètres de haut, précise PopularMechanics. Les quatre éoliennes doivent fournir assez d'électricité pour 1 000 foyers. Surtout, toutes disposent d'un réservoir à eau à leur base duquel de l'eau peut être relâché afin de faire tourner plus rapidement la turbine lorsque la demande en électricité est élevée.
https://www.usinenouvelle.com/article/l-industrie-c-est-fou-une-eolienne-de-246-5-metres-de-haut-implantee-en-allemagne.N612503

10/11/17Climat : l'Allemagne, mauvaise élève de l'Europe
L'ONG Energy for Humanity estime que la transition énergétique menée outre-Rhin a empiré la situation pour le climat. Mention spéciale pour le Royaume-Uni et le pragmatisme de sa politique énergétique.
La Grande-Bretagne tout en haut du podium et l'Allemagne au fond de la classe. Le classement que vient de publier l'ONG Energy for Humanity sur les performances des pays de l'Union européenne, élargie à plusieurs Etats non-membres (Suisse, Turquie, Norvège, notamment), ne laisse pas de surprendre. On savait que la transition énergétique à l'allemande - l'Energiewende - tarderait à donner les résultats attendus , mais pas au point d'avoir « empiré la situation du climat », comme l'en accuse ce rapport.
L'Allemagne confrontée à son échec en matière de lutte contre le CO2
Le pays hôte de la COP 23, qui émet à lui seul 18,3 % du total des émissions de gaz à effet de serre (GEG) des 33 pays étudiés, se voit reprocher de ne pas se décarboner aussi vite que les autres grands pays émetteurs que sont, notamment, la France et le Royaume-Uni. La raison ? La réduction de la production électrique d'origine nucléaire a enfermé le pays dans « la pire dépendance possible aux énergies fossiles, celle du charbon », estime l'ONG. Ses émissions ont diminué de 4,09 % entre 2010 et 2015, contre -4,82 % entre 2005 et 2010 lorsque son parc nucléaire était plus développé.
Vidéo : Trop dépendante du charbon, l'Allemagne peine à réduire ses émissions de gaz à effet de serre
La Suisse, pays modèle
« En exportant son électricité d'origine fossile, l'Allemagne augmente sensiblement l'intensité CO2 de la consommation électrique des pays voisins », observent par ailleurs les auteurs de cette étude . Parmi ces riverains figure l'Autriche, qui ne produit pas un kilowatt d'énergie nucléaire mais, en revanche, s'appuie beaucoup sur les centrales à charbon. Ses émissions rapportées à son produit intérieur brut étaient en 2010 plus de deux fois supérieures à celles de la Suisse qui, elle, affiche le meilleur ratio européen. Le territoire de la Confédération helvétique présente pourtant une topographie identique. Mais à la différence de l'Autriche, ce pays a fait le choix de recourir à l'atome après avoir tiré tout ce qu'il pouvait de son potentiel d'électricité d'origine hydraulique, expliquent les experts de Energy for Humanity.

« Les bons élèves du climat carburent aux renouvelables, hydroélectricité comprise, et au nucléaire », résume l'étude. Au tableau d'honneur figure ainsi la Norvège, riche de ses innombrables barrages. De même que la France, puissance nucléaire dont les émissions ont baissé de plus de 10 % entre 2010 et 2015 après avoir déjà reculé de plus de 7 % entre 2005 et 2010. On y trouve aussi la Suède, qui combine énergie renouvelable et énergie nucléaire.
Au Royaume-Uni, la taxe carbone a déjà fait progresser les entreprises
Mais le pays ayant accompli la plus grande réduction de ses émissions est le Royaume-Uni. De 643,9 millions de tonnes en 2010, celles-ci sont passées à 536,9 millions en 2015. L'ONG y voit l'effet d'une « politique climatique et énergétique ambitieuse, mais pragmatique ». A noter enfin que la croissance n'est pas forcément l'ennemie du combat climatique. La Pologne, la Slovaquie et la République tchèque sont également parvenues à réduire leurs niveaux d'émissions tout en développant leur économie.
https://www.lesechos.fr/amp/13/2129213.php


09/11/17Le charbon, face sombre de la transition énergétique allemande. Vrai ou Faux ?
Moins de nucléaire et moins de charbon ?
Après les dernières annonces de Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique, le directeur du WWF Pascal Canfin réfute les comparaisons avec la sortie du nucléaire en Allemagne
"J'ai été vraiment très surpris dans la bouche de Nicolas hulot d'entendre l'argument selon lequel on devrait opposer le charbon et le nucléaire. Je peux vous montrer les statistiques officielles allemandes, l'argument est souvent brandi selon lequel les Allemands sortent du nucléaire donc ils augmentent le charbon. C'est de la désinformation : la production de charbon diminue alors que le nucléaire diminue également."
L'Allemagne produit-elle moins d'électricité au charbon. Vrai ou Faux ?
Vrai. Depuis 1990, l'utilisation du charbon pour produire de l'énergie baisse assez régulièrement en Allemagne. Du moins jusqu'en 2011. Date de la décision d'Angela Merkel d'accélérer la sortie du nucléaire après Fukushima. A partir de cette date, la production liée au charbon a rebondi et augmenté pendant 3 ans. Mais depuis 2014, Pascal Canfin a raison : l'utilisation du charbon décline de nouveau et assez nettement en Allemagne : on est même revenu aujourd'hui au niveau d'avant 2011. L'Allemagne n'a donc jamais aussi peu utilisé de charbon pour son électricité qu'aujourd'hui. C’est donc un vrai pour Pascal Canfin.
Après la sortie du nucléaire, la sortie du charbon ?
C'est très discutable. D’abord, les énergies renouvelables (éolienne et solaire) ont plus que compensé la fermeture des réacteurs. D’autre part les émissions de gaz à effet de serre baissent régulièrement depuis 15 ans chez nos voisins outre Rhin. Environ 27% de moins depuis l’an 2000. Mais depuis 2 ans, elles augmentent à nouveau légèrement selon les dernières données de l'institut Eurostat. Selon le ministère de l'énergie allemand, le mauvais élève, c'est surtout le secteur des transports, l’autre raison c’est un climat plus froid. Si l'utilisation du charbon est en diminution, l'Allemagne l’utilise encore énormément car environ 40% de son électricité en dépend.

https://www.franceinter.fr/emissions/le-vrai-faux-de-l-europe/le-vrai-faux-de-l-europe-09-novembre-2017

09/11/17Allemagne : moins de nucléaire, plus de charbon ?
France 2 fait le détail de la production d'énergie en Allemagne quelques années après sa sortie du nucléaire.
D'un côté, l'Allemagne démantèle ses vieilles centrales nucléaires, de l'autre, elle construit des éoliennes. Sur le papier, la transition énergétique se déroule comme prévu, dans la pratique, c'est plus compliqué. En 2011, Angela Merkel a pris une décision historique : abandonner le nucléaire d'ici 2022. Mais la chancelière prévient toutefois que "personne ne peut affirmer qu'une telle transition énergétique sera facile".
Hausse de la part des énergies renouvelables
Dès 2011, 8 réacteurs sur 16 sont mis à l'arrêt. Mais comment l'Allemagne a-t-elle compensé leur disparition ? Elle s'est d'abord appuyée sur les centrales à charbon. Certaines mines à ciel ouvert tournent à plein régime. Dans le même temps, les Allemands vont aussi investir dans les énergies renouvelables. Bilan cinq ans après : la part de l'énergie nucléaire est passée de 17,6 % à 13,1 %, celle des énergies renouvelables a augmenté de 20,1 % à 29,5 %, mais la part du charbon est restée stable autour de 40 %.
http://www.francetvinfo.fr/monde/europe/allemagne/allemagne-moins-de-nucleaire-plus-de-charbon_2458348.html

07/11/17 : L’Allemagne peine à poursuivre sa transition énergétique
Hôte de la COP23, et souvent citée en modèle de transition énergétique, l’Allemagne risque pourtant de rater ses objectifs climatiques. La faute à sa dépendance au charbon et au manque d’ambition politique.
Berlin (Allemagne), correspondance
Pour la première fois, au mois d’octobre, pas moins de 44 % de l’électricité produite en Allemagne était d’origine renouvelable. En quelques années, grâce à sa politique volontariste d’Energiewende (« tournant énergétique »), l’Allemagne est devenue le premier parc éolien et le premier producteur d’énergie photovoltaïque d’Europe. Mais ce succès est en trompe-l’œil.
Car l’Allemagne risque de rater les objectifs climatiques ambitieux qu’elle s’est imposés, soit une réduction d’émissions de gaz à effet de serre (GES) de 40 % en 2020 par rapport au niveau de 1990. Les experts du ministère fédéral de l’Environnement tirent la sonnette d’alarme. Selon leurs calculs, si le gouvernement ne prend pas de nouvelles mesures, la baisse ne serait au mieux que de 32,5 %. « Un tel manquement serait un grave revers pour la politique climatique de l’Allemagne », s’inquiètent les auteurs de la note des experts.
Les causes sont multiples, liées à une « série d’erreurs d’appréciation du développement économique ». Autrement dit, la croissance de l’Allemagne aurait été mal anticipée : sa population augmente à nouveau, l’économie est en plein boom, entraînant une hausse de la consommation d’énergie bien au-delà des projections du gouvernement. Les ventes de voitures ne diminuent pas, consommant toujours plus d’essence et de carburant diesel.
Un manque d’ambition politique
Mais surtout, le gros point noir du bilan climatique allemand reste sa dépendance au charbon. Une centaine de centrales de houille et de lignite continuent de tourner à plein régime dans le pays. Elles fournissent 40 % de la consommation d’électricité des Allemands et exportent aussi très bien leur courant bon marché vers les pays voisins, dont la France. En cause, notamment, « l’inefficacité du marché européen des droits à polluer », selon Christoph Podewils, du think tank Agora Energiewende. Le prix à payer par tonne de dioxyde de carbone (CO2) émise étant trop bas, les exploitants sont incités à continuer à produire plutôt qu’à fermer leurs centrales.
En cause également un manque d’ambition politique. En 2015, le gouvernement avait bien décidé de déconnecter du réseau les huit centrales de lignite les plus polluantes du pays, pour faire diminuer la production de 45 GW (gigawatts) à 40 GW en 2020. Mais c’est largement insuffisant : la production d’électricité issue du charbon devrait être divisée par deux pour tenir les engagements climatiques. En 2016, l’Allemagne a rejeté l’équivalent de 906 millions de tonnes de CO2. D’ici à 2020, pour respecter le but fixé, cette valeur ne devrait pas dépasser 751 millions de tonnes.
Le renouvelable est entré dans une ère de turbulences
Comment le pionnier des énergies renouvelables a-t-il pu en arriver là ? Certains ressorts de la transition ont rouillé et l’Allemagne est en plein doute. Parti sur les chapeaux de roue, encouragé par une loi de programmation sécurisant les investissements dans le secteur, le renouvelable allemand est entré dans une zone de turbulences. Pour le principal producteur de photovoltaïque du pays, Solarworld, l’eldorado s’est transformé en cauchemar et l’entreprise a fait faillite au début de l’année. Autre signe de fébrilité, l’élan citoyen qui s’était formé autour des coopératives d’énergie a été freiné par une nouvelle méthode d’entrée sur le marché par appel d’offres, favorisant la concentration des plus gros acteurs.
« L’Energiewende ne tient pas ses promesses : le renouvelable devait sortir du marché les centrales à énergies fossiles et ainsi servir la protection du climat », explique le journal libéral Die Welt. Car si le renouvelable a bel et bien remplacé le nucléaire dans le mix énergétique allemand, il n’a pas permis de s’émanciper du charbon. Plutôt que les centrales de houille et de lignite, ce sont les centrales à gaz, pourtant jugées plus propres, mais moins rentables, qui ont été déconnectées du réseau.
Pour les sceptiques, les autorités allemandes auraient pêché par précipitation. « L’horizon s’est obscurci », juge l’organisme France stratégie, rattaché au Premier ministre français, qui dresse un bilan sévère dans une note du mois d’août 2017.
L’Energiewende serait trop coûteuse et mettrait en jeu la sécurité énergétique du pays en négligeant le développement de capacités de stockage. « L’Allemagne est menacée par les quantités considérables d’énergies renouvelables intermittentes qui fragilisent le système électrique, laissant planer des menaces de black-out », affirme l’auteur de la note, Étienne Beeker, ancien ingénieur EDF, qui ne manque pas l’occasion de souligner que le nucléaire, banni par les Allemands, a l’avantage d’être « stable et décarboné ».
Des arguments balayés par Vincent Boulanger, auteur du livre Transition énergétique : comment fait l’Allemagne ?, qui dénonce une vision « partiale » frisant « la malhonnêteté intellectuelle ». « Certes, l’Allemagne ne montre pas l’exemple en matière d’émissions de CO2, reconnaît-il, mais aujourd’hui, l’énergie renouvelable ne coûte pas plus cher à produire que l’énergie conventionnelle. L’Allemagne a créé des champions mondiaux des énergies renouvelables mais aussi des dynamiques territoriales qui font école à travers le monde. »
Un modèle à la croisée des chemins
Le modèle est donc à la croisée des chemins, et son avenir dépend désormais des négociations de coalition en cours à Berlin. Les conservateurs de la CDU d’Angela Merkel, les libéraux du FDP et les écologistes, appelés, s’ils arrivent à s’entendre, à former le prochain gouvernement, s’écharpent sur la question. Les Verts se veulent les garants de la décarbonation du pays, en demandant la fin des moteurs à combustion, la sortie du charbon et 100 % d’énergies renouvelables d’ici 2030. La CDU accepterait de maintenir les subventions au renouvelable, mais échelonnerait la fermeture des centrales à charbon d’ici à la fin du siècle, craignant des conséquences économiques. Quant au FDP, il sera sans doute le plus dur à convaincre. Le parti libéral veut au contraire supprimer les subventions aux énergies renouvelables pour « laisser faire le marché ». Pas question non plus d’une sortie des énergies fossiles.
Les trois partis se sont cependant engagés à respecter l’accord de Paris sur la réduction des émissions de dioxyde de carbone. Et alors que la COP23 s’est ouverte lundi 6 novembre à Bonn, dans l’ouest du pays, c’est leur crédibilité politique qui est en jeu. « Vis-à-vis de l’opinion internationale, l’Allemagne ne peut pas se permettre de rater son objectif climatique, explique Vincent Boulanger. Elle a trop communiqué sur sa politique énergétique pour cela. »
Pour Christoph Podewils, d’Agora Energiewende, un compromis qui permettrait à l’Allemagne d’être dans les clous de ses engagements est possible. « Il faudrait engager tout de suite des solutions rapides, sans forcément mettre hors service les centrales à charbon, mais en les mettant en réserve, hors du réseau d’électricité, explique-t-il. C’est réaliste car nous produisons bien plus de courant que nous n’en consommons. »
Cette proposition sera-t-elle choisie par les dirigeants politiques ? La chancelière, Angela Merkel, a promis pendant la campagne électorale qu’elle « trouverait les moyens d’atteindre les objectifs climatiques de 2020 ». Mais reste bien silencieuse depuis le début des négociations. Pas de quoi s’alarmer pour Vincent Boulanger : « Tout est possible, quand on voit la rapidité avec laquelle elle a décidé de sortir du nucléaire en 2011. » Les semaines à venir seront probablement décisives pour l’avenir de la transition énergétique allemande… et celui du climat.
https://reporterre.net/L-Allemagne-peine-a-poursuivre-sa-transition-energetique

07/11/17Les plus hautes éoliennes du monde installées en Allemagne
C'est en Allemagne, non loin de Stuttgart, qu'ont été construites les plus hautes éoliennes du monde. Culminant à près de 265 mètres, celles-ci sont installées au-dessus de réservoirs d'eau alimentant une centrale de pompage-turbinage qui prendra le relais lorsque les éoliennes ne seront pas en service.
Si l'Écosse peut s'enorgueillir de posséder le tout premier parc éolien flottant, c'est en Allemagne que l'on trouve les plus hautes éoliennes terrestres. Le constructeur Max Bögl Wind vient d'achever l'installation d'une ferme de quatre éoliennes située dans la ville de Gaildorf, près de Stuttgart. L'une de ces géantes possède une tour de 178 mètres de haut et elle culmine à 264,5 mètres si l'on prend en compte l'extrémité de ses pales. Le précédent record de 230 mètres était déjà détenu par une éolienne installée en Allemagne.
Chaque éolienne est équipée d'un générateur de 3,4 mégawatts (MW) qui se combine avec une centrale de pompage-turbinage pour former un système hybride inédit. Les fondations soutenant les éoliennes sont en fait des réservoirs d'eau qui augmentent la hauteur de quarante mètres. Plus la tour d'une éolienne est haute, moins elle est sujette aux turbulences et plus celle-ci augmente son rendement. Selon les estimations de Max Bögl Wind, chaque mètre supplémentaire permet à une éolienne d'augmenter le rendement énergétique annuel de 0,5 à 1 %. Ce type d'installation est particulièrement intéressant à l'intérieur des terres, là où le vent est faible.
La ferme éolienne alimentera le réseau à partir du printemps 2018
Les réservoirs, aussi appelés « batteries d'eau », ont une capacité de stockage de 70 mégawattheures (MWh). Ils sont reliés physiquement par une conduite en polyéthylène à la centrale de pompage-turbinage située 200 mètres plus loin. Cette technique consiste à pomper l'eau pour l'emmagasiner dans des bassins lorsque la demande d'énergie est faible et à la faire circuler ou « turbiner » pour produire de l'électricité lorsque la demande est forte. Il ne faut que 30 secondes pour passer du pompage au turbinage et vice versa.
Grâce à ce système d'énergie renouvelable hybride (voir le fonctionnement avec une animation sur le site Max Bögl Wind), le dispositif hydroélectrique servira de tampon pour réguler le réseau en garantissant une alimentation continue. L'installation de Gaildorf commencera à alimenter le réseau électrique allemand au printemps 2018. Selon les estimations, il permettra de produire plus de 10 gigawattheures (GWh) par an pour alimenter 2.500 foyers de quatre personnes.

http://www.futura-sciences.com/planete/actualites/energie-renouvelable-plus-hautes-eoliennes-monde-installees-allemagne-69126/

03/11/17 : 
COP 23 : l'Allemagne, terre d'énergie renouvelable et de charbon
Alors que Bonn accueille la COP23, voyons comment l'Allemagne mise sur les énergies renouvelables et continue de recourir massivement au charbon.
Ce mois-ci, Bonn accueille la 23ème Conférence de l’ONU sur le climat (COP23). Gros plan sur l’ambivalence de la politique énergétique de l’Allemagne. Ce pays se veut le champion des énergies renouvelables, mais a du mal à se passer du charbon et en particulier de la lignite, sa variante la plus polluante, dans son mix énergétique.
La 23ème Conférence de l’ONU sur le climat ou COP 23 se tient ce mois-ci à Bonn. À cette occasion, on peut s’attendre à ce que un village allemand en particulier attire l’attention : Feldheim qui compte un peu plus de 120 habitants dispose d’importantes installations d‘énergie renouvelable. Seul 1% de l‘électricité produite sur place sert pour la consommation locale, le reste alimente d’autres communes.
La responsable de la protection du climat pour la région nous fait visiter. “Le bâtiment gris, c’est la centrale de chauffage, c’est là que se trouve le réservoir d’eau chaude, nous montre Barbara Ral. Et là derrière les arbres, c’est l’unité de biogaz qui produit de la chaleur et de l‘énergie à partir des excréments des cochons et des vaches, on a ensuite les éoliennes, puis la centrale régionale de réglage qui était la plus grande d’Europe au moment de sa construction et qui est utile pour le stockage et la stabilisation du réseau et enfin, là-bas, ce sont les modules solaires,” énumère-t-elle.
La première éolienne a été installée dans le village en 1995. Aujourd’hui, on en compte 55 auxquels s’ajoutent 248 panneaux solaires et une unité de biogaz. Depuis la construction de son propre réseau électrique en 2010, Feldheim est autosuffisant en énergie. Les prix de l‘électricité y sont plus bas que dans le reste de la région. La commune est ainsi à la pointe de la révolution des énergies renouvelables en Allemagne.
“Il est clair qu’il y a des terrains perdus parce que des éoliennes y sont installées, fait remarquer Siegfried Kappert, un habitant. Mais dans toute bonne chose, il y a toujours un petit inconvénient : nous, on est fier de tout ce qui a été fait ici,” souligne-t-il.
Des discours et des faits
Depuis 2009, la production d‘énergie renouvelable a quasiment doublé en Allemagne. Et au premier semestre de cette année, elle a même couvert 35% de la consommation électrique nationale. C’est moins que dans d’autres pays, mais c’est beaucoup pour un grand pays industrialisé. Pour autant, ces bons chiffres cachent une autre réalité.
“Cela va probablement surprendre beaucoup de monde, mais en Allemagne, les émissions de CO2 n’ont pas diminué depuis 2009, précise Viviane Raddatz, spécialiste du changement climatique à WWF Allemagne. Peut-être qu’on fait bien les choses quand on s’engage à lutter contre le changement climatique au niveau international, mais quand on regarde ce qui est fait dans le pays, les choses sont un peu différentes : la situation n’a pas évolué depuis des années,” dénonce-t-elle.
L’ombre au tableau, c’est le charbon. La mine à ciel ouvert de Jänschwalde se situe à quelques heures de voiture à l’est de Feldheim, mais le contraste est frappant. Chaque année, quelque 11 millions de tonnes de lignite sont extraites du site avant d‘être brûlées dans une centrale électrique voisine. Environ 40% de la production électrique allemande est issue du charbon, la moitié provenant de sa version la plus polluante : le lignite.
Le charbon – aux yeux de ses partisans – garantit à l’Allemagne des ressources énergétiques stables. “Les énergies renouvelables sont là et quand tout fonctionne comme il faut, elles sont suffisantes, reconnaît Thoralf Schirmer, porte-parole de la société LEAG, prioritaire de la mine de Jänschwalde, avant d’ajouter : Mais le problème, c’est qu’on doit s’assurer de fournir de l‘électricité 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Ce n’est pas possible aujourd’hui avec les énergies renouvelables et c’est pour cela qu’on a besoin de la part qui est apportée par les producteurs d‘énergie conventionnelles, en particulier avec le lignite,” affirme-t-il.
La question de la stabilité de l’approvisionnement
Les défenseurs de l’environnement ne sont pas d’accord. Selon eux, le pays pourrait se passer du charbon puisqu’il exporte son électricité. Et tant qu’il ne le fait pas, il ne remplira pas ses objectifs de réduction d‘émissions de gaz à effet de serre.
“Pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris sur le climat, insiste Viviane Raddatz de WWF Allemagne, on doit prendre des décisions et entamer dès aujourd’hui, la sortie du charbon, on doit s’y mettre maintenant et pas dans vingt ans, on peut le faire, c’est faisable, c’est possible aujourd’hui.”
“On ne peut pas fixer de date limite pour abandonner le charbon, estime pour sa part Thoralf Schirmer, de la société LEAG. Cela dépend vraiment de la manière dont l’approvisionnement en énergie évolue, dit-il. On va poursuivre nos activités tant que ce pays aura besoin de produire de l‘électricité à partir du charbon pour garantir un approvisionnement stable,” indique-t-il.
“L’Allemagne est-elle le pays des merveilles des énergies renouvelables ou a-t-elle encore besoin de brûler du charbon pour fournir de l‘électricité à ses habitants et à ses industries ? C’est peut-être un peu les deux et il est probable que la situation ne change pas dans l’immédiat,” conclut notre reporter Jona Källgren.
http://fr.euronews.com/2017/11/03/cop-23-l-allemagne-terre-d-energie-renouvelable-et-de-charbon

02/11/17 : Ende des Booms - Warum der Ausbau der Windkraft stockt


Fin du boom - pourquoi l'expansion de l'énergie éolienne s'arrête
Die Windkraftgegner in Hessen sind im Aufwind. Die Industrie dagegen jammert. Immer mehr Projekte werden gekippt. Mex zeigt, was derzeit los ist in der Windkraftbranche.
Les adversaires de l'énergie éolienne en Hesse sont en hausse. L'industrie, d'un autre côté, se plaint. De plus en plus de projets sont en cours de basculement. Mex montre ce qui se passe actuellement dans l'industrie éolienne.
La fin des parcs éoliens allemands avec le coût d'arrêt aux subventions
L'énergie éolienne est l'élément le plus important de la transition énergétique verte de l'Allemagne. La fin des subventions pour les éoliennes pour les plus anciennes menace d'innombrables parcs éoliens. En 2023, plus d'un quart des parcs éoliens terrestres allemands auront disparu.
Plusieurs milliers d'éoliennes en Allemagne devraient être fermées au cours de la prochaine décennie car elles ne recevront plus de subventions. "Si les prix de l'électricité n'augmentent pas au cours de la prochaine décennie, seules quelques usines survivront sur le marché sans subventions", indique une analyse du cabinet de conseil basé à Berlin, Energy Brainpool. Cette évaluation est partagée par la plupart des professionnels. "En tout cas, d'ici 2020, la fermeture des installations existantes est plus ou moins prévisible", conclut un article de plusieurs économistes du Centre Helmholtz pour la recherche environnementale à Leipzig.
Le point d'achoppement est le prix de l'électricité de 2021, que personne ne connaît aujourd'hui. Les anciennes éoliennes qui fonctionnent depuis 20 ans ou plus perdront leurs subventions en vertu de la loi sur les énergies renouvelables (EEG), mais pas leur permis d'exploitation.Elles pourraient continuer à produire de l'électricité si elle étaient rentables. Comme toutes les anciennes technologies, après 20 ans d'usure, les éoliennes sont sujettes aux réparations et demandent plus d'entretien que les nouveaux produits. Les coûts d'exploitation sont également plus élevés. Le prix actuel de l'électricité d'environ trois cents le kilowatt-heure ne suffirait pas à faire fonctionner les parcs éoliens - avec peut-être quelques exceptions dans des endroits particulièrement bien situés.
En 2021 seulement , 5 700 éoliennes d'une capacité de 4 500 mégawatts seront fermées. Dans les années suivantes, de 2 000 à 3 000 mégawatts seront déclassés par an . L'Association allemande de l'énergie éolienne estime que d'ici 2023 environ 14 000 mégawatts de capacité installée auront disparu. Ce serait plus d'un quart de la capacité actuelle d'énergie éolienne terrestre qui serait éliminée.
Le plan d'expansion prévu pour l'énergie éolienne terrestre prévoit l'installation de 2 900 mégawatts d'énergie en 2020 et les années suivantes. Mais c'est du brut, pas du net. Les installations déclassées et démantelées ne sont pas prises en compte. À la lumière de la situation actuelle, il y aura plus plus de capacité éolienne qui sera déclassée que de nouvelle capacité ajoutée. L'énergie éolienne terrestre diminuerait et ne croîtrait pas.
Angela Merkel commence les discussions avec les Verts allemands sur le climat et elle est en position de faiblesse.
Oui, et c’est intéressant parce que le résultat de ces discussions va dessiner la coalition qui sera portée au pouvoir et parce que, aussi, l’Allemagne fait figure d’un pays qui fait des efforts considérables pur lutter contre le réchauffement climatique. En réalité, notre grand voisin est sorti -sort- du nucléaire (c’était la principale décision de Merkel) mais elle est loin d’être sortie du charbon, il y a encore des dizaines de centrales très polluantes. Du coup, les Verts veulent la fin du charbon et du lignite, qui représentent aujourd’hui 40% de la production électrique. Certes, la part des éoliennes et du solaire progresse, mais pour l’instant l’Allemagne rate ses objectifs climatiques. Les émissions de CO2 devaient diminuer de 40% entre 1990 et 2020, ce sera environ 32%. Et encore une petite astuce explique que la comparaison avec 1990 est trompeuse : à cette époque, il y avait encore beaucoup d’usines de l’ex-Allemagne de l’Est, qui polluaient énormément, mais qui ont été fermées très vite. Pour la période récente, une croissance plus élevée et des exportations d’électricité record expliquent pourquoi les émissions de CO2 n’ont -écoutez bien- plus baissé depuis 2011. Ce qui pose un problème quand même. Alors que faire ? ce sera au cœur des négociations qui démarrent aujourd’hui avec les Verts.
Où en est la comparaison avec la France ?
Mauvaise nouvelle : Les émissions de CO2 y ont aussi légèrement remonté l’année dernière, en raison de l’arrêt prolongé de plusieurs centrales nucléaires l’hiver dernier, compensé par des centrales au gaz. Donc, deux mauvais élèves, un partout, balle au centre ? Pas exactement. Parce qu’il faut regarder le niveau des émissions. Quand l’Allemagne émet l’équivalent de 902 millions de tonnes de CO2 en un an, la France se situe aux alentours de … 475 millions. Evidemment, c’est le rôle joué par le nucléaire qui explique cela. Un nucléaire contesté, contestable parce qu’il devient très cher par rapport à d’autres énergies et parce qu’il présente des risques, mais un nucléaire qui permet d’être un pays qui contribue pas loin de deux fois moins au réchauffement climatique que l’Allemagne.

https://www.franceinter.fr/emissions/l-edito-eco/l-edito-eco-26-octobre-2017

25/10/17 : L'Allemagne confrontée à son échec en matière de lutte contre le CO2 (vidéos en ligne)
L'énergie et le climat sont jeudi au menu des discussions entre la CDU-CSU, les Libéraux (FDP) et les Verts.Les Verts, qui pourraient gouverner avec Angela Merkel, réclament la sortie du charbon.
Les énergéticiens allemands ont le regard tourné vers Berlin, où se joue en partie leur avenir. Ce jeudi, Angela Merkel va aborder pour la première fois l'énergie et le climat lors de discussions exploratoires entre son camp, la CDU-CSU, les Libéraux (FDP) et les Verts . Pour les écologistes, l'enjeu est clair : pas de contrat de coalition sans sortie du charbon et du lignite, qui génèrent ensemble 40 % de la production électrique et 75 % de ses émissions de CO2.
« Sans une sortie du charbon, l'Allemagne ne pourra pas remplir ses engagements climatiques nationaux et internationaux », déclare aux « Echos » la députée écologiste Annalena Baerbock, qui participe aux négociations. « Il s'agit pour nous d'un sujet central. » Son parti veut fermer les 20 centrales à charbon allemandes les plus polluantes d'ici 2020, éventuellement par le biais de budgets de CO2 accordés d'ici là aux exploitants comme RWE ou Steag.

L'Allemagne se prépare à rater ses objectifs
Alors qu'Emmanuel Macron tente de peser sur les discussions en forçant l'idée d'un prix plancher de CO2, Angela Merkel joue sa réputation de « chancelière du climat » . Selon les estimations du ministère de l'Environnement, l'Allemagne se prépare à rater totalement ses propres objectifs de réduction d'émissions de CO2 de 40 % entre 1990 et 2020. Au lieu d'une baisse globale de 34,7 % prévue dans un rapport en mai dernier, celle-ci devrait être comprise entre 31,7 et 32,5 %.
A l'origine de cette dérive, une série d'hypothèses qui ont dû être révisées : une croissance économique meilleure que prévu (2 %), un solde exportateur net d'électricité plus élevé que prévu (54 térawattheures, le record d'Europe), des prix de l'énergie et des matières premières en baisse et l'augmentation de la population. Par ailleurs, la mise sous cocon de quelques centrales à charbon a été plus que compensée par la production en hausse d'autres centrales.
« La crédibilité de l'Allemagne sur la scène internationale est en danger », juge Michael Schäfer, directeur de l'énergie et du climat au WWF. Alors qu'Angela Merkel a fait de la lutte contre le CO2 une priorité du G20, l'administration américaine, qui refuse de ratifier l'accord de Paris sur le climat, la juge « hypocrite ». « Le fait est que leurs émissions (allemandes) ont augmenté, car ils utilisent plus de charbon », déclarait en avril le ministre de l'Energie américain, Rick Perry.
Compétitivité industrielle
"La décarbonisation est bien sûr un objectif, mais pas à n'importe quel prix"
Angela Merkel affirme vouloir redresser le tir. « Nous trouverons les moyens de remplir notre objectif de 40 % d'ici à 2020, a-t-elle assuré pendant la campagne. Je vous le promets. » Mais son camp s'inquiète. « La décarbonisation est bien sûr un objectif mais pas à n'importe quel prix, déclare Peter Tauber, secrétaire général de la CDU. Notre compétitivité industrielle doit être préservée. » C'est tout l'enjeu : comment se rapprocher des objectifs sans alourdir la facture d'électricité.
Inquiétude sur les prix
Les industriels tirent la sonnette d'alarme. « Les entreprises s'inquiètent de voir les prix de l'énergie constamment augmenter, déclare Dieter Kempf, président de la Fédération de l'industrie allemande. Une sortie immédiate du charbon renchérirait le prix de l'électricité jusqu'à 15 euros par mégawattheure. » Soutenus par le FDP, les industriels veulent au contraire une suppression des taxes, qui représentent outre-Rhin 45 % du prix de l'électricité.

https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/030783936083-lallemagne-confrontee-a-son-echec-en-matiere-de-lutte-contre-le-co2-2125204.php

25/10/17 : L’Energiewende, ou transition énergétique en Allemagne, un enjeu national d’une portée mondiale
Berlin – Quand on interroge les touristes foulant pour la première fois les pavés de Berlin sur ce qui les a le plus frappé au cours de leur passage par la capitale allemande, leurs réponses portent sur le nombre impressionnant de cyclistes que compte la métropole aux 3,5 millions d’habitants.
Il suffit, en effet, de se promener quelques centaines de mètres pour croiser un touriste hagard, bloquant le passage à un autochtone exaspéré ayant pour habitude de rouler librement sur les innombrables voies cyclistes que compte la ville.
Les vélos à Berlin sont le reflet d’une vielle tradition allemande, un pays où le concept de “durabilité” avait déjà été théorisé au début du 18ème siècle, et l’un des pionniers de l’action mondiale en faveur de la promotion de politiques climatiques et énergétiques à même d’assurer la réalisation des objectifs tracés par l’Accord de Paris sur les changements climatiques, tels que réaffirmés à Marrakech lors de la COP22.
“La sécurité énergétique et la durabilité sont des jumeaux, nés en 1713” grâce au travail de Hans Carl von Carlowitz, a fait savoir, au cours d’un rencontre avec les participants internationaux au programme “Post COP21: Les politiques climatiques pour 2050”, le fondateur de l’Institut écologique de Berlin, Andreas Kraemer.
Pour de nombreux observateurs, la transition énergétique en Allemagne a débuté avec la décision de la chancelière allemande Angela Merkel de sortir progressivement de l’énergie nucléaire à l’horizon 2022 et ce, notamment, après l’incident survenu en mars 2011 dans la centrale nucléaire de Fukushima, au Japon.
Or, comme le fait observer M. Kraemer, le projet sociétal a débuté des décennies avant la décision du gouvernement Merkel. Il s’agit, explique-t-il, d’un long processus profondément ancré dans l’histoire allemande qui a enclenché une forte poussée des énergies renouvelables et qui est désormais au cœur d’un passage vers une économie neutre en émissions de carbone.
Ce processus, poursuit-t-il, est largement connu en Allemagne par l’expression “Energiewende”, équivalent allemand de “transition énergétique”.
Si l’Allemagne n’est pas directement visée par les effets des changements climatiques, il n’en demeure pas moins que pour beaucoup d’Allemands, la promotion de bonnes politiques climatiques à l’étranger est dans leur propre intérêt, fait-il-remarquer.
“Cet état d’esprit s’explique à la fois par la dissipation de tout sentiment nationaliste en Allemagne après la 2ème Guerre mondiale, auquel s’est substitué celui d’appartenance européenne, d’une part, et une crainte liée à l’impact qu’auront les changements climatiques sur les questions migratoires, de l’autre”, estime le scientifique allemand.
Beaucoup d’obstacles entravent toujours la réalisation des objectifs du gouvernement allemand qui consistent à produire au moins 80% de l’énergie du pays via les énergies renouvelables à l’horizon 2050, contre 31,5% seulement en 2015.
Si la sortie du nucléaire est actée et irréversible, l’abandon de certaines énergie fossiles, notamment du charbon, est loin d’être évidente, affirme, de son côté, le chercheur de l’Institut écologique, Andreas Prahl, au cours d’une visite à une mine d’extraction de lignite à Cottbus, tout près de la frontière polonaise, dans le cadre de ce programme financé par le ministère fédéral allemand des Affaires étrangères.
En 2016, l’industrie du lignite employait toujours plus de 20.000 personnes en Allemagne, indique M. Prahl, faisant savoir que le gouvernement fédéral est en train de se pencher sur l’abandon de cette source d’énergie fossile à l’horizon 2035-2040.
L’Allemagne est souvent pointée du doigt pour sa réticence à abandonner rapidement le charbon, regrette le chercheur, précisant que pas moins de 40% de l’électricité du pays dépend de cette industrie.
L’enjeu est de taille, car si l’Allemagne hésite à abandonner le charbon, elle servira de mauvais exemple à d’autres pays qui militent farouchement pour l’exploitation de ce type de mines, à l’instar de la Pologne voisine où cette industrie génère plus de 80.000 emplois, d’après Urszula Stefanowisz, coordinatrice de projets et porte-parole de l’Alliance climatique polonaise.
Le gouvernement polonais compte profiter de la tenue de la COP24 à Katowice pour défendre l’idée d’une industrie du charbon “propre”, a-t-elle indiqué.
“Croire aujourd’hui encore, malgré toute l’évidence scientifique qui pointe dans le sens contraire, que le charbon est une énergie propre, ce n’est ni plus ni moins qu’une aberration”, lâche t-elle sans détour au micro de la MAP, dans le cadre de sa participation à ce programme.
A quelques encablures de Cottbus, c’est une autre facette de l’Energiewende qui est offerte aux visiteurs du charmant petit village de Drehnow dont les habitants ont accepté d’abriter un parc éolien en échange d’une part dans les profits qu’il génère.
Cette initiative a ainsi permis à la municipalité de Drehnow de financer plusieurs projets, notamment une caserne de pompiers et une garderie, le tout en réduisant l’empreinte écologique de la bourgade.
Autre exemple de cette dynamique allemande à tous les niveaux, la multinationale DHL, première entreprise logistique dans le monde, qui a lancé récemment un projet visant à équiper le parc automobile de la Deutsche Post de voitures électriques conçues par les ingénieurs de la firme.
Les participants à la COP23 qu’abritera l’ancienne capitale allemande, Bonn, à partir du 6 novembre prochain, pourront ainsi croiser une centaine de véhicules 100% électriques dotés d’une autonomie d’entre 80 et 100 km.
Ce changement de paradigme ne se fait pas sans rencontrer d’obstacles, comme l’explique Markus Döhn, de la section eMobility GoGreen Deutsche Post/DHL, car l’industrie automobile allemande est particulièrement réticente au passage vers l’électrique.
“Pour nous faire comprendre que nous n’étions plus les bienvenus chez eux, les constructeurs qui équipent notre parc automobile traditionnel ont usé de quelques stratagèmes”, raconte, un sourire au coin des lèvres, M. Döhn.
“Quand on envoie un véhicule au garagiste, il ne faut pas s’attendre à le récupérer avant plusieurs semaines, même si c’est pour un problème technique mineur”, poursuit-il, expliquant que l’entreprise a même dû investir dans ses propres garagistes.
Il ne fait aucun doute que l’assimilation du secteur du transport dans l’Energiewende sera crucial dans la quête du pays vers une économie faible en carbone. Or, il n’existe aucun consensus dans le pays sur la manière dont cela pourra se faire.
Les constructeurs automobiles allemands ont plaidé avec acharnement, et souvent avec succès, contre des limites plus strictes en émissions de carbone. L’impact de scandales comme le Dieselgate a été marginal sur l’industrie automobile, et il semble de plus en plus probable que le gouvernement n’atteindra pas l’objectif affiché de mettre un million de véhicules électriques sur les routes allemandes en 2020.
A l’instar de l’exploitation du charbon, l’enjeu est réel. Car, si l’Allemagne, qui compte les plus puissantes marques automobiles au monde, piétine dans son passage vers les voitures électriques, de nombreux pays en développement n’auront d’autre choix que de continuer à utiliser les véhicules de moteurs à combustion disponibles sur le marché.
Toutefois, l’optimisme est de rigueur au pays du Rhin, car l’Energiewende fait l’objet d’un fort consensus politique et d’une mobilisation de tous les acteurs publics et privés. Cela est d’autant plus important que d’autres pays développés remettent en question leurs engagements pris à Paris. L’Allemagne a, dans ce cadre, un rôle capital à jouer, celui de moteur vert dans la lutte contre les effets des changements climatiques.
http://www.mapexpress.ma/actualite/opinions-et-debats/lenergiewende-ou-transition-energetique-en-allemagne-un-enjeu-national-dune-portee-mondiale/

05/10/17L'Allemagne accroît ses capacités éoliennes terrestres
L'Allemagne poursuit sa transition énergétique à un rythme soutenu. Selon le cabinet de recherche Platts, 442 MW de capacités éoliennes terrestres ont été ajoutées en août, portant le total à 3,3 GW depuis le début de l'année. En tout, l'Allemagne dispose de 49 GW de capacités installées.
De son côté, le solaire photovoltaïque progresse plus lentement avec seulement 1,2 GW raccordés depuis janvier pour une capacité totale de 42,3 GW.
Le solaire encore en retrait
L'ensemble de ces équipements, turbines éoliennes et panneaux solaires, ont produit 104 TWh depuis le début de l'année, en hausse de 8% par rapport à la même période de l'année dernière.
Le gouvernement allemand vise un objectif de 2,5 GW de nouvelles installations en rythme annuel à la fois dans l'éolien et dans le solaire. Si l'éolien terrestre dépasse largement cet objectif, en revanche le solaire reste en retrait.
Selon Barclays, le rythme de raccordement des installations éoliennes terrestres en Allemagne devrait ralentir légèrement en 2018 avant de chuter à partir de 2019 dès lors que les projets encore éligibles aux subventions vont se tarir, laissant la place à un dispositif d'enchères.
http://www.boursorama.com/actualites/l-allemagne-accroit-ses-capacites-eoliennes-terrestres-cdb935f1eff02acc88eb094ac1cdc0a2

 04/10/17Energie renouvelable: Le modèle allemand vend la flexibilité
Un système électrique décentralisé, vers 100% d’énergie propre
Un marché qui mise sur l’éolien et le solaire photovoltaïque
La forte poussée des énergies renouvelables (principalement l’éolien et le solaire photovoltaïque) contraste avec le déclin du charbon et du nucléaire dans le mix électrique allemand. Les énergies renouvelables sont passées de 20% à 29,5% du mix électrique entre 2011 et 2016
Près de 10 millions de personnes travaillent dans les énergies renouvelables à travers le monde. Selon l’Agence de coopération allemande, la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ), le secteur atteindra 26 millions d’emplois à l’horizon 2050.
Cependant, il n’y a pas que des opportunités à une transition énergétique, il y a aussi des défis notamment la flexibilité en réponse à la variabilité des énergies renouvelables. Contrairement à l’Allemagne, le marché marocain de l’énergie n’est pas ouvert. Il n’est même pas un marché régulé. A ce niveau, l’ouverture du marché de la moyenne et de la basse tension est aussi un axe d’incitation au développement des énergies renouvelables, avec la possibilité pour l’ONEE de racheter les excédents de production.
En la matière, l’Allemagne est un pionnier. Dans les années 2008-2009, le made in Germany installait la moitié des installations solaires mondiales. Aujourd’hui, la situation est différente. Les marchés les plus dynamiques sont ceux des pays émergents comme la Chine. L’Allemagne n’installe que 3 à 4% de l’ensemble des installations photovoltaïques au niveau mondial, mais a développé de l’expertise et a permis la baisse des coûts significatifs. «Si les coûts sont aussi bas aujourd’hui, c’est parce qu’il y a 15 ans, les consommateurs allemands étaient prêts à porter les coûts de développement technologique», soutient Dimitri Pescia, associé principal à Agora Energiewende, l’un des think-tank les plus influents dans le secteur de l’énergie en Europe.
Le pays mise essentiellement sur le solaire photovoltaïque en mer et terrestre. L’objectif est d’arriver à 50% d’énergie renouvelable dans le mix électrique en 2030 et une baisse de la production de charbon de 68% pour atteindre les objectifs climatiques. Dans sa stratégie, 90 giga Watt du système électrique allemand installé provient essentiellement de l’éolien en mer et terrestre et du solaire photovoltaïque, pour un système d’une capacité de 80-85 giga Watt. Le système qui émerge actuellement en Allemagne se base complètement sur la variabilité des énergies renouvelables. Ce qui a des répercussions importantes sur l’organisation du marché.
Il y a une quinzaine d’années, le marché était centralisé, avec de grandes installations qui injectaient l’électricité au niveau des réseaux de haute tension, qui ensuite desservaient les consommateurs basse tension. Avec la transition énergétique, on y compte à peu près 25.000 éoliennes, 1,5 million d’installations photovoltaïques, qui alimentent les réseaux de distribution. Cette métamorphose a facilité le développement de projets renouvelables et la décentralisation de la production. Les citoyens sont au cœur de cette transition: plus de 900 coopératives, et de nombreux agriculteurs, constituent les premiers installateurs de parcs éoliens ou photovoltaïques, devant les grands énergéticiens.
Environ 40% des installations sont la propriété de citoyens, qui ont investi dans des installations de petite taille. Jusqu’en 2012-2014, l’essentiel des investissements dans les énergies renouvelables était porté par les citoyens. Cela est possible grâce à une volonté politique. Au Maroc, des progrès sont en cours pour relever les contraintes au développement des énergies renouvelables, notamment avec des solutions pour le renforcement des réseaux par l’ONEE, l’utilisation d’autres technologies comme les STEP, l’introduction du gaz…
Depuis 2 ans, le Maroc et l’Allemagne collaborent dans la modélisation de scénarios électriques. Cette assistance technique, apportée par l’Agence de coopération allemande (GIZ), a pour objectif d’accompagner les autorités et autres acteurs-clés sur les choix de trajectoires possibles pour le Maroc. «Le Maroc est leader en Afrique en matière d’énergies renouvelables. Pareil pour l’Allemagne en Europe. Nous avons beaucoup à gagner à échanger et coopérer sur les questions énergétiques», souligne Stéphane Bourgeois, co-chair du secrétariat du Partenariat énergétique maroco-allemand (Parema).
Modèles économiquesDifférentes options de flexibilité sont en concurrence en Allemagne: échange d’électricité avec les voisins via les infrastructures de réseau, échange inter-territoire, utilisation flexible des centrales thermiques, gestion des demandes (déplacement de la demande au moment où les prix sont au plus bas), le stockage… L’essentiel de la flexibilité est porté par l’échange entre voisins et les centrales. Il est courant qu’en plein milieu de semaine, on baisse la production d’électricité d’origine nucléaire et charbon et injecte dans le réseau de l’électricité d’origine renouvelable. En août 2015, l’Allemagne a réalisé un record, avec près de 83% de la consommation couverte par la production renouvelable, pendant plusieurs heures.
http://www.leconomiste.com/article/1018279-energie-renouvelable-le-modele-allemand-vend-la-flexibilite

28/09/17Windradflügel durchbohrt Sattelzug an der A1


Auf einem Rastplatz ist es zu einem schweren Unfall gekommen. Ein Lkw-Fahrer übersah einen geparkten Schwertransporter.
https://www.abendblatt.de/region/niedersachsen/article212073967/Windradfluegel-durchbohrt-Sattelzug-an-der-A1.html

27/09/17Pot-au-noir, dark-doldrum … dunkeflaute électrique en Allemagne !

Dans le petit village de Taïohae au fond de la majestueuse rade en eaux profondes de Nuku Hiva (illustration Wikipedia, à droite le seul petit hôtel du village), je me souviens avoir rencontré un chirurgien opthalmologiste de Boston qui naviguait une année sur trois pour payer moins d’impôts. Il me fit un récit sinistre de la traversée du « pot-au-noir », c’est-à-dire de cette zone correspondant à l’Equateur météorologique où il n’y a pas de vent, seulement des gros nuages d’orage. Nuku Hiva (Iles Marquises) se trouve à la limite sud de ce pot-au-noir tant redouté des navigateurs qui changent d’hémisphère comme cet Américain qui avait traversé le canal de Panama et avait ensuite fait escale à Puerto Vallarta pour faire le plein d’eau et de nourriture avant de se lancer dans la traversé de la moitié de l’immense Océan Pacifique pour atteindre les Marquises. La première « terre » à l’ouest est justement Nuku Hiva après plus de 4500 miles de navigation. En anglais pot-au-noir se traduit approximativement par dark-doldrum et en allemand dunkeflaute. Il existe peut-être des mots propres aux navigateurs mais le mot allemand « dunkeflaute » signifie marasme barométrique en termes météorologiques.
Et l’ensemble de l’économie allemande redoute un dunkeflaute durable l’hiver prochain bien que ce pays ne se trouve en aucun cas près de l’Equateur. Et pourquoi ? Parce que l’Allemagne est le champion du monde de l’énergie éolienne installée par tête d’habitant. Et dans une situation de marasme barométrique comme par exemple un anticyclone persistant sur l’Europe centrale le ciel est couvert et plombé et il n’y a pas un souffle d’air. De plus les températures peuvent devenir très rudement basses. Toutes ces conditions ont été presque réunies à deux reprises durant l’hiver 2016-2017 et l’Allemagne a frôlé le back-out électrique. Seules les sources d’électricité conventionnelles telles que le nucléaire, le charbon et le gaz ont pu éviter in extremis cet incident qui se serait propagé à toute l’Europe car tous les pays sont inter-connectés. D’ailleurs la solidarité trans-nationale a joué également son rôle car aucun pays n’a intérêt pour son économie à se trouver plongé dans le noir absolu.
Un black-out ne se « répare » pas en quelques heures. Le réseau électrique étant devenu défaillant toutes les usines de production sont automatiquement déconnectées, en particulier les centrales nucléaires dont la puissance est automatiquement amoindrie avec la chute de toutes les barres de contrôle du flux neutronique, et il faut plusieurs heures voire plusieurs jours pour rétablir ce réseau étape par étape, un processus, certes, très automatisé, mais qui requiert une intervention humaine délicate dans tous les centres de dispatching importants.
Malgré le foisonnement des moulins à vent et des panneaux solaires en Allemagne mais également dans d’autres pays d’Europe, la nouvelle marotte des écologistes qui prétendent qu’il y a toujours un peu de vent quelque part, il n’existe aucun moyen fiable de lisser, pour employer un terme de professionnel, les énergies renouvelables dans l’état actuel des technologies, ni en Allemagne ni dans aucun autre pays européen y compris le Danemark, champion dans le genre moulins à vent, qui doit faire face à une obligation quasi quotidienne de vendre à perte l’électricité d’origine éolienne et d’en acheter au prix fort quand le vent « tombe » comme chaque soir précisément aux heures de pointe de consommation, c’est tout de même de la malchance … Du coup, le prix du kWh est devenu délirant tant au Danemark qu’en Allemagne. Avec l’obligation de Madame Merkel de probablement gouverner avec les Verts dans le cadre d’une prochaine coalition gouvernementale, la situation risque de s’aggraver car il n’y a aucune possibilité d’amélioration du problème du lissage. En effet, comme en France et en Suisse il n’existe pratiquement plus de sites susceptibles d’être aménagés pour créer des retenues d’eau, seule approche de stockage fiable et économique de l’électricité par pompage puis turbinage. D’ailleurs inutile de l’envisager les Verts s’opposeraient catégoriquement à tout nouveau projet de barrage hydroélectrique.
L’agence fédérale de réseau allemande, compte tenu de l’imminence d’un incident durant l’hiver dernier, a donc mis en place des contrats avec les pays voisins dont la France à hauteur de 10,4 GW alors que la capacité nominale d’énergies renouvelables installées en Allemagne est de 90 GW ! Est-ce que cette « réserve » suffira, nul ne le sait. Selon une étude de VGB PowerTech (lien en fin de billet) il faudrait que l’Allemagne dispose d’une capacité de stockage de 21 TWh pour assurer son approvisionnement en cas de conditions anticycloniques persistant plus de 10 jours. Or l’Allemagne ne dispose que d’une capacité de stockage (pompage-turbinage) de 0,05 TWh (vous avez bien lu) et la plus grande retenue située en Thuringe d’une puissance de 1060 MW ne peut fournir en cas d’urgence de l’électricité que pendant 8 heures. Pour être totalement à l’abri d’un black-out il faudrait que l’Allemagne dispose de 2300 stations de pompage-turbinage avec retenues d’eau associées équivalentes à celle de Thuringe, cela relève de la plus pure utopie !
Autant dire qu’il est facile de comprendre devant une telle situation que l’abandon de l’énergie nucléaire exigée par les écologistes et la multiplication des moulins à vent ne feront qu’aggraver la situation mais aussi et surtout cette situation révèle au grand jour l’ineptie totale des énergies renouvelables qui ne sont pas économiquement viables.
Les estimations de Greenpeace pour pallier à ce problème de risque bien réel de black-out sont tout aussi délirantes. Il faudrait, selon cette organisation, disposer de 67 GW de centrales électriques à gaz et de 42 GW d’électrolyseurs pour stocker l’électricité sous forme d’hydrogène, une vraie usine à gaz monstrueuse totalement irréalisable de 114 GW pour lisser les heures de pointe sans vent ni soleil, ces besoins de lissage atteignant 84 GW. L’Allemagne n’est pas sortie de ses difficultés électriques et elle ne feront que s’aggraver dans le futur avec l’abandon total du nucléaire (ce que les Suisses ont aussi décidé, comme quoi la bêtise ne connait pas de frontières) et un refroidissement général du climat, synonyme de conditions anticycloniques hivernales durables comme par exemple en février 1956 : trois semaines sans vent et sans soleil et une température avoisinant les moins 25 degrés de nuit comme de jour, qui s’en souvient ? Il est illusoire d’imaginer un instant que l’exemple de l’Allemagne soit pris en compte par le frétillant ministre français de l’énergie solidaire et éolienne, énergie qui parfois n’est plus du tout renouvelable et se moque de la solidarité …
Source et illustration : sfen.org
https://www.vgb.org/studie_windenergie_deutschland_europa_teil1.html
https://jacqueshenry.wordpress.com/2017/09/27/pot-au-noir-dark-doldrum-dunkeflaute-electrique-en-allemagne/

25/09/17 : L'échec de la sortie du nucléaire en Allemagne est une chance pour la France

La fausse "écologie anthracite" d'Angela Merkel a conforté le rôle du charbon et du gaz. Le charbon très polluant pose un grave problème de santé publique.
L'organisme France Stratégie a publié une analyse sur l'échec factuel du plan de transition énergétique décidé unilatéralement en 2011 par Angela Merkel. Cette étude reprend les conclusions rendues en 2014 et 2017 par la Cour des Comptes allemande constatant que le coût astronomique du plan n'a d'égal que son impasse écologique.
En vérité, loin de chercher une solution désintéressée au changement climatique et au péril sanitaire, Angela Merkel ne visait qu'à défendre l'industrie de son pays au détriment de ses propres ménages et de ses "partenaires" européens.
Depuis vingt ans, la classe moyenne allemande paie la compétitivité de son industrie exportatrice par la stagnation des salaires et la hausse des inégalités. Le plan de transition énergétique utilise le même principe en facturant aux seuls ménages les 500 milliards d'euros déjà engagés, augmentant la facture de 300 euros par an; une inflation qui se poursuivra jusqu'à atteindre un coût global de 1000 milliards d'euros.
Or, en six ans, les émissions de gaz à effet de serre allemandes ont stagné et leur baisse relative par rapport à 1990 est deux fois plus lente que dans le reste de l'Europe, malgré la fermeture des industries polluantes de l'ancienne RDA! Les prévisions du plan Merkel ont été fondées sur des hypothèses technologiques, économiques et sociétales malhonnêtes. A la lumière des faits, l'augmentation de la production électrique intermittente (éolienne et photovoltaïque) à la place du nucléaire n'a fait que conforter le rôle du charbon et du gaz, seules énergies capables de compenser les aléas du vent et du soleil faute de moyen de stockage viable! Quant aux gains d'efficacité énergétique, ils se sont avérés eux aussi largement surestimés par rapports aux comportements réels de la population et de l'industrie.
L'Allemagne a agi une fois encore en passager clandestin de la construction européenne, utilisant à son seul profit la solidarité et la bêtise de ses partenaires. L'apport assuré de l'électricité française et autrichienne a permis aux réseaux électriques allemands de pallier les effets techniques de l'énergie "fatale" de ses éoliennes et de ses panneaux solaires incapables de suivre les besoins réels de la consommation. En bref, l'Allemagne inonde d'électricité les marchés quand personne n'en a besoin et pompe ses voisins quand le climat est capricieux!
Au-delà du réchauffement climatique, l'utilisation massive de lignite, ce charbon très polluant, pose un grave problème de santé publique. D'après la WWF, les centrales allemandes sont la source principale des 1380 morts prématurées causées par le charbon en France. Aucun Allemand, ni aucun Français d'ailleurs, n'est jamais décédé à cause du nucléaire hexagonal. Notre pays propose depuis longtemps d'imposer un prix du carbone plancher qui ferait payer aux pollueurs les conséquences de leurs choix égoïstes et morbides -500.000 décès prématurés chaque année en Europe. Naturellement, Angela Merkel, papesse de cette fausse "écologie anthracite", a refusé de payer pour les maladies et les morts que son modèle économique provoque et les gouvernements français se sont soumis.
La sortie du nucléaire de l'Allemagne n'avait et n'aura aucun autre but que de favoriser l'industrie allemande, qui avait perdu tout leadership technologique dans ce domaine. L'ex-PDG de Siemens, Peter Löscher, dont l'entreprise a été condamnée par un tribunal arbitral pour avoir saboté le partenariat avec Areva sur l'EPR, a reconnu dès septembre 2011 que l'abandon du nucléaire était une opportunité tant les Allemands étaient plus performants dans le charbon et le gaz.
L'échec du plan allemand doit être l'occasion de remettre au cœur du débat les performances écologiques et économiques de long terme du modèle énergétique de la France, dont les acquis –électricité la moins chère et la plus propre des grands pays développés- doivent être modernisés d'urgence pour rattraper vingt années d'hypnose gauchisante.
Tout d'abord, puisque notre électricité ne produit pas de CO2, il faut rompre avec le subventionnement idéologique de l'éolien et des panneaux solaires chinois! Les ménages français ont vu leur facture s'alourdir de 150 euros par an du fait de la CSPE, une taxe qui finance essentiellement ces nouvelles énergies subventionnées! Le coût annuel de la CSPE atteint déjà 7 milliards d'euros en 2017 et passera à plus de 10 milliards d'euros en 2022, soit une hausse finale de la facture des ménages français de 50%... pour produire moins de 10% de la consommation électrique!
Ce changement de politique doit s'accompagner de la fin de la feuille de route énergétique dictée depuis Bruxelles par Berlin au profit de véritables projets technologiques européens à la carte. La France doit aussi refuser la spoliation de ses barrages amortis avec l'argent du contribuable que la Commission veut privatiser de force ainsi que renégocier ses tarifs de fourniture d'électricité à ses voisins et en particulier l'Allemagne qui n'a pas à jouir de la rente nucléaire financée par les contribuables français.
La France doit ensuite réinvestir ces nouvelles ressources dans les énergies du futur –hydrolienne, solaire de nouvelle génération, stockage de l'énergie...- et la transformation de la filière nucléaire, minée par de graves erreurs de gestion. A ce titre, la prédation étrangère récente contre les filières françaises -Alstom, Technip...- est inacceptable.
Enfin, l'échec allemand doit permettre à la France de repenser les plans d'économies et d'efficacité énergétiques. La modernisation des logements français ne peut se faire que par une véritable formation et reconnaissance des artisans afin de privilégier la qualité à la quantité.
Nous devons aussi accélérer l'électrification systémique du parc automobile et le développement massif du ferroutage, afin de reprendre l'initiative technologique dans un domaine où la France excellait. Au-delà de l'enjeu de santé publique, il s'agit d'éliminer la facture pétro-gazière de 40 à 60 milliards par an que paient les consommateurs français.
L'Allemagne, qui a réussi tant de paris technologiques, a raté sa transition énergétique. La France doit saisir cette opportunité pour développer une partie des solutions du XXIème siècle que notre pays est capable de proposer à son peuple et au reste du monde.
http://www.huffingtonpost.fr/nicolas-dupont-aignan/l-echec-de-la-sortie-du-nucleaire-en-allemagne-est-une-chance-pour-la-france_a_23221882/

20/09/17 : Le poids culturel du charbon en ex-RDA

Pour alimenter une économie qui se porte bien, l’Allemagne a dû recourir de nouveau davantage au charbon. A la centrale thermique de Jänschwalde, près de Cottbus, on refuse de croire que la fin du lignite approche. Car le charbon reste actuellement nécessaire pour combler les «trous» d’approvisionnement en électricité.
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Les neuf tours de refroidissement, qui crachent des fumées jour et nuit, trônent au milieu de champs et de forêts éparses. Difficile, pour la centrale à charbon de Jänschwalde, à quelques kilomètres de la ville de Cottbus, en ex-RDA, de passer inaperçue. Exploitée par la société LEAG, elle s’étend sur 300 hectares et produit 3000 mégawatts, l’équivalent de trois centrales nucléaires. De quoi fournir en électricité six villes de la taille de Dresde. Quatre-vingts trains y apportent chaque jour 80 000 tonnes de lignite, ce charbon brun dont l’odeur était caractéristique de l’ex-Allemagne de l’Est.
Immenses mines de lignite à ciel ouvert
A quelques kilomètres de là, d’immenses mines de lignite à ciel ouvert sont exploitées par des machines géantes de 100 mètres de hauteur, capables de creuser 240 000 m³ de terre par jour. Le malheur de Jänschwalde, c’est l’impopularité du charbon dans l’ère des énergies renouvelables. Sa chance, c’est la situation actuelle de l’Allemagne. Au cœur de la centrale, Gerd Stecklina, chef d’équipe, brandit un tableau qui montre le mix énergétique dans la production d’électricité en janvier 2017.
Il pointe du doigt le 24 janvier. Un jour sans vent, sans soleil. Même si le pays compte des installations solaires et éoliennes dont la puissance installée se chiffre au moins à 84 gigawatts, les énergies renouvelables ont été incapables de faire face à la demande de 70 gigawatts. La puissance produite à 7 heures du matin par l’éolien était de 0,8 gigawatt. Celle du solaire était nulle… «Nous avons même dû importer du courant d’Autriche», se souvient Gerd Stecklina.
Besoin de stabilité
Porte-parole de LEAG, Kathi Gerstner est jeune et dynamique. Elle n’avait que 9 ans lors de la chute du mur de Berlin dont elle garde un vague souvenir. Pour elle, travailler à la centrale de Jänschwalde, c’est la chance d’avoir un emploi sûr et bien payé dans l’environnement économique plutôt déprimé de cette partie de l’ex-RDA. Vivant dans une maison le long de la Spree, elle incarne la nouvelle classe moyenne de la partie orientale. Elle le rappelle: «Il y avait plus de 100 000 personnes qui travaillaient dans l’industrie du charbon en RDA. Nous ne sommes plus que 8000, mais nos activités ont engendré 16 000 emplois indirects.»
Cette Allemande, qui a travaillé dans la partie occidentale du pays avant de préférer vivre à l’est, dans un cadre où elle se sent humainement plus intégrée, défend l’industrie du charbon: «Nos clients nous le disent: ils veulent une sécurité de l’approvisionnement. Avec nos mines de lignite à ciel ouvert de Jänschwalde, Schwarze Pumpe et Boxberg, nous sommes à même de garantir une stabilité de la production d’électricité.» Ce besoin de stabilité est encore accentué par la sortie progressive du nucléaire que l’Allemagne a décidée peu après l’accident de Fukushima. Depuis 2011, huit centrales atomiques ont été fermées et en 2022 il ne devrait plus y en avoir une seule en activité.
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Nous ne pouvons pas simplement fermer les centrales à charbon du jour au lendemain
Dans la salle de contrôle de la centrale, des opérateurs adaptent la production d’électricité à la demande et en fonction du temps et du vent. A partir du milieu de l’après-midi, on entend les moulins concassant le charbon tourner à plus grand régime. En s’approchant de la soirée, les besoins augmentent. A la cafétéria de la centrale, qui évoque des atmosphères de l’époque de la RDA, l’équipe de Jänschwalde n’élude pas la question environnementale, sachant que le charbon est un puissant générateur de gaz à effet de serre.
«Notre centrale a été achevée peu avant 1989. Elle a été équipée de matériels performants, relève Martina Weiß, du service de communication. Dans les années 1990, les installations ont été modernisées.» Filtres, processus de désulfuration, l’exploitant estime être conforme aux exigences posées par la loi sur l’environnement.
Les efforts de renaturation
Au sommet des tours de refroidissement, au-dessus des «chaudières», la chaleur est suffocante. Mais, ajoute Martina Weiß, elle est récupérée pour chauffer à distance toute la ville de Cottbus. De la centrale de Jänschwalde, les routes en partie barrées au trafic mènent aux mines à ciel ouvert. Les panneaux indicateurs sont en deux langues, allemand et sorabe, une langue slave propre à cette région de Lusace (Lausitz).
Devant une immense mine à ciel ouvert désaffectée, l’ingénieure responsable des mines Birgit Schroeckh évoque un projet gigantesque: à partir de 2018 va naître sur ce site le plus grand lac artificiel d’Allemagne: le Cottbuser Ostsee. 280 millions de mètres cubes d’eau vont inonder l’ancienne mine. La démarche s’inscrit dans les efforts de renaturation entrepris par LEAG.
Ces centrales sont nécessaires pour couvrir les besoins de l’industrie, notamment au sud de l’Allemagne et pour maintenir le tissu social en ex-RDA
Dans les Länder d’ex-RDA où le charbon reste central, les revendications des Verts irritent. «Nous ne pouvons pas simplement fermer les centrales à charbon du jour au lendemain», insiste Kathi Gerstner qui relève que Jänschwalde va renoncer, sous la contrainte de Berlin, à un tiers de sa production d'ici à 2023. «Ces centrales sont nécessaires pour couvrir les besoins de l’industrie, notamment au sud de l’Allemagne et pour maintenir le tissu social en ex-RDA. Il n’y a pas une seule famille qui n’a pas quelqu’un travaillant de près ou de loin avec l’industrie du charbon.»
Le fossé n’est pas politique, il est régional. Dans les Länder d’ex-RDA du Brandebourg et de Saxe, le SPD, la CDU et même Die Linke (gauche de la gauche) soutiennent encore l’industrie du charbon. «Ils se rendent compte que pour l’heure, nous n’avons pas de plan B», précise Kathi Gerstner, relevant que l’Allemagne ne produit que 2,3% des émissions mondiales de CO2.
Lire aussi: Angela Merkel, le secret d’une longévité exceptionnelle
Nous n’allons pas fermer les centrales à charbon demain, mais dans les vingt ans à venir, c’est certain
Pas étonnant dès lors que le président de la société d’experts Agora Energiewende, Patrick Graichen, tire un bilan contrasté du tournant énergétique allemand. Pour ce qui est de la sortie du nucléaire et des énergies renouvelables, le bilan est, selon lui, positif. Quant aux émissions de CO2, il est en revanche mauvais. «Le charbon est un facteur explicatif, mais les mesures modestes prises en matière d’efficience énergétique des bâtiments et du trafic y sont aussi pour quelque chose», relève l’expert. Les émissions de CO2 avaient reculé en 2015, mais elles sont reparties à la hausse. Avec 27% de réduction des émissions de dioxyde de carbone par rapport à 1990, on est loin de l’objectif fixé de 40%.
«C’est tout le paradoxe. On a fortement développé le renouvelable, mais ça ne suffit pas, poursuit Patrick Graichen. Pour des raisons culturelles, la sortie du charbon est plus compliquée que celle du nucléaire. Les syndicats et le SPD, voire même la CDU n’osent pas prendre la décision de tout débrancher.» L’Europe a sa responsabilité. Les droits à polluer sont beaucoup trop bon marché: environ 5 euros la tonne. Patrick Graichen reste néanmoins optimiste: «Nous n’allons pas fermer les centrales à charbon demain, mais dans les vingt ans à venir, c’est certain.»
https://www.letemps.ch/monde/2017/09/20/poids-culturel-charbon-exrda

20/09/17 : En Allemagne, l’éolien envers et contre tout 😡
Grâce à une législation très favorable promue par l’ex-gouvernement de coalition rouge-verte de Gerhard Schröder qui a amorcé le tournant énergétique allemand, les parcs éoliens continuent de fleurir. A Ahlerstedt, Jan Ehlen, 46 ans, gère un parc éolien «citoyen». Reportage
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Une Allemagne rassurante, mais manquant de souffle (notre éditorial)
Bonn, la face la plus internationale de l’Allemagne
«Berlin ne peut s’ériger seul en rempart de l’érosion démocratique»
A une heure au sud-ouest de Hambourg, l’horizon semble infini. A proximité des villages de Wohnste et Ahlerstedt, de respectivement 800 et 5300 habitants, de petites exploitations agricoles occupent le terrain. Champs de maïs, de pommes de terre, de céréales, élevages de porcs. Et puis soudain, s’élançant dans le ciel, d’énormes tours qui semblent dicter le rythme de la vie de ce coin du nord de l’Allemagne.
Jan Ehlen, 46 ans, n’en est pas peu fier. C’est lui qui, avec quatre autres collaborateurs, gère ce parc de 23 éoliennes d’une puissance de 52 mégawatts dans le cadre d’une société dénommée Awomo. «C’est une histoire familiale. Mon père, Helmut, produisait déjà de l’énergie à partir de tourbe, dans la commune voisine d’Ahrensmoor. Il a profité de nouvelles législations pour investir dans l’éolien. Le premier parc éolien ici a vu le jour en 1999.»
Un tournant énergétique qui fait pleinement sens
Dans son bureau, installé dans une maison cossue à l’entrée d’Ahlerstedt, petite bourgade du Land de Niedersachsen, cet ingénieur et économiste diplômé a un temps travaillé pour Airbus. Aujourd’hui, il garde la tête en l’air pour ainsi dire. Sur son ordinateur, il observe en temps réel le fonctionnement du parc éolien: vitesse de rotation des éoliennes, production (environ 120 millions de kilowatts/heure par an) et surtout économie en émissions de CO2 qu’il chiffre déjà à 1,8 million de tonnes.
Pour Jan Ehlen, le tournant énergétique décidé par l’Allemagne fait pleinement sens. Le gouvernement allemand, la grande coalition rouge-verte de Gerhard Schröder et Joschka Fischer, a promulgué une loi sur les énergies renouvelables (EEG), se fixant pour objectif de les développer massivement afin de réduire l’utilisation des énergies fossiles et de lutter contre le changement climatique. D’ici à 2020, la proportion d’énergies renouvelables dans la production d’électricité dans le pays doit s’élever à 35%, d’ici à 2025 à 45% et grimper jusqu’à 60% d’ici à 2035.
https://www.letemps.ch/monde/2017/09/20/allemagne-leolien-envers-contre

20/09/17 : À Gersbach, l’éolien reste source de conflit
À quelques jours des élections fédérales outre-Rhin, retour sur l’« EnergieWende », la transition énergétique allemande, à travers un cas particulier : celui du parc éolien du Rohrenkopf, dans l’arrondissement de Lörrach, inauguré en juillet. Après plusieurs années de conflit, la majorité de la population semble l’avoir accepté, mais certains continuent de s’y opposer farouchement.
« Nous avons besoin de davantage d’éoliennes dans la région. L’éolien, c’est de l’énergie dans les mains des citoyens. » Issue du mouvement antinucléaire, Eva Stegen est chargée de communication de la coopérative EWS, qui exploite le parc du Rohrenkopf, cinq éoliennes érigées sur les hauteurs de Gersbach, un quartier de la ville de Schopfheim, près de Lörrach.
Biologiste de formation, elle a longtemps vécu à Fribourg, le laboratoire de la transition énergétique allemande. Le conflit autour du Rohrenkopf lui rappelle un vieux combat. « J’ai vécu la même situation à Fribourg, lors de la construction du parc éolien du Rosskopf, en 2003. Les opposants avançaient les mêmes arguments qu’ici, annonçant que les touristes ne viendraient plus, les animaux non plus… À l’époque, j’ai même reçu des menaces. »
Une menace pour le milan royal ?
À Gersbach, l’opposition est pacifique. « On reste décent, assure Wolfgang Ühlin, opposant de la première heure. Jamais je n’en viendrai aux mains. » Ce septuagénaire, artisan à la retraite longtemps engagé dans la vie politique de son village, est né et a grandi à Gersbach. « Avant, l’avantage de vivre ici, c’était le calme. Mais maintenant, c’est terminé ». Il y a deux ans et demi, Wolfgang Ühlin a créé l’association des opposants au projet du Rohrenkopf. Cette association compte aujourd’hui 140 membres, principalement des habitants de Gersbach. « 90 % des Gersbachois étaient opposés au parc », assure Wolfgang Ühlin. Pourtant, comme beaucoup d’entre eux, le retraité n’a pas d’a priori contre l’énergie éolienne. « C’est la transition énergétique. Qu’elle se fasse, mais seulement où elle est judicieuse ! » Et de citer la mer du Nord et la Baltique en exemples.« Là-bas, il y a suffisamment de vent, et ça ne gêne personne » , clame-t-il.
Des citoyens peu intéressés
Le site du Rohrenkopf a été désigné par le Windatlas comme l’un des lieux les plus propices à la construction d’éoliennes dans la région. Cette cartographie réalisée par le gouvernement régional du Bade-Wurtemberg détermine les zones géographiques les plus à même de recevoir de telles installations, sur la base, notamment, des mesures du vent.
Les opposants au parc rétorquent qu’il menace le milan royal, un rapace classé au rang des espèces protégées. À elle seule, la région du Bade-Wurtemberg abriterait 10 % de sa population mondiale. Selon Wolfgang Ühlin, les éoliennes grands gabarits, comme celles de Gersbach, sont situées à la hauteur de vol de l’oiseau. Elles perturberaient également l’habitat des rongeurs dont il se nourrit. Sans compter la nuisance sonore : « Les éoliennes sont bruyantes, surtout par mauvais temps. Mais le plus gênant, c’est l’irrégularité : ça va, ça vient, parfois fort, parfois moins » , insiste Wolfgang Ühlin.
Pourtant, EWS a reçu toutes les autorisations requises pour la construction des éoliennes. « Elles ont été délivrées après de nombreuses évaluations commandées à des biologistes, écartant tout impact néfaste, et pour l’homme, et pour les animaux », assure Eva Stegen. EWS dénonce la mauvaise foi des opposants et, plus généralement, le manque d’intérêt de la population. « Nous avons organisé une vingtaine de séances publiques, ouvertes au débat et à la discussion, en amont du projet. Tout le monde était convié, mais très peu de gens y ont participé » , déplore Sebastian Sladek, membre du directoire d’EWS.
Vendre des éoliennes aux habitants pour les rassurer
Pour remédier à cette situation, et tenter de faire accepter le parc éolien par la population, la société propose de vendre trois des cinq éoliennes. « Pour l’instant, beaucoup de Suisses sont intéressés, mais nous préférerions les céder à des habitants de la région. » La société a octroyé un délai de trois ans aux habitants avant toute acquisition. « Une phase d’observation qui vise à convaincre les habitants qui pensent que les éoliennes ne seraient pas rentables économiquement » , affirme Sebastian Sladek.
Les Gersbachois montrent déjà des signes d’acceptation. Christian Walter, représentant du quartier, a tourné la page. « Le passé est le passé. Fini le conflit, nous allons faire avec… » Les Gersbachois envisagent même de créer un « sentier énergétique », à travers le parc éolien. Wolfgang Ühlin semble, lui, bien décidé à poursuivre le combat. « Je ne suis pas forcé de vivre avec quelque chose qui ne me convient pas » , martèle-t-il.

19/09/17 : Allemagne : une transition énergétique en questions
A quelques jours des élections législatives allemandes, la politique énergétique ne divise pas réellement les deux principaux candidats, la chancelière Angela Merkel (CDU/CSU) et Martin Schulz (SPD). La population allemande soutient le choix d’une transition énergétique forte, assumée, à destination des énergies renouvelables. Pour autant, un récent rapport de France Stratégie souligne les ambigüités de cette politique, qui a réussi à augmenter, de façon spectaculaire, la part des énergies renouvelables, mais sans réduire, pour l’heure, les émissions de gaz à effet de serre, notamment dans le secteur industriel, et a fait exploser les factures d’électricité. Analyse.
Ce week-end, le 24 septembre, les Allemands vont renouveler le Bundestag, la chambre des députés, mais que le futur chancelier s’appelle Martin Schulz ou Angela Merkel, il ne risque pas de toucher à l’Energiewende, ou « virage de l’énergie », pris par l’Allemagne en 2011.
Des ambitions élevées, avec une volonté publique forte
Cette transition énergétique est l’une des plus ambitieuse d’Europe, visant un approvisionnement en électricité plus sûr et plus propre, en s’appuyant massivement sur les énergies renouvelables pour atteindre une sortie du nucléaire en 2022 et du charbon entre 2033 et 2050.
L’organisme France Stratégie, rattaché au premier ministre français, vient de publier un rapport à charge, intitulé Transition énergétique allemande : la fin des ambitions ?. La ligne directrice de ce rapport est de souligner que l’Allemagne n’atteindra pas, loin s’en faut, la majorité des objectifs fixés en 2011.
30% d’énergies renouvelables dans le mix énergétique, bientôt 35%
Pourtant, les énergies renouvelables, notamment l’éolien et le photovoltaïque, continuent un essor spectaculaire. L’Allemagne était déjà, en 2011, le pays d’Europe où ces énergies étaient les plus développées, la tendance ne s’est pas ralentie : les énergies renouvelables ont dépassé les 30% dans le mix électrique allemande dès 2015, et devraient dépasser les 35% d’ici 2020 – objectif phare de l’Energiewende. Le pays devrait sortir du nucléaire, comme prévu, vers 2022-2025.


Mix électrique en Allemagne 2015 (les chiffres entre parenthèses sont ceux de 2014)
Les causes de cette réussite sont une politique publique dynamique, une expertise technique reconnue, la maturité qu’ont atteint ces technologies – qui diminue leurs coûts et augmente leur rendement –, et des dépenses d’infrastructures plus que conséquentes. L’Allemagne a en effet décidé d’investir environ 25 milliards d’euros par an dans l’Energiewende, pendant 20 ans.
Malgré des factures d’électricité en forte hausse, la population soutient la transition
Et si les chantiers de parcs éoliens et photovoltaïques se multiplient avec la bénédictions de la population, les milliers de nouvelles lignes à très haute tension que la pays va devoir construire soulèvent des tensions et oppositions locales.
Les conséquences se font également sentir sur la facture d’électricité : les tarifs pour les petits consommateurs ont plus que doublés entre 2000 et 2013. Pour une famille de 4 personnes, l’institut estime que ce choix énergétique coûte en moyenne 300 euros de plus par an.
Cela n’empêche pas que l’Energiewende « jouit toujours d’un fort soutien populaire et reste pour beaucoup d’Allemands un grand projet de société », affirme le rapport.
Mais une consommation de charbon qui repart à la hausse
Les autorités doivent profiter de ce soutien pour renforcer les autres objectifs, qui sont pour l’heure loin d’être atteints. Le plus problématique est probablement la consommation d’énergie primaire : elle devait baisser de 3% par an, et a augmenté de 0,9% en 2015 et de 1,1% en 2016. Berlin a beau justifier une partie de ce chiffre par l’afflux de réfugiés dans le pays, qui a nécessité des mesures d’urgence, y compris d’un point de vue énergétique, le problème est également structurel.
Et si le pays ambitionne une sortie du charbon, il construit pour l’heure de nouvelles centrales électrique fonctionnant à la lignite, et le charbon pèse encore 40% de son mix électrique. C’est une conséquence directe de la sortie du nucléaire : le pays a besoin de s’appuyer sur une source d’énergie fiable, mature et toujours disponible – ce que ne sont pas les énergies renouvelables intermittentes comme l’éolien et le photovoltaïque. Pour l’instant, et pour encore assez longtemps, cette solution sera, comme pour une majorité de pays du monde, le charbon.
Le stockage de l’électricité : un enjeu de poids
La question centrale, qui risque de bloquer rapidement l’essor des énergies renouvelables en Allemagne, est celle du stockage de l’électricité. Dépasser les 25% d’énergies intermittentes n’est possible qu’avec des systèmes de stockage efficaces, à grande échelle. L’Allemagne vient de franchir la barre des 20%, et aucune solution mature de stockage ne s’est encore imposée.
En multipliant, comme c’est prévu, les stations STEP et les fermes de batteries, le pays va répondre à une partie de ce défi. Mais une simple partie. Certains proposent un partenariat avec la Norvège pour y installer de vastes stations hydrauliques, et les utiliser comme réservoir d’énergie ; d’autres une accélération des expérimentateurs à échelle réelle sur les solutions de stockage à grande échelle, hydrogène, CAES, batteries à flux.
Défendre l’industrie allemande, c’est (encore) défendre le charbon !
L’autre question est celle de la dépendance de l’industrie allemande au charbon, et le fait que le pays ne souhaite pas faire peser la transition énergétique sur son secteur industriel. Le refus de s’aligner sur la position française proposant un prix plancher du carbone à 30 euros par tonne s’explique par ce choix : « Les Allemands dénoncent l’avantage compétitif très important qu’un tel prix plancher procurerait au parc nucléaire français. Pour le cabinet Pöyry17, un prix du CO2 de 30 euros par tonnes (€/tonne) ferait passer le coût marginal de fonctionnement des centrales à charbon de 35 euros par mégawattheure (€/MWh) à 55 €/MWh et celui des centrales à gaz les plus performantes de 39 à 47 €/MWh. Le prix du kWh pour les industriels allemands augmenterait de 40 % » expose le rapport.
Un augmentation que l’Allemagne refuse : la défense de son industrie demeure un axe fort de la politique, tant intérieure qu’extérieure, du pays. Les « sacrifices » que le pays doit faire pour basculer vers une énergies plus durable ne doivent pas avoir d’impact sur sa compétitivité industrielle. C’est sans doute là la raison principale de l’augmentation de la consommation d’énergies primaire.
Autres échecs : émissions de gaz à effet de serre en hausse, mobilité verte au point mort
Conséquemment, les émissions de gaz à effet de serre de l’Allemagne restent stables, alors que l’Europe est sur une pente largement descendante : l’Allemagne « reste aujourd’hui l’un des plus gros émetteurs de gaz à eff­et de serre en Europe avec 11,5 tonnes équivalent CO2 (téqCO2) par habitant, contre 6,5 téqCO2 en France », indique le rapport. Et le premier semestre 2017 a vu une augmentation des émissions de 1,2% par rapport au premier semestre 2016.


Évolution comparée des émissions de gaz à effet de serre en Allemagne, en France et en Union européenne (base 100 en 2005)
Autre chantier en jachère, au moins en partie : la mobilité verte. L’objectif annoncé en 2011 était d’atteindre le million de véhicules électrique en 2020. A trois ans de l’échéance, le marché allemand, malgré des aides conséquentes, plafonne à 30 000 véhicules.
Des défis à relever
Cela étant, la vision pessimiste de France Stratégie peut sembler exagérée, notamment quand le rapport affirme que le gouvernement « pourrait bien imprimer une courbe moins ambitieuse au tournant énergétique ». Les chantiers de parcs d’énergies renouvelables ne devraient pas diminuer, c’est une certitude ; les infrastructures pour les raccorder au réseau national non plus.
Les points cruciaux sont bel et bien les systèmes de stockage d’électricité et, surtout, l’intégration de l’énergie verte dans un système industriel gourmand, économiquement dominant, lourd – et donc coûteux à rénover. Un chantier d’importance, que le nouveau gouvernement va devoir traiter rapidement s’il veut poursuivre la transition énergétique du pays.
http://les-smartgrids.fr/allemagne-transition-energetique/


18/09/17German state plans 1.5km setback
The new CDU/FDP coalition government in Germany’s most populous state North-Rhine Westphalia has issued an amended decree with new setback distance rules for wind farms.
Developers would need to consider a minimum distance of 1.5km from municipalities and would no longer be allowed to install wind farms in forests, according to the decree.
Stakeholders have until 20 October to comment on the decree, with two hearings planned.
The decree could enter into force early next year, the government said.
The new rules would slash wind power expansion plans in the state, starting in 2019, putting the sector at risk, a group of 60 wind industry companies warned in a joint statement last month.
Last year, some 220 turbines were installed in North-Rhine Westphalia.
Developers also obtained construction licenses for an additional 450 machines with a cumulative capacity of 1.2GW.
12/09/17Transition énergétique : le virage allemand
L'Allemagne s'apprête à voter le 24 septembre pour renouveler les députés du Bundestag. Les leaders des deux principales formations, la chancelière Angela Merkel (CDU/CSU) et son challenger Martin Schulz (SPD), n'ont plus que quelques jours pour convaincre les électeurs du bien-fondé de leurs points de vue respectifs sur des sujets comme l'éducation et la sécurité nationale. En revanche un sujet semble mettre les deux partis d'accord, l'énergie. Par Stefan Ambec et Claude Crampes, de Toulouse School of Economics.
L'Allemagne a amorcé un tournant dans sa politique énergétique, « die Energiewende », pour rendre la production d'électricité plus sûre et plus propre. Cette politique s'appuie sur la montée en puissance des énergies renouvelables, la sortie du nucléaire et la réduction de la dépendance au charbon.
Le défi de l'intermittence
La transition énergétique allemande, une des plus ambitieuses en Europe, pose d'importants défis techniques du fait de l'intermittence des principales énergies renouvelables, l'éolien et le solaire. Ces sources d'énergie renouvelables ont des qualités indéniables: l'énergie primaire qu'elles utilisent est gratuite, leur approvisionnement en énergie primaire ne dépend pas des coups de sang de potentats étrangers ou de révolutions, et elles n'émettent ni particules ni gaz à effets de serre. Mais les éoliennes produisent de l'électricité au rythme des régimes de vent, les panneaux solaires uniquement en phase diurne et à condition que l'ensoleillement soit suffisant. Les énergies renouvelables intermittentes ne pourront donc pas combler le vide laissé par les centrales au charbon et les centrales nucléaires pendant les nuits sans vent et les jours où le brouillard s'installe sur les rives du lac de Constance. Ce sont des substituts imparfaits des centrales conventionnelles. Avec deux cents éoliennes d'une capacité de 5MW on obtient l'équivalent d'une centrale nucléaire de 1GW, mais uniquement en termes de puissance. Les deux technologies sont totalement différentes en termes d'énergie produite au cours de l'année, car il ne sort pas d'électricité des fermes éoliennes quand la vitesse du vent est trop faible.
Comment alors, avec un parc de production dominé par les énergies renouvelables, répondre à la demande d'énergie électrique aux périodes où la nature ne fournit pas les énergies primaires nécessaires ? Doit-on multiplier la capacité installée par rapport aux centrales conventionnelles en comptant sur des corrélations négatives entre régimes de vent et sur la diversité des zones d'ensoleillement ? Doit-on investir dans des installations de stockage de l'électricité pour lisser les écarts entre production et consommation instantanées? Faut-il investir en interconnexions pour jouer sur les différences temporelles et géographiques des pays voisins ? Ou encore, faut-il revoir nos modèles de consommation et accepter que l'offre naturelle d'électricité rythmera dorénavant notre existence?
La variabilité des énergies éolienne et solaire
Dans un article récent, l'économiste Hans-Werner Sinn étudie ces options pour le mix énergétique allemand. Il se base sur des données de production et de consommation de l'année 2014. Le premier constat est que la production d'électricité éolienne et solaire est très volatile et bien au dessous de la capacité de production comme le montrent les deux graphiques ci-dessous.
Que les technologies concernées n'atteignent jamais leur pleine capacité n'est pas étonnant puisque l'input en énergie primaire, vent et rayonnement solaire, est par définition hors du contrôle humain. C'est le rapport entre capacité utilisée et capacité installée qui surprend: en moyenne 17% pour l'éolien, 10% pour le solaire. Les capacités installées sont donc un mauvais indicateur de la pénétration de ces technologies.
Deuxième constat, la variabilité n'est pas seulement quotidienne ou hebdomadaire, elle est aussi annuelle. En moyenne il y a moins de solaire en hiver qu'en été et moins d'éolien en été qu'en hiver, ce qui est a priori favorable en termes de disponibilité puisque les deux sources sont complémentaires sur l'année. Mais dans une perspective de développement à très grande échelle de ces énergies, leur irrégularité oblige à se poser la question de leur répartition temporelle par stockage pour répondre à la demande.
À défaut de l'électricité, stockons l'eau
Le stockage d'électricité à grande échelle se fait encore principalement sous forme d'eau que l'on fait remonter grâce à des pompes électriques dans les réservoirs des stations de transfert d'énergie par pompage (STEP) avant de la turbiner et d'injecter l'électricité produite dans le réseau. Un stockage sur une base quotidienne ou hebdomadaire pour pallier le déficit énergétique ne suffit pas. Même si on pompe de l'eau pour remplir les réservoirs pendant la nuit afin de garantir un approvisionnement pendant la journée quand le vent et le soleil font défaut, il manquera de l'eau à la fin de l'été pour servir la demande. Pour évaluer les besoins en stockage, Sinn fait l'exercice suivant : il calcule l'énergie éolienne et solaire qui doit être stockée pour garantir la même puissance tout au long de l'année, en l'occurrence la capacité moyenne utilisée qui, pour l'Allemagne en 2014, est de 9.55 GW (5.85 GW pour l'éolien plus 3.7 GW pour le solaire). Les résultats sont représentés dans le graphique ci-dessous en TWh par la courbe blanche intitulée « Wind and solar power ».
Le stockage se fait principalement en hiver et au printemps. Le pic de stockage a lieu fin août, puis les réservoirs sont vidés au cours de l'automne. Il faut stocker jusqu'à 6.89 TWh d'énergie sous forme d'eau disponible dans les réservoirs pour compenser la variabilité de la production. Quand on sait que l'Allemagne a actuellement 35 STEPs d'une capacité total de 0.038 TWh, on voit le chemin à parcourir.
Considérons maintenant le profil annuel de demande observé et non une demande d'électricité constante au cours du temps. La dynamique du stockage nécessaire est alors totalement différente. Elle est représentée par la courbe grise étiquetée « Consumption » qui culmine en octobre avec 11.18 TWh accumulés dans les STEPs. Ajoutons maintenant la production des centrales conventionnelles. Supposons qu'elles fournissent constamment tout au long de l'année leur puissance moyenne utilisée en 2014 à savoir 48 GW. La dynamique de stockage est alors représentée par la courbe noire qui culmine à 11.29 TWh. L'apport des centrales ne permet donc pas de réduire la capacité totale des STEPs.
Le problème s'aggrave avec l'accroissement de la pénétration des renouvelables : un doublement et un triplement des renouvelables porteraient les besoins en capacité de stockage à 15,24 TWh et 22,10 TWh respectivement, soit 14.153 et 20.517 STEPs ! Sans parler du coût financier, le coût environnemental de la construction de tant de STEPs est prohibitif et il n'existe probablement pas de sites (même souterrains) pour les accueillir.
Les simulations de Sinn suggèrent qu'une meilleure gestion de la demande ne résout pas le problème de l'intermittence. Transférer une partie de la consommation vers les heures creuses ou lorsqu'il y a de l'énergie éolienne ou solaire permet d'atténuer la volatilité journalière, mais pas saisonnière. Les besoins en stockage sont donc inchangés. Une autre solution consiste utiliser les capacités de stockage de la Norvège dont la production électrique est presque entièrement d'origine hydraulique. Cela suppose d'accroitre l'interconnexion entre les deux réseaux électrique par la construction de nouvelles lignes à haute tension et l'intégration des deux marchés de gros, mais aussi que les Norvégiens disposent des capacités de stockage des excédents d'énergie allemande. Les bénéficiaires seraient les producteurs hydroélectriques norvégiens qui pourraient acheter l'électricité produite par le vent et le soleil de l'autre côté de la Mer du Nord à prix cassés, voire négatifs.
Les coûts économiques associés à l'intermittence des renouvelables et aux options techniques et économiques destinées à les réduire sont maintenant bien connus. Dans un travail de recherche récent, nous avons analysé comment ils s'articulent avec les politiques publiques de support aux renouvelables. Les simulations de Sinn ont le mérite de quantifier monétairement ces coûts pour l'Allemagne. Ils font partie de la facture de l'Energiwende. Les citoyens allemands devraient en être informés pour voter en connaissance de cause. D'autant que la différence entre la transition française et le virage allemand dépasse la subtilité sémantique. À 180° non seulement un virage est difficile à négocier, mais on sait vers quoi il nous ramènerait: un monde dans lequel la sécurité de la fourniture électrique ne peut pas être garantie.
http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/transition-energetique-le-virage-allemand-749872.html

08/09/17France Stratégie publie un rapport polémique sur l’Energiewende

« Transition énergétique allemande : la fin des ambitions ? ». Tel est le titre d’une récente note d’analyse de France Stratégie qui dresse un bilan assez sombre de la transition énergétique outre-Rhin. Des acteurs du secteur des énergies renouvelables dénoncent un rapport à charge.
France Stratégie est un organisme de réflexion, d’expertise et de concertation, rattaché au Premier ministre, et chargé d’animer le débat public. En s’attaquant au brûlant sujet de la transition énergétique allemande, Etienne Beeker, l’auteur de la note d’analyse, a relancé le débat dans l’Hexagone. Les services du Premier ministre rappellent que le rapport n’engage que son auteur, et pas le gouvernement.
Le nucléaire : la pomme de discorde
Suite à la catastrophe de Fukushima, le gouvernement allemand, sous pression de son opinion publique, a décidé l’arrêt de 7 premières tranches puis progressivement de toutes les centrales nucléaires en 2022, et leur remplacement par des énergies renouvelables. La baisse a été immédiate puisque la production nucléaire s’élevait à 84,6 TWh en 2016, soit 14,2% de la production électrique contre 25% avant 2011. Le planning d’arrêt des tranches restantes n’a depuis pas été remis en cause. De ce fait, Berlin a envoyé un signal fort, mais négatif, sur une filière dont la France s’est fait une spécialité. Plus encore, Paris place le nucléaire comme un outil phare pour répondre aux besoins énergétiques tout en luttant contre le changement climatique, et accessoirement trouver des débouchés pour son industrie. Depuis les experts français de l’énergie sont parfois suspectés d’entretenir un avis très critique, voire de mauvaise foi, sur les résultats de la stratégie allemandes en faveur du climat.
Objectif rempli sur les Enr…
La transition énergétique allemande, ou Energiewende, s’est caractérisée par une montée en puissance rapide des Enr, à commencer par le photovoltaïque et l’éolien qui représentaient fin 2016 une capacité installée respective de 40 GW et 49,6 GW. Un parc impressionnant auquel il faut ajouter une importante exploitation de la biomasse. L’Allemagne est en passe de remplir son objectif d’énergies renouvelables qui pèseront 35% du mix électrique en 2020. Pour autant, Etienne Beeker, estime que la fin programmée des tarifs d’achat engendre une forte incertitude sur l’avenir des Enr en Allemagne. Par ailleurs, il dénonce le coût pour le consommateur de cette politique pro-Enr : « Aujourd’hui l’horizon s’est obscurci. L’Allemagne produit certes un tiers de son électricité grâce aux énergies renouvelables mais elle paie cette performance remarquable au prix fort, le prix de l’électricité pour les petits consommateurs ayant plus que doublé entre 2000 et 2013 ». Or, la décision d’arrêter le nucléaire ne datant que de 2011, on peut raisonnablement douter qu’elle soit à l’origine des hausses de tarifs. Ces dernières, comme le rappelle d’ailleurs l’auteur, sont davantage dues à un consentement de la population de faire reposer sur ses épaules la majorité des coûts du système électrique pour épargner l’industrie lourde, grande pourvoyeuse d’emplois outre-Rhin.
…. mais pas sur les GES
Malgré la hausse spectaculaire du parc renouvelable, l’arrêt des sept premières tranches nucléaires s’est également traduit par la mise en service de centrales thermiques fonctionnant au charbon ou au lignite, bon marché mais très émetteur de gaz à effet de serre (GES). De fait, selon la note, l’Allemagne réduira ses rejets de seulement 33,5% à 36,5% en 2020 contre l’objectif fixé de 40%. Ce passage par la case charbon est très décrié en France, notamment lors d’épisodes de pics de pollution attribués à ces centrales thermiques. Du côté allemand, le charbon fait office d’outil de transition pour pallier la fin du nucléaire. Mais ces centrales devront être progressivement converties au gaz naturel, moins polluant. Pour autant, comme le rappelle Etienne Beeker : « Les énergies fossiles représentent toujours 80 % du mix énergétique total outre-Rhin, le pétrole restant archi-dominant dans les transports et le gaz dans l’industrie et le chauffage, révélant l’ampleur du chemin à parcourir pour décarboner le secteur ».
Avantage comparatif du VE
Le véhicule électrique est un bon exemple d’innovation dont l’impact est très différent selon les choix énergétiques faits par les pays. La France pousse fort dans cette direction et est devenue cette année le premier marché européen avec plus de 100 000 VE immatriculés. Paris mis gros sur le VE pour réduire la pollution liée au transport qui représente 38% des émissions de GES, un chiffre un peu moins élevé en Allemagne (30%). Or, l’industrie automobile allemande s’est spécialisée sur les grosses cylindrées et dispose d’une expertise reconnue mondialement, et ce, malgré le scandale des moteurs truqués. Le passage au véhicule électrique, dont l’essentiel de l’innovation réside dans l’électrochimie, va poser des problèmes à l’industrie allemande qui représente 800 000 emplois. Par ailleurs, le bilan carbone du VE dépend notamment des sources de production de l’électricité injectée dans le véhicule. Or, si le bilan du parc électrique français est très faiblement carboné (environ 80 gCO2/KWh), celui de l’Allemagne est beaucoup plus élevé : 500 grammes de CO2/kWh. De fait, le bilan carbone du VE diffère largement d’un côté à l’autre du Rhin. Cela explique aussi pourquoi Berlin aura tant à perdre en terme de compétitivité à accepter la proposition française d’instaurer un prix plancher du carbone en Europe.
Chacun sa transition
Au final, le rapport apporte des éclairages pertinents sur les mécanismes ayant permis à l’Allemagne de diminuer dans un premier temps ses émissions (grâce à la modernisation de la RDA) avant de les stabiliser. Mais certaines omissions ne rendent pas compte de la vision à long terme et de la cohérence globale de la transition allemande. A l’instar des lignes haute-tension (comme Nordlink) tirées vers la Norvège pour bénéficier de ses STEP. La coopération européenne est en l’espèce cruciale pour réussir la transition énergétique du continent même si elle ne ne passera pas forcément par les mêmes stratégies en fonction des pays et de leur héritage énergétique. En l’espèce, il n’existe pas de recette magique universelle. Etienne Beeker ne dit pas autre chose : « Cette dépendance à l’égard des réseaux des pays voisins démontre que le modèle énergétique allemand ne peut pas être généralisé, mais aussi que la coordination européenne entre transitions énergétiques devient une urgente nécessité ».
https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/france-strategie-publie-un-rapport-polemique-%E2%80%A8sur-lenergiewende-46861/

08/09/17TRANSITION ÉNERGÉTIQUE, L'ALLEMAGNE SUR LE POINT D'ÉCHOUER

Une note de France Stratégie sur la transition énergétique en Allemagne avance que le pays est sur le point d’échouer dans la vaste entreprise de transition énergétique débutée en 2011. Malgré les millions d’euros investis dans le domaine, les objectifs ne vont pas être tenus notamment à cause d’une augmentation exponentielle du prix de l’électricité et des déceptions du secteur industriel dans le domaine.
Le modèle allemand n’en est peut-être pas un finalement. Quand en 2011 le pays annonçait entamer sa transition énergétique pour atteindre 80% de renouvelable d’ici 2050, les observateurs étaient unanimes. Très vite, certains enthousiasmes ont été douchés par l’utilisation d’usines à charbons en même temps que des investissements massifs dans l’éolien. Mais globalement, la trajectoire de l’Allemagne était vue comme au niveau des espérances d’évolution du mix énergétique en Europe.
Dans une notre d’analyse, France Stratégie montre que finalement l’Allemagne pourrait bien revenir sur ses objectifs. « Six ans après le lancement de cette politique, les ENR ont connu un essor spectaculaire et comptent aujourd'hui pour un tiers de la production d'électricité. Malgré cette indéniable prouesse technique, l'Allemagne - doublée par l'Asie - n'a pas réussi à créer une industrie leader mondial du solaire photovoltaïque et fait face à une rude concurrence internationale en matière d'éolien » explique l’organisme lié au Premier ministre.
http://www.economiematin.fr/news-transition-energetique-exemple-allemagne-echec-transformation-production-energie-rse

06/09/17L’Allemagne patine sur la transition énergétique de par son coût exorbitant
Une étude de France Stratégie révèle que la transition énergétique initiée en Allemagne depuis 2011 n’a pas encore les effets escomptés. Elle coûte même très cher aux Allemands.
En 2011, l’Allemagne débutait son vaste plan de transition énergétique, bien avant les autres pays européens. Un exemple en la matière puisque le pays visait alors non moins de 80% d’ENR dans son bouquet énergétique global à l’horizon 2050. Six ans à peine après le début des opérations, l’Allemagne a vu une explosion des installations solaires et photovoltaïques à tel point qu’elles permettent déjà de générer un tiers de la production générale d’électricité du pays. Mais France Stratégie nuance ces belles premières retombées : « Malgré cette indéniable prouesse technique, l’Allemagne – doublée par l’Asie – n’a pas réussi à créer une industrie leader mondial du solaire photovoltaïque et fait face à une rude concurrence internationale en matière d’éolien ». D’autant qu’en parallèle du lancement de cette nouvelle politique orientée ENR, de nombreuses usines à charbon continuaient de tourner à plein régime. Un paradoxe que la société allemande a bien du mal à accepter. Autre point noir : tout le secteur industriel allemand devait bénéficier des bonnes retombées économiques mais elles sont loin d’être au rendez-vous.
Une transition énergétique qui coûte très cher
Mais ce qui fait réellement grincer des dents dans la société allemande sont les conséquences du plan d’investissement plus que conséquent que suppose la transition énergétique : 25 milliards d’euros par an sur deux décennies. Résultat : » la transition énergétique est payée au prix fort par les consommateurs, avec un prix de l’électricité qui a plus que doublé pour les particuliers entre 2000 et 2013« .
http://www.lejournaleconomique.com/2017/09/06/allemagne-transition-energetique/

05/09/17 : Transition énergétique, l’Allemagne sur le point d’échouer
Une note de France Stratégie sur la transition énergétique en Allemagne avance que le pays est sur le point d’échouer dans la vaste entreprise de transition énergétique débutée en 2011. Malgré les millions d’euros investis dans le domaine, les objectifs ne vont pas être tenus notamment à cause d’une augmentation exponentielle du prix de l’électricité et des déceptions du secteur industriel dans le domaine.
Le modèle allemand n’en est peut-être pas un finalement. Quand en 2011 le pays annonçait entamer sa transition énergétique pour atteindre 80% de renouvelable d’ici 2050, les observateurs étaient unanimes. Très vite, certains enthousiasmes ont été douchés par l’utilisation d’usines à charbons en même temps que des investissements massifs dans l’éolien. Mais globalement, la trajectoire de l’Allemagne était vue comme au niveau des espérances d’évolution du mix énergétique en Europe.
Dans une notre d’analyse, France Stratégie montre que finalement l’Allemagne pourrait bien revenir sur ses objectifs. « Six ans après le lancement de cette politique, les ENR ont connu un essor spectaculaire et comptent aujourd'hui pour un tiers de la production d'électricité. Malgré cette indéniable prouesse technique, l'Allemagne - doublée par l'Asie - n'a pas réussi à créer une industrie leader mondial du solaire photovoltaïque et fait face à une rude concurrence internationale en matière d'éolien » explique l’organisme lié au Premier ministre.
Outre le fait que les retombées économiques sur l’industrie ne sont pas au rendez-vous, la stratégie est de moins en moins populaire du fait des sommes investies avec pour résultat une explosion du prix de l’électricité. « Surtout, continue France Stratégie, la transition énergétique est payée au prix fort par les consommateurs, avec un prix de l'électricité qui a plus que doublé pour les particuliers entre 2000 et 2013. La facture pour la montée en puissance des ENR se révèle en effet très élevée, environ 25 milliards d'euros par an sur une vingtaine d'années. Les installations en ENR ont encore besoin du soutien financier des pouvoirs publics et des coûts annexes se chiffrant en dizaines de milliards d'euros apparaissent pour construire des lignes très haute tension nécessaires à la sécurité du réseau, afin d'éviter les risques de black-out »
http://www.rse-magazine.com/Transition-energetique-l-Allemagne-sur-le-point-d-echouer_a2352.html

02/09/17 : France Stratégie s'interroge sur la durabilité de la transition énergétique allemande
Diplomatie oblige, il est rare, pour ne pas dire rarissime, qu'un document émanant de l'administration française s'interroge ouvertement sur la pertinence de la stratégie d'un de nos partenaires proches dans un domaine "sensible".
On trouvera tant que l'on veut des patrons pour critiquer ou au contraire louer telle ou telle mesure de la politique économique allemande, tout comme un syndicat de salariés pourra sans problème s'émouvoir publiquement du sort réservé aux jeunes chômeurs en Espagne.
Mais, au titre d'une interprétation très large du devoir de réserve, il est franchement inhabituel qu'un fonctionnaire dise publiquement qu'un de nos voisins est "à côté de la plaque" en ce qui concerne une politique publique menée chez lui. C'est pourtant ce que vient de faire France Stratégie en ce qui concerne le "tournant énergétique" allemand.
Dans une note d'analyse qui vient d'être publiée, parfaitement transparente sur ses sources (allemandes et "officielles" pour l'essentiel), la note s'interroge clairement sur la pertinence de ce que font nos voisins au regard de la question climatique. En creux, le message est limpide : si notre objectif est bien de s'attaquer au problème des émissions de gaz à effet de serre, il est urgent de ne pas les imiter.
Fait rare, France Stratégie propose aussi de télécharger les fichiers Excel avec les données quantitatives ayant servi aux graphiques. Ce qui devrait être la règle sur les sites d'organismes publics n'est en pratique qu'une exception, et rien que cela mérite un coup de chapeau.
Bonne lecture !
Véritable projet de société, la transition énergétique allemande marque le pas. Il faudra sans doute attendre le résultat des élections générales du 24 septembre pour la voir accélérer. En attendant, un état des lieux s’impose.
Le 24 septembre prochain, plus de 60 millions d’électeurs allemands sont appelés à se rendre aux urnes. Ils devront choisir parmi les 4.828 candidats ceux qu’ils enverront siéger au Bundestag, l’équivalent de notre Assemblée nationale. Le parti arrivé en tête de ce scrutin formera le prochain gouvernement, seul, ou à la tête d’une coalition.
Si la reconduite à la chancellerie d’Angela Merkel ne semble plus faire de doute[1], sa stratégie énergétique et climatique n’est pas des plus claires. Initiée progressivement depuis le début du siècle, l’Energiewende a, en effet, besoin d’un nouveau souffle.
AMBITIEUX TOURNANT
Ce ‘tournant énergétique’ est des plus ambitieux. Comme en France ou au Royaume-Uni, il prévoit d’abattre de 80% au moins les émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2050. Et pour ce faire, de développer massivement les énergies renouvelables, baisser la consommation d’énergie primaire, améliorer l’efficacité énergétique, électrifier le parc de véhicules. Singularité de la stratégie allemande: la fermeture des centrales nucléaires en 2022. Le fruit conjugué d’un important et ancien mouvement antinucléaire national et de la catastrophe de Fukushima.
ADIEU RDA
Une quinzaine d’années après son lancement, la transition énergétique à l’allemande marque le pas. Ce qui n’exclut pas certaines réussites indéniables. Entre 1990 et 2016, les émissions de CO2 ont chuté de 26%. Un chiffre à mettre principalement au crédit de la fermeture de l’industrie lourde de l’ex-République démocratique allemande, après la réunification.
330.000 SALARIÉS DANS LES ENR
Bien sûr, les énergies renouvelables, électriques notamment, ont connu une formidable accélération. Quasi inexistantes dans les années 1990, éoliennes, centrales à biomasse et parcs photovoltaïques produisent désormais le tiers du courant allemand. De quoi occuper en 2015 plus de 330.000 salariés. Pour autant, le secteur électrique (30% des émissions de CO2) peine à alléger son bilan carbone. Charbon et lignite produisant toujours 4 électrons sur 10, les émissions carbonées du secteur n’ont baissé que de 6% depuis 2000.
LES OBJECTIFS DE L’ENERGIEWENDE
Objectifs
Etat actuel
2020
2030
2040
2050
Réduction des émissions de GES (base 1990)
- 27%
-40%
-55%
-70%
-80 à -90%
Sortie du nucléaire
11 réacteurs fermés
Fermeture des 8 autres d’ici à 2022



Énergies renouvelables (% d’énergie finale consommée)
15%
18%
30%
45%
Au moins 60%
Efficacité énergétique (réduction de consommation d’énergie primaire, base 2008)
-8%
-20%


-50%
Véhicules électriques
30.000
1 million
6 millions



Pour financer le développement des énergies renouvelables et des réseaux de transport d’électricité, les consommateurs ont été mis à contribution. Résultat: le prix du kilowattheure (kWh) facturé aux particuliers a progressé de 50% entre 2007 (20 c/kWh) et 2017 (30 c/kWh). Cela étant, le montant moyen de la facture d’une famille allemande (978 €/an) reste inférieur à celui d’un ménage danois (1.121 €/an) ou américain (1.110 €/an).
Pour réduire l’inflation de la facture et les oppositions aux champs d’éoliennes terrestres, le gouvernement Merkel a réduit en 2014 le recours aux tarifs d’achat (comme l’a fait par la suite la loi sur la transition énergétique française) et plafonné à 2,5 gigawatts par an les nouvelles capacités éoliennes. Objectif: développer un maximum de capacités éoliennes en mer (6,5 GW) plutôt qu’à terre.
UN PLAN DE 17 MILLIARDS
Depuis 2000, à coups de soutien à la rénovation des logements, l’efficacité énergétique progresse d’environ 1,4% par an: une performance comparable à celle de la France. Ce n’est pas suffisant pour atteindre les objectifs finaux. Il faudrait, comme en France, doubler la mise. Raison pour laquelle le ministre de l’économie, Sigmar Gabriel, a lancé l’an passé un plan 2016-2020 d’amélioration de l’efficacité énergétique, doté de 17 Md€. Nous n’en sommes pas là de ce côté-ci du Rhin.
Comme partout (Norvège exceptée), la décarbonation des transports reste un vœux pieux. Malgré l’ambition fédérale de voir rouler un million de voiture zéro émission en 2020, on ne compte pour le moment qu’une trentaine de milliers de BMW, Volkswagen ou Audi électriques à sillonner les routes d’Allemagne, rappelle une récente note de France Stratégie.
LA PEUR D’IG METALL
En cause: le manque d’attractivité des modèles actuels, l’absence de bornes de recharge. Mais surtout une très puissante industrie automobile (400 milliards de chiffre d’affaires annuel et 800.000 salariés) qui peine à s’adapter à la nouvelle donne énergétique. Soutenue en cela par le très puissant syndicat IG Metall qui craint que la fabrication de véhicules électriques (plus simple que celle de voiture thermique) ne soit synonyme de réduction d’emplois.
Contrairement aux précédents scrutins, l’Energiewende n’est plus cette fois au cœur des débats politiques. Selon un récent sondage publié par le ‘think tank’ Agora Energiewende, plus de 3 Allemands sur 4 sont favorables à cette transformation énergétique. Ce qui n’exclut pas quelques grognements, à propos à la hausse du prix de l’électricité ou du développement des réseaux de transport d’électricité.
8.000 KM DE LIGNES THT
Pour mieux mailler les réseaux (il existe 4 gestionnaires de réseaux de transport) et acheminer l’électricité des champs offshore de la mer du Nord vers le sud du pays, 8.000 kilomètres de lignes THT supplémentaires doivent être tirés en 10 ans. Fin 2016, moins de 10% de ce programme avait été achevé. Pour mémoire, il aura fallu plus de 20 ans à la France pour tirer une ligne de transport de quelques dizaines de kilomètres, franchissant les Pyrénées.
Le rythme de la transition sera-t-il plus soutenu après les élections? Difficile à dire, tant les programmes des principales formations politiques restent flous.
Se préparant pour une éventuelle coalition avec Angela Merkel, les Verts sont les seuls à vouloir accélérer les processus en cours. D’abord en interdisant les voitures à moteurs thermiques d’ici la fin de la prochaine décennie. Ensuite en voulant fermer les centrales et les mines de charbon et de lignite. Objectif: que toute l’électricité consommée en Allemagne en 2030 soit d’origine renouvelable.
UNE UTOPIE RAISONNABLE
Utopique? Pas forcément. «La fin de la dernière mine de houille est prévue pour cette année»,rappelle le journaliste spécialisé Vincent Boulanger. Une commission a également été constituée pour imaginer les soutiens économiques qui pourraient être apportés aux régions productrices de lignite fermant leurs mines. Son rapport est attendu… après les élections. Par ailleurs, l’administration Merkel a déjà obtenu la fermeture définitive de 7 centrales au lignite d’ici 2020.
Le SPD, comme souvent, est moins révolutionnaire. Il suggère un remplacement progressif du charbon par le gaz naturel. A la grande joie du gouvernement russe. Le parti de Martin Schulz propose aussi d’adapter le montant des aides publiques aux énergies en fonction de leur bilan carbone.
SORTIR DU THERMIQUE
Sans surprise, la CDU d’Angela Merkel, soutenue par les Bavarois de la CSU, entend poursuivre la politique actuelle, tout en mettant un coup d’accélérateur à la transformation du paysage automobile. Dans une récente interview, la chancelière confirme qu’il faudra interdire les voitures à essence et au gazole. Sans toutefois fixer d’échéance. Les énergies renouvelables électriques verraient, elles, baisser progressivement leurs soutiens publics. Ce qui est déjà prévu.
Les plus petites formations ne sont pas sur cette longueur d’onde. L’AfD, le parti populiste de droite, et le FPD libéral prônent tous deux un abandon de l’Energiewende, tant pour des questions budgétaires que de sécurité d’approvisionnement en électricité.
Quelle que soit leur position, les programmes sont très insuffisants au regard des engagements pris par l’Allemagne, rappellent Christine Merk et Wilfried Rickels, chercheurs à l’Institut de Kiel pour l’économie mondiale (IfW). De quoi inquiéter industriels et syndicalistes de l’éolien, du photovoltaïque et de la métallurgie. Thyssenkrupp rappelait récemment que les voitures électriques, aussi, avaient besoin d’acier. A bon entendeur…
[1] Les sondages lui donnent entre 10 et 15 points d’avance sur son challenger le plus sérieux, Martin Schulz.
http://www.journaldelenvironnement.net/article/allemagne-quelle-suite-a-donner-a-l-energiewende,85717

31/08/17 : Des milliers de personnes ont manifesté en Allemagne contre le charbon
Du 24 au 27 août, des militants de toute l’Europe se sont retrouvés dans le nord-ouest de l’Allemagne pour y bloquer les centrales à charbon de l’énergéticien RWE. Ce qu’ils ont réussi à faire pendant près de 8 heures.
Cologne (Allemagne), reportage
L’aurore peut être troublante à proximité d’une gigantesque mine de charbon comme celle de Garzweiler : est-ce la brume, pleine d’une beauté mystérieuse, ou est-ce un smog matinal comme Pékin en connaît tant ? En cette fin du mois d’août, les quelque 3.000 personnes (selon les organisateurs) qui participent à l’action d’Ende Gelände (« Pas plus loin ») souhaiteraient attribuer la culpabilité du doute à l’entreprise propriétaire des quatre centrales à charbon du coin : RWE. Ils se sont réunis non loin de Cologne, en Rhénanie du Nord–Westphalie, pour perturber l’activité de cet énergéticien dont la ressource principale est le charbon : la source d’énergie parmi les plus émettrices de CO2.
À un mois des élections législatives allemandes, qui se tiendront le 24 septembre, il y a l’espoir de provoquer une prise de conscience dans l’opinion. Les militants veulent détruire l’image d’une Allemagne exemplaire sur le plan écologique. À cet effet, un chiffre se trouve sur toutes les lèvres : en 2016, l’Allemagne produisait 40 % de son électricité grâce au charbon. Un reproche à la chancelière aussi : l’année dernière, le gouvernement Merkel a introduit un plafond pour la croissance des énergies renouvelables, provoquant la colère des défenseurs d’une transition énergétique rapide.
Parmi les critiques de cette décision de la chancelière, on trouve Anton Hofreiter, président des Verts au Bundestag. L’homme politique s’est rendu sur le camp des militants dans la matinée du samedi 26 août. Le message qu’il portait était sans concession : « Rien n’a été fait pour faire baisser les émissions de gaz à effet de serre [GES] sous le gouvernement Merkel. Au contraire, on a imposé une limite aux énergies renouvelables », affirme-t-il.
Son propos est corroboré par les chiffres : entre 2011 et 2016, les émissions allemandes de GESont diminué de moins de 1 %. Ceci est à mettre sur le compte d’une exploitation presque stable des centrales à charbon au cours des dernières années. Outre-Rhin, on s’est pourtant fixé comme objectif une baisse de 40 % des émissions d’ici à 2020 (par rapport au niveau de 1990). Dans l’état actuel de la politique environnementale allemande, cette finalité relève de l’idéalisme.
C’est contre cette hypocrisie climatique qu’ont décidé de se réunir des militants de toute l’Europe. À quelques dizaines de kilomètres de Cologne, ils se sont retrouvés près des centrales de lignite de la compagnie électrique RWE, qui exploite cette ressource fossile plus émettrice encore que le charbon classique. Pour la quatrième année consécutive, les militants de Ende Gelände ont ainsi démontré la capacité de mobilisation de la société civile et son organisation sans cesse améliorée contre les activités contribuant au changement climatique.
Douze heures avec un groupe de militants
7 h 52 : Un groupe d’une cinquantaine de personnes part du camp pour une action à vélo. Les cyclistes s’en vont sous les applaudissements de ceux qui restent prendre le petit déjeuner végane payable avec une donation libre.
9 h 10 : Plusieurs groupes, disposés en cercles, font le bilan des actions de la veille. Un succès majeur est à souligner avec le blocage partiel de l’exploitation de Neurat pendant neuf heures. Les non-membres du groupuscule sont regardés avec méfiance lorsque le sujet de discussion tourne autour d’un projet aussi sensible que le blocage des rails d’un train ou l’irruption sur le terrain d’une centrale.
Ces nombreux groupes d’une dizaine de personnes témoignent du mode d’action choisi pour cette année. Plutôt que d’organiser un blocage avec plusieurs milliers de personnes, il a été jugé plus judicieux de multiplier les actes de sabotage en formant des groupes de 150 personnes. Chacun d’eux est constitué de plusieurs sous-groupes d’environ dix membres. Ces groupuscules prennent leurs propres décisions avant d’envoyer un délégué qui fera remonter le choix pendant une assemblée. Beaucoup de militants attachent une importance capitale à la structure démocratique de l’organisation et à sa capacité à inclure tout le monde dans la lutte.
12 h 13 : L’action principale de la journée débute. Environ 1.500 personnes, toutes vêtues d’une combinaison blanche, quittent le campement en scandant des slogans en plusieurs langues. Sur les épaules de ces militants de toute l’Europe, de lourds sacs à dos démontrent l’intention de bloquer l’activité des centrales le plus longtemps possible. La banderole du cortège de tête porte un message pertinent face aux critiques habituelles qu’entendent les militants environnementaux : « Il n’y a pas de jobs sur une planète morte. »
13 h : Après une demi-heure de marche, un premier barrage de police est aisément traversé. Les forces de l’ordre semblent dépassées et finissent par ne plus opposer de résistance aux manifestants. La foule est en liesse après ce premier succès.
13 h 38 : Soudainement, la manifestation se scinde en deux groupes qui descendent de la route principale pour traverser les champs entourant les centrales à charbon. Un camion vient en face à vive allure. Il s’arrête à la hauteur des militants. La porte arrière s’ouvre. En sortent deux membres d’Ende Gelände qui lancent aux protestataires des sacs de paille. Le cortège repart de plus belle, revigoré par l’idée que ces sommaires boucliers les épargneront, ne serait-ce qu’un peu, des coups de matraque de la police.
14 h 20 : Une nouvelle fois, les deux cortèges réussissent à percer un barrage policier constitué d’une quarantaine de fourgonnettes. Il ne reste plus que 200 mètres à parcourir avant d’atteindre les chemins de fer qui relient la mine de Garzweiler aux centrales de Frimmersdorf, Neurath et Niederaussem. Ce sont en tout 16 usines qui émettent ensemble plus de 175 tonnes de CO2 chaque jour.
15 h 23 : La situation a viré à la confrontation entre manifestants, police et propriétaire du champ piétiné, venu en tracteur prêter main-forte aux forces de l’ordre. Maintenant, trois groupes de chacun cinquante personnes se trouvent sur les rails. Le reste — plus d’un millier de militants — est encerclé par la police. Tous opposent une résistance passive et refusent de gagner les bus affrétés pour dégager les semeurs de trouble.
Vers 20 h, et bien que tout le monde n’ait pas encore regagné le camp, on tire déjà le bilan de la principale action d’Ende Gelände. Pour Christopher, c’est un succès : « 150 personnes bloquent les rails depuis plus de cinq heures. Voilà ce que nous souhaitions. » Il semble que la stratégie choisie pour cette édition ait été efficace : créer plusieurs groupes pour compliquer l’intervention de la police.
Et maintenant ?
Mais le blocage des chemins de fer est-il réellement synonyme d’arrêt des centrales à charbon ? Selon le directeur du service presse de RWE, la manifestation du samedi n’a eu aucun impact sur l’activité des exploitations : « Seule l’action de vendredi nous a poussés à diminuer de 750 mégawatts la puissance de la centrale de Neurath. Nous n’avons pas eu à modifier notre production samedi », explique Lothar Lambertz, avant d’ajouter que des poursuites judiciaires seront lancées contre les militants.
Néanmoins, cette manifestation a démontré deux faits cruciaux pour la suite du militantisme environnemental : celui-ci est non seulement capable de réunir plusieurs milliers de personnes de toute l’Europe, mais aussi de respecter le principe d’une désobéissance pacifique. Dans la journée de samedi, aucune violence collective n’a été délibérément exercée contre les forces de l’ordre. L’événement a ainsi pu renvoyer une image bien différente des manifestations contre le G20 à Hambourg. Une action prometteuse donc : du 6 au 17 novembre, en marge de la COP23, Ende Gelände compte bel et bien poursuivre le combat pour la justice climatique.
Madame Geisel doit bientôt quitter la ferme que sa famille occupe depuis 1721. Son village, Immerath, est déjà presque vide. Les habitants ont été déplacés à quelques kilomètres de là, dans une localité simplement nommée Neu Immerath (« Immerath-le-Neuf »). La décision était irrévocable : il s’agit pour l’entreprise énergétique RWE de continuer à exploiter le charbon dont regorge le sol du Land de Nordrhein-Westfallen. Alors quand on parle des actions des militants environnementalistes à cette agricultrice, elle hausse légèrement les épaules : « C’est trop tard pour nous maintenant. » Dès 2019, l’exploitation du charbon doit engloutir ce village déjà presque désert.
https://reporterre.net/Des-milliers-de-personnes-ont-manifeste-en-Allemagne-contre-le-charbon


25/08/17 : Allemagne : la facture très salée de l'électricité verte
La transition énergétique voulue par Angela Merkel coûte 28 milliards d'euros aux consommateurs. Une situation qui inquiète les milieux économiques.
La note commence à être vraiment salée pour nos voisins. Une étude de l'Institut de l'économie allemande (Institut der deutschen Wirtschaft, IW) effectuée pour le quotidien économique Handelsblatt montre que la transition énergétique en République fédérale coûte chaque année... 28 milliards d'euros aux consommateurs. Une famille utilisant 3 500 kilowatts-heure tous les douze mois doit ainsi payer en moyenne 270 euros supplémentaires pour financer la politique environnementale mise en place par le gouvernement.
Pour lutter contre le réchauffement climatique, Berlin avait voulu montrer l'exemple au reste du monde. En souhaitant produire 60 % de son énergie et 80 % de son électricité grâce aux renouvelables d'ici à 2050, notre voisin s'est fixé des objectifs très ambitieux. Afin d'arriver à ses fins, le gouvernement n'a pas ménagé ses efforts... et ses deniers pour encourager ses citoyens et ses entreprises à jouer la carte écolo.
Les entreprises touchées
La loi sur les énergies renouvelables (EEG) mise en place en 2000, qui garantit aux producteurs de courant vert un tarif d'achat supérieur à celui de l'électricité conventionnelle, s'est révélée être un véritable gouffre financier. Attirés par des prix garantis élevés, des centaines de milliers de foyers se sont équipés de panneaux solaires. L'Allemagne doit ainsi verser près de 24 milliards d'euros de subventions aux producteurs d'énergies renouvelables chaque année. Ce programme a déjà coûté 300 milliards d'euros et l'ancien ministre de l'Environnement, Peter Altmaier, a estimé que la note pourrait atteindre 680 milliards d'euros en 2022.
Ces aides publiques sont payées in fine par les utilisateurs par le biais de taxes sur leurs factures. Les prix de l'électricité des ménages outre-Rhin ont ainsi plus que doublé en un peu plus d'une décennie. Ils sont passés de 0,14 €/kWh en 2000 à plus de 0,29 €/kWh aujourd'hui. Une récente étude de l'Association allemande des industries de l'énergie et de l'eau (BDEW) montrait que 52 % de la facture d'électricité payée par les particuliers étaient composés de taxes et d'aides aux énergies renouvelables. Même si les groupes qui ont besoin d'énormément de courant pour faire tourner leurs usines bénéficient de tarifs préférentiels, les entreprises ne sont pas non plus épargnées par cette envolée des prix. Des experts estiment ainsi que la République fédérale aurait pu accroître ses exportations de 52 milliards d'euros de 2008 à 2013 si ses coûts énergétiques étaient comparables à ceux de ses cinq principaux partenaires commerciaux.
« Revoir la copie »
L'étude de l'institut IW confirme ce bilan. « La révolution énergétique a été lancée en prenant comme hypothèses de départ que les coûts de l'énergie resteraient gérables et que leurs hausses suivraient une tendance mondiale, critique dans les colonnes du journal Handelsblatt Barbara Minderjahn, la directrice générale de l'Association des producteurs industriels d'électricité (VIK). Ces deux postulats se sont révélés faux. »
Le président de la Fédération allemande de l'industrie (BDI) dresse le même constat. « Les calculs [d'IW] montrent ce que coûte réellement la transition énergétique, résume Ulrich Grillo. Et les entreprises ont peur que ces hausses continuent de s'accélérer » dans les années à venir. Le patronat souhaite donc que le gouvernement change drastiquement de politique. « La grande coalition doit revoir sa copie, préconise Carsten Linnemann, le président de l'Association des PME qui est également député du parti chrétien-démocrate (CDU). Les conséquences de la transition énergétique deviennent une menace pour l'attrait de l'Allemagne car elles risquent de dissuader les investisseurs et de provoquer des pertes d'emplois. » La note pour le moins salée payée pourrait en outre amener d'autres pays à renoncer à suivre le « modèle » allemand.
http://www.lepoint.fr/environnement/allemagne-la-facture-tres-salee-de-l-electricite-verte-25-08-2015-1958952_1927.php?M_BT=153180848512#xtor=EPR-6-[Newsletter-Matinale]-20150825

23/08/17Trente ans d’énergie éolienne en Allemagne 😠😠
Il y a trente ans, le 24 août 1987, la République fédérale d'Allemagne s’engageait dans une transition énergétique. C’est dans la commune de Kaiser-Wilhelm-Koog, tout au nord du pays, qu’est implanté le premier parc éolien, ouvrant la voie aux énergies propres. La commune de l’arrondissement de Dithmarschen est considérée comme le berceau de l’énergie éolienne.
En 1987, l’ancien ministre-président du parti chrétien-démocrate du Schleswig-Holstein Uwe Barschel inaugure le parc éolien avec le slogan "le vent toujours de face". Trente éoliennes alimentent désormais l’Allemagne. Un premier pas vers un avenir nouveau, même si les choses ont depuis bougé outre-Rhin.
Début 2016, l’énergie éolienne devient la source la plus importante de production électrique et remplace le lignite, un charbon très utilisé en Allemagne. La même année, 29,5 % des sources d’énergie sont renouvelables (l’énergie éolienne représente à elle seule 12,3 %), suivie par le lignite, le charbon, l’énergie nucléaire et, pour finir, le gaz naturel.
Et en France ?
Contrairement à l’Allemagne, la France joue la carte de l’énergie nucléaire. Mais depuis que le gouvernement s’est décidé à entrer dans la transition énergétique en 2015, la France est sur la bonne voie. Aujourd’hui encore, l’électricité en France provient à 75 % des cinquante-huit centrales nucléaires du pays, mais les énergies éolienne et solaire jouent désormais un rôle important pour un avenir plus propre. La France a d’ailleurs plusieurs atouts géographiques. Le littoral s’étend sur plus de 1 000 kilomètres et dans le sud, les nombreuses heures d’ensoleillement sont optimales pour l’utilisation d’installations photovoltaïques. La France produit actuellement 11 000 mégawatts grâce à l’énergie éolienne, tandis que l’Allemagne en produit plus de 40 000. Mais la France a l’intention d’augmenter sa production d’ici 2020.
http://info.arte.tv/fr/trente-ans-denergie-eolienne-en-allemagne

07/08/17 : La transition énergétique en Allemagne est un échec. Qui osera le dire ?
La transition énergétique en Allemagne est un échec économique et environnemental. Elle est aussi une menace pour le réseau européen d’électricité.
PAS DE VENT, PAS DE SOLEIL, PAS D’ÉLECTRICITÉ
Les Allemands semblent redécouvrir cette évidence dans la douleur.
L’Agence Internationale des Énergies Renouvelables (IRENA) affiche pour 2016 des parts respectives de l’électricité éolienne et solaire dans la production totale d’électricité du monde entier de 4,15% et 1,2%. Le fait que 13% des puissances électriques affichées ne produisent que 5,35% de l’électricité tient bien sûr au caractère intermittent (et souvent aléatoire) des énergies renouvelables.
L’étude de la situation en Allemagne, parfois présentée comme un modèle de vertu écologique, avec 20,1% de part d’électricité solaire et éolienne (contre 5,5% en France) est instructive. Les gigantesques investissements réalisés auraient dû conduire à une baisse de ses émissions globales de gaz à effet de serre (c’était l’objectif recherché et affiché).
Or, celles relevant de l’énergie (pas seulement de l’électricité) ont au contraire augmenté de 0,7% de 2014 à 2015, et de 0,9% de 2015 à 2016 ! L’objectif affiché de 18% d’énergies renouvelables en 2020 ne sera pas tenu (il n’est passé de 14,5% en 2015 qu’à 14,6% en 2016 !).
Et l’Allemagne triche dans ses statistiques quand elle se réfère à l’année 1990, date à laquelle elle a hérité d’usines du monde soviétique, au rendement déplorable, qu’elle a fermées l’année suivante.
L’ institut économique de Düsseldorf (Institute for Competition Economics, DICE) estime le coût du développement de l’Energiewende (transition énergétique) jusqu’en 2025 à 520 milliards d’euros. Le ministre allemand de l’Énergie a même évoqué 1000 milliards d’euros ! Le prix de vente de l’électricité au citoyen allemand est environ le double de celui d’EDF. De plus, c’est au charbon, et notamment à sa variante la plus polluante le lignite, que nos voisins font essentiellement appel, sans égard pour les risques sanitaires découlant de leurs émissions de particules fines 1 !
Les grandes compagnies d’électricité en Europe 2 sont en difficulté car elles sont concurrencées par une électricité subventionnée par les États (quand il y a du vent ou du soleil), avec priorité d’accès au réseau. Les grands réseaux de distribution de l’Europe sont déstabilisés par un marché de plus en plus fluctuant, d’un jour à l’autre, d’une heure à l’autre, au gré des vents et de la couverture nuageuse, avec parfois des prix qui atteignent des valeurs… négatives pour écouler les « surplus » (un consommateur est payé pour « consommer » ).
TRANSITION ÉNERGÉTIQUE : « L’ÉCOLOGIE » A BON DOS
Chacun peut s’estimer « écologiste » s’il aime la nature, les petits oiseaux, et s’il veut diminuer les pollutions pour protéger sa santé. Mais transformer l’écologie en une religion avec ses obligations et ses interdits est dangereux. Pour nombre de ses idolâtres, être écologiste, c’est avant tout être antinucléaire 3. C’est même l’élément fédérateur, la « colonne vertébrale » de l’écologie politique.
Or, toutes les statistiques montrent que, avec 75% de sa production d’électricité d’origine nucléaire, la France est exemplaire en Europe en matière de rejets de CO2 et d’émissions de particules toxiques ! Il y a donc écologie et « écologisme ».
Le gouvernement allemand, soucieux de la prospérité de ses entreprises, a manœuvré pour favoriser l’exportations d’éoliennes et de panneaux photovoltaïques en laissant croire que cela créerait des emplois locaux. C’est un échec total. Les panneaux solaires sont dorénavant fabriqués en Chine, et les constructeurs d’éoliennes font faillite les uns après les autres.
La Chine a signé l’accord de Paris sur le climat en partie parce qu’elle développe aussi un vaste programme de développement de centrales nucléaires (une vingtaine de réacteurs y sont en cours de construction) qui remplaceront ses installations au charbon. Avec la Russie, elle sera le grand exportateur nucléaire de demain.
La Grande-Bretagne compte réduire les énergies fossiles et s’appuyer sur le développement du nucléaire : il y est actuellement prévue la construction de 10 réacteurs EPR.
INTÉRÊT GÉNÉRAL OU INTÉRÊTS PARTICULIERS ?
L’administration européenne, acquise à la nouvelle doxa, pense peut-être de bonne foi (?) que l’intérêt général est d’accepter l’implantation d’éoliennes et de panneaux photovoltaïques. Une propagande efficace irrigue dans ce sens les sphères politiques et médiatiques.
En France, seul le milieu scientifique résiste (les Académie des Sciences, de Technologie, de Médecine, certains climatologues), mais ses avis (jugés non crédibles ?) paraissent superbement ignorés.
Inconsciemment (?), les grands médias, par ailleurs si prompts à dénoncer les conflits d’intérêt, favorisent des investisseurs privés aux somptueux revenus garantis par l’État. Des fortunes s’édifient sur le dos des contribuables !
EDF lui-même, mis au pas, déclare ouvertement que les énergies renouvelables et nucléaires sont complémentaires… C’est vrai uniquement pour l’hydraulique.
Mais comment une énergie aléatoire peut-elle être complémentaire d’une source d’énergie dont le coût provient principalement de l’investissement initial et non de son fonctionnement ? En clair, plus le nucléaire produit, moins il est cher car le combustible ne coûte presque rien dans la production.
UNE TRANSITION ÉNERGÉTIQUE AVEC DES HAUSSES DE TARIF À PRÉVOIR
En dépit des faits, les hausses prévisibles du prix de l’électricité sont d’avance imputées à l’énergie nucléaire, alors qu’elles proviennent principalement du développement des éoliennes et des panneaux photovoltaïques. Tout le système européen de production d’électricité est à réviser, car gangrené par les énergies renouvelables, mais il ne faut pas le dire !
Heureusement, des voix compétentes commencent à émerger de la propagande médiatique bien orchestrée à la fois par l’administration allemande et par les « écologistes » en France.
Puissent-elles être entendues !
La transition énergétique en Allemagne est un monumental échec et, de plus, une menace pour le réseau électrique européen. Mais quel responsable politique le reconnaîtra ? Et qui osera le dire publiquement ?
1-Ironiquement, les centrales à charbon émettent aussi plus de radioactivité que les centrales nucléaires !
2-Voir notamment www.sauvonsleclimat.org/fr/base-documentaire/electricite-renouvelable-intermittente-europe (vaste étude de Bernard Durand)
3-Il existe cependant une Association des Écologistes Pour le Nucléaire (AEPN) qui a de nombreuses sœurs à l’étranger…
Les prévisions climatiques allemandes en danger 5 Millions de tonnes de gaz à effet de serre en plus L’Allemagne vise d’ici 2020 une diminution significative de sa production de CO2.Mais au premier semestre de 2017 elle augmentée à nouveau. Ceci est démontré par les chiffres des émissions dont LE SPIEGEL a pu prendre connaissance.........Le gouvernement fédéral devra probablement abandonner de façon définitive l’idée d’atteindre son but envisagé pour 2020 de protéger le climat. …………………..
Deutschland will bis 2020 seinen CO2-Ausstoß deutlich senken. Doch im ersten Halbjahr 2017 ist er sogar wieder gestiegen. Das zeigen neue Emissionszahlen, die dem SPIEGEL vorliegen........
http://www.spiegel.de/wissenschaft/mensch/fuenf-millionen-tonnen-mehr-treibhausgase-a-1161374.html

01/08/17 Pendant ses 12 premiers mois, la plus haute éolienne du monde a produit 9 GWh 😏
C’est l’heure du bilan, pour la plus haute éolienne terrestre du monde… Au sud-ouest de l’Allemagne, sur un terrain à cheval entre Hausbay et Bickenbach, la machine du turbinier allemand Nordex a produit 9 GWh au cours de sa première année de fonctionnement.
Installée fin juin 2016, cette éolienne de 3,3 MW est dotée d’une tour de 164 mètres, pour une hauteur totale de presque 230 mètres. « Le volume d’électricité généré prouve, en particulier dans les régions ayant de faibles vitesses moyennes de vent,...
https://www.greenunivers.com/2017/08/pendant-12-premiers-mois-plus-haute-eolienne-monde-a-produit-9-gwh-166446/

28/07/17Loi de transition énergétique : attention au virage !

La coûteuse sortie de route de l’Allemagne dans son « virage énergétique » (« Energiewende » en allemand) devrait alerter les parlementaires français. Il ne faudrait pas aboutir au même désastre.
L’électricité y est deux fois plus chère qu’en France pour les particuliers, la consommation de charbon, de méthane et les émissions de gaz à effet de serre sont en hausse, et leur réseau d’électricité est fragilisé.
La loi de transition énergétique (LTE) comporte trois objectifs : 1) sécuriser nos approvisionnements, 2) contribuer à la lutte contre le changement climatique, 3) être plus compétitif pour améliorer l’emploi et la croissance.
Mais elle comporte aussi des objectifs politiques qui n’ont pas été soumis à une analyse économique, comme la réduction de 50% des émissions de carbone en 2050. Ils supposent de gigantesques financements et impliquent une importante dégradation du niveau de vie.
Quelques « belles âmes » ont fait croire aux Français qu’ils faisaient une bonne action pour la planète en réduisant de 90% les émissions de carbone du système électrique européen. C’est un chiffre qui sonne bien et fort. Mais, en réalité, cet effort herculéen diminuera seulement de 0,9% le carbone néfaste dans l’atmosphère. En effet, la production électrique française est déjà décarbonée à 90%, et elle représente seulement 4% de nos émissions globales de carbone. Plus de mille milliards d’euros vont être gaspillés en Europe pour, au final, repousser le réchauffement climatique de trois mois au maximum sur 50 ans…
Pour aboutir à cette absurdité, la Commission européenne a commis deux erreurs pendant ses travaux :
- La première a été de se laisser bercer par la musique des mots sans évaluer les bénéfices de la mise en œuvre de ses préconisations.
- La deuxième, a été de mettre en place deux trains de directives qui se télescopent : 1) D’un côté, il y a une politique de libéralisation des marchés européens de l’énergie (la même que celle mise en place pour les « télécom »). Elle possède sa logique : la concurrence et le consommateur sont au centre du dispositif. 2) D’un autre côté, et en même temps, il y a la directive européenne de 2008 sur le climat qui revient à multiplier les subventions sans aucune limite de coût. Elle place le producteur d’énergie renouvelable au centre du dispositif (et pas le consommateur) en lui donnant tous les moyens de produire les énergies les moins compétitives sous prétexte qu’elles sont vertes.
Ainsi, la Commission européenne dit d’un coté : « vive la concurrence » en privilégiant les consommateurs et les prix bas et simultanément et, d’un autre côté, « tout ce qui est vert doit être subventionné jusqu’à devenir compétitif dans 30 ou 40 ans ». Ces deux politiques sont contradictoires.
L’erreur fondamentale est de ne pas avoir appliqué une véritable analyse économique et de s’être laissé hypnotiser, comme souvent, par des mots séduisants : on « décarbone », on « sauve la planète », on va vers « un monde meilleur » grâce à « une politique ambitieuse ». Mais, en réalité, nos décideurs ne font pas l’effort de mettre en parallèle la dépense et le résultat escompté. Ils engagent les Européens, et donc les Français, dans une impasse.
Des lobbies puissants gravitent autour des énergies « vertes » dans le but d’obtenir des subventions pour les éoliennes et les panneaux photovoltaïques. Le consommateur et le contribuable paieront, même si, comme l’a déclaré le précédent Président de la République François Hollande à la télévision le 7 novembre 2014 :« Ca ne coûtera rien puisque c’est l’Etat qui paye » (! ?)
La France a aussi accumulé des erreurs dans l’élaboration de cette transition énergétique européenne. Elle a déjà une énergie décarbonée comme le sera peut-être l’énergie allemande en… 2050. Au lieu de dire « nous avons un avantage compétitif. Que les autres prennent exemple sur nous et nous rattrapent », nos décideurs ont considéré que tout le monde devait s’imposer le même effort sans égard pour le niveau déjà atteint !
Notre réseau électrique, interconnecté au réseau allemand, absorbe les énormes perturbations dues aux erreurs d’outre Rhin dans le développement disproportionné des énergies intermittentes (éolien et photovoltaïque). La faute à qui ? L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME), nos hommes politiques et « Bruxelles » vont bientôt se rejeter « la patate chaude ».
Dans les cabinets ministériels, des ombres discrètes ont fait prendre une décision délirante aux décideurs européens : la division par quatre de nos émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 (dit le « facteur 4 »). Elle aura un résultat insignifiant à l’échelle de la planète mais elle peut saborder notre niveau de vie. Qu’on divise par quatre ou par dix nos émissions de carbone en 40 ans retardera peut-être le réchauffement climatique mondial de quelques semaines ! Il faut dire la vérité et cesser de se laisser griser par la musique des mots.
Engager des centaines de milliards d’euros pour des objectifs politiques incantatoires et économiquement mal définis est une folie aux conséquences sociales dangereuses dans un pays qui s’étripe pour une allocation familiale rabotée et des congés parentaux diminués.
Influencés efficacement par des experts autoproclamés et des idéologues, quelques politiciens irresponsables concoctent aux Français un avenir faussement décarboné, faussement radieux et hors de prix.
Attention au virage !…http://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/loi-de-transition-energetique-195445

18/07/17 : Allemagne : des efforts sur les énergies renouvelables freinés par le transport
L’Allemagne a augmenté la part de son électricité produite par les énergies renouvelables à 35,1 % au premier semestre 2017. Une bonne nouvelle qui reste toutefois à relativiser : la part des énergies renouvelables dans les secteurs allemands du transport et du chauffage continue à être modeste.
35,1 % de l’électricité générés par les énergies renouvelables
L’Allemagne a augmenté la part de son électricité produite par les énergies renouvelables à 35,1 % au premier semestre 2017, selon un rapport de la Fédération allemande des énergies renouvelables (BEE). Celle-ci s’établissait déjà à 32,7 % en 2016 sur la même période. Avec ce nouveau record, l’objectif fixé par le gouvernement allemand de générer au moins 20 % de l’électricité du pays en 2020 à partir de sources d’énergies renouvelables devrait non seulement être atteint mais est d’ores et déjà dépassé.
Abandon du nucléaire civil d’ici 2022
L’Allemagne ambitionne d’abandonner progressivement sa production d’énergie nucléaire d’ici 2022. Cette décision est en partie à l’origine de la hausse constante de la part des énergies renouvelables dans son mix énergétique au cours de ces dernières années. C’est en 2011, au lendemain de la catastrophe de Fukushima (Japon), que la chancelière Angela Merkel a annoncé le choix du gouvernement allemand de mettre fin à l’atome civil dans le pays.
Dans le détail, la part de l’énergie éolienne terrestre dans le mix allemand est passée à 39,75 TWh entre janvier et juin 2017. Elle était de 34,71 TWh l’année précédente au cours de la même période. L’éolien offshore est quant à lui passé à 8,48 TWh sur le premier semestre tandis que le photovoltaïque solaire a progressé à 21,74 TWh, une modeste augmentation en comparaison des 19,30 TWh d’électricité déjà établies en 2016.
Décarbonisation amoindrie par le transport et le chauffage
Si ces chiffres constituent une bonne nouvelle en soi, leur impact sur la décarbonisation de l’Allemagne est cependant amoindri par d’autres branches d’activités qui continuent à être de grands émetteurs de gaz à effet de serre en dépit de quelques progrès enregistrés au fil des années. Ainsi en est-il des secteurs du transport et du chauffage, qui sont pointés du doigt par la BEE dans son rapport. Ce dernier démontre que les énergies renouvelables fournissent seulement 5,1 % de l'énergie consommée dans les transports, 13,6 % pour le chauffage.
L’utilisation toujours importante de la composante charbon-lignite et du fioul n’est pas étrangère à ce phénomène de disparité entre secteurs.
« Ce n'est qu'avec un engagement beaucoup plus grand en faveur de la propagation des sources d'énergie renouvelables – pour l'électricité, le chauffage et le transport – que nous pourrons atteindre les objectifs de l'Accord climatique de Paris et les objectifs exigés par l'Union Européenne en matière d’énergies renouvelables », a déclaré Harald Uphoff, le Directeur général de l’EBB. Qui est donc loin de donner son satisfecit sur la situation globale énergétique de l’Allemagne (pour aller plus loin, lire notre analyse Voiture électrique : dans quel pays est-elle la plus "propre" ?).
https://www.breezcar.com/actualites/article/allemagne-energies-renouvelables-35-100-production-globale-0717


08/07/17Éolien en Allemagne : vers une mise au pas des projets citoyens
En mai dernier, l’Allemagne découvrait avec surprise les résultats du tout premier appel d’offres dédié à l’éolien terrestre : 65 projets citoyens sur 70 lauréats (96% des 807 MW alloués). Un engouement assez inattendu de la part des citoyens – à l’heure actuelle, « seulement » un parc éolien sur cinq est détenu par des particuliers en Allemagne – et finalement assez suspect.
Exemptions contre-productives
Des citoyens qui raflent tout lors d’un appel d’offres commercial ultra concurrentiel. Trop beau pour être vrai ? On dirait bien. Intrigués par ces résultats proprement inédits, plusieurs experts allemands se sont penchés sur le détail des offres. Leurs conclusions, reprises par les médias allemands, tiennent en deux points. D’abord, les exemptions accordées aux Bürgergesellschaften (sociétés citoyennes) ont entraîné...
https://www.greenunivers.com/2017/07/eolien-allemagne-vers-mise-projets-citoyens-165110/

22/05/17 : Appel d’offres éolien en Allemagne : les citoyens font (beaucoup) mieux que les professionnels
Groß surprise vendredi dernier lors de la présentation des résultats du tout premier appel d’offres éolien terrestre en Allemagne : 96% des 807 MW obtenus sont « Bürgerenergiegesellschaften », c’est-à-dire des projets de coopératives citoyennes et non des dossiers présentés par des développeurs professionnels. Lesquels se sont révélés moins compétitifs. Ce qui fait dire à un développeur français, avec le sourire, que « l’überisation guette les énergies renouvelables ».
Bon marché, l’éolien citoyen
Lors de cette compétition inédite outre-Rhin, quelque 70 projets – avec une puissance minimale très faible, soit 0,750 MW – ont été retenus, sur 256 dossiers et 2 137 MW proposés au total ; 65 étaient présentés par des coopératives. Les prix ont été salués par Jochen Homann , le président de l’agence de l’énergie allemande, car ils correspondent à l’objectif ultime des appels d’offres : sortir les énergies renouvelables des subventions. De fait, le prix moyen de cette session inaugurale ressort à 57,1 €/MWh, avec un plus haut à 57,8 € et un plus bas à 55,8 €, selon les régions. Les noms des lauréats n’ont pas été dévoilés.
Personne n’avait vu venir ces projets participatifs, qui ne regroupent que 10 personnes physiques au maximum, car ils n’étaient pas soumis à la procédure de pré-qualification. Les projets devront désormais être réalisés dans un délai compris entre 24 et 30 mois.
Encore neuf sessions d’ici 2020
Deux autres rounds éoliens vont être organisés dans l’année afin de respecter l’objectif de 2,8 GW par an que prévoit la nouvelle stratégie allemande des énergies renouvelables. Elle consiste à limiter et non accélérer leur développement désormais. En 2014, année record, 4,7 GW éoliens ont été installés. L’année dernière, la puissance raccordée a encore atteint 4,26 GW, ce qui a été interprété comme un rush des développeurs pour profiter de la dernière année du guichet unique. Dans le cadre de l’appel d’offres, quatre nouvelles sessions sont programmées pour 2018 et trois pour 2019.
Dans l’Hexagone, le cahier des charges des futurs appels d’offres éoliens, pour des projets d’au moins 7 éoliennes, fait en théorie une place de choix au financement participatif, avec un bonus situé entre 2 et 3 €/MWh, en fonction de la proportion du financement (entre 20% et 40%) fourni par les citoyens ou les collectivités. Les capitaux nécessaires au développement éolien correspondent aux possibilités de certains acteurs du financement participatif, comme les Sociétés d’économies mixte (SEM) et les coopératives, mais pas à celles des plateformes de crowfunding.
https://www.greenunivers.com/2017/05/appel-doffres-eolien-allemagne-citoyens-beaucoup-mieux-professionnels-162704/

16/05/17Grosse frayeur : une pale d'éolienne tombe sur l'autoroute
Un chauffeur de poids lourd a échappé de peu à la mort, ce mardi, sur l'autoroute A33, quand une énorme pièce s'est abattue sur son véhicule.
Un accident spectaculaire a bloqué l'A33, une autoroute proche de Bielefeld, dans le nord-ouest de l’Allemagne, ce mardi matin.
Transportée par un convoi routier, une pale d'éolienne s'est détachée dans un virage : l'énorme pièce s'est abattue sur un poids lourd qui circulait à sa hauteur, barrant les deux voies de circulation.
Par miracle, le conducteur du camion fracassé n'a été que légèrement blessé, selon le "Frankfurter Allgemeinen".
http://www.ledauphine.com/france-monde/2017/05/16/grosse-frayeur-une-pale-d-eolienne-tombe-sur-le-camion

16/05/17 : Allemagne: une éolienne s'écrase sur une autoroute

Une éolienne s'est effondrée mardi sur un camion qui circulait sur une autoroute du nord-ouest de l’Allemagne, non loin de Bielefeld, selon le Frankfurter Allgemeine. L'accident, spectaculaire, a bloqué l'A33 dans les deux sens de circulation. Par miracle, le conducteur du camion, dont la cabine a été pulvérisée, n'a été que légèrement blessé.
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/05/16/97001-20170516FILWWW00322-allemagne-une-eolienne-s-ecrase-sur-une-autoroute.php

24/04/17L’éolien offshore n’a plus besoin de subvention en Allemagne
C’est une étape clé dans son développement que vient de connaître la filière industrielle de l’éolien en mer. Trois grands projets ont gagné l’appel d’offres organisé en Allemagne en ne demandant aucune aide publique. Une première mondiale.
Record hors-raccordement
Le gouvernement allemand lui-même ne s’attendait pas à ça. Les groupes Dong Energy et EnBW ont remporté l’appel d’offres avec des projets éoliens cumulant respectivement 480 et 900 MW. Ils ne bénéficieront d’aucun soutien de l’Etat et vendront l’électricité directement sur le marché. Un quatrième projet (110 MW) a été attribué à Dong Energy pour un prix cible de 60 €/MWh. A noter que le coût du raccordement n’est pas inclus dans les projets et sera pris en charge par le gestionnaire de réseau TenneT.
Convaincu par les prix historiquement bas proposés par les développeurs, Berlin a décidé d’organiser dans les prochains mois d’autres appels d’offres pour plus de 3 GW. Une occasion de renouveler le parc électrique vieillissant à moindre coût. En effet, le secteur des renouvelables se livre à une concurrence féroce sur les prix.
Age d’or des renouvelables
Le record allemand n’est pas un cas isolé. Depuis des années, les différents appels d’offres internationaux pour la construction de nouvelles installations électriques sont dominés par les énergies renouvelables. En concurrence frontale avec d’autres technologies (gaz, charbon, pétrole, nucléaire), les énergies renouvelables remportent la grande majorité des projets grâce à une durée de construction courte (2-3 ans en moyenne) et des coûts en chute libre. Des performances dues souvent aux conditions favorables de certains pays à l’instar du Chili qui a obtenu en août 2016 un prix de 25,6 €/MWh pour un projet photovoltaïque dans la région de Tarapaca (désert d’Atacama). Plus récemment, c’est un pays moins connu pour son soleil, le Danemark, qui affiche un nouveau record européen pour le solaire avec 17,3 €/MWh + prix marché spot.
Concentration
La chute des prix de vente s’est accompagnée d’un mouvement de concentration des acteurs du secteur pour faire face à la concurrence, notamment dans l’éolien. Récemment, l’Espagnol Gamesa a fusionné avec l’Allemand Siemens. Du coté français, il y a bien sûr Alstom Energie racheté par l’américain General Electric en 2015 et Adwen (Areva) absorbé par Siemens grâce à Gamesa. A noter aussi l’Espagnol Acciona passé sous le contrôle de l’Allemand Nordex. Ce mouvement de concentration vise également à faire face à la montée en puissance des acteurs asiatiques tels que le Chinois Goldwind, passé en 2016 en 1ère position détrônant Vestas à la surprise générale.
http://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/leolien-offshore-na-plus-besoin-de-subvention-en-allemagne-42830/

20/04/17 : Éolien offshore: comment les Allemands cassent les prix
Dong et EnBW vont pratiquement se passer de subventions pour leurs prochains parcs éoliens en mer du Nord allemande. Un choix très audacieux. Un article de notre partenaire, le Journal de l’Environnement.
Le 13 avril est passé inaperçu. Ce jour sera peut-être à marquer d’une pierre blanche tant la nouvelle est sidérante. Pour la première fois, des exploitants de parcs éoliens marins promettent pratiquement de se passer d’aide tarifaire, tant leurs coûts de production seront bas.
L’agence fédérale des réseaux (BNetzA) a en effet déclaré EnBW et Dong vainqueurs du dernier appel d’offres. Cette compétition portait sur la réalisation de 1.490 mégawatts (MW) de capacités, en mer du Nord.
4 Parcs marins
L’ancienne filiale d’EDF, EnBW, construira le parc de He Dreiht (900 MW) qui devra être raccordé au réseau en 2025. À l’énergéticien danois, Dong, la réalisation des parcs de OWP West (240 MW), Borkum Riffgrund West 2 (240 MW) et de Gode Wind 3 (110 MW). Ces trois installations doivent être mises en service en 2024.
Pour trois des quatre parcs, commente la BNetzA dans un communiqué, les électriciens prévoient de vendre leur courant directement au prix du marché (autour de 37 euros le mégawattheure). Seul le parc de Gode Wind 3 bénéficiera d’une prime estimée à 60 €/MWh.
4,4 €/MWH de subvention
Au total, le montant des subventions pour les futurs parcs de cet appel d’offres se situe aux alentours de 4,4 €/MWh. Du jamais vu! « Ces offres ont été très inférieures aux prévisions », concède Jochen Homann, le président de la BNetzA. Pour mémoire, les coûts de production des futurs parcs marins français devraient tourner autour de 220 €/MWh.
Comment expliquer des coûts aussi bas? Les sites sont particulièrement ventés: une vitesse moyenne de vent de 10 mètres à la seconde, « ce qui est la plus forte observée sur notre portefeuille », explique Dong. Les autorités allemandes ont accepté de porter de 25 à 30 ans la durée des concessions. L’énergéticien danois prévoit aussi de mutualiser les coûts de maintenance entre plusieurs de ses parcs marins.
Éoliennes de plus de 10 MW
Mais le plus important relève encore du pari. EnBW et Dong estiment que le prix de gros de l’électricité, sur le marché allemand, est appelé à se relever sensiblement ces prochaines années, rendant l’électron marin très compétitif. Très audacieux pour un marché qui souffre de surproduction. Mieux, les deux énergéticiens annoncent vouloir installer des turbines de 11 MW unitaires (pour EnBW) et de 13 à 15 MW unitaires (pour Dong). Or ces machines n’existent pas encore. Pas même à l’état de prototype. Les plus puissantes du moment, telle l’AD8 de 8 MW d’Adwen, sont actuellement en cours d’essai.
https://www.euractiv.fr/section/energie/news/eolien-offshore-comment-les-allemands-cassent-les-prix/

19/04/17 : Eolien offshore : l'Allemagne attribue les premiers parcs sans aucune subvention
La nouvelle a fait quelque peu sensation outre-rhin la semaine dernière. La Bundesnetzagentur, autorité fédérale en charge de l’attribution des concessions offshore, a annoncé les lauréats de la première phase de WindseeG, le nouveau plan fédéral d’implantation d’éoliennes en mer. Et à la plus grande surprise de tous, y compris de l’agence elle-même, des énergéticiens ont proposé des offres ne nécessitant aucune subvention publique.
Le groupe danois Dong a remporté trois champs : OWP West (240 MW), Borkum Griffrund West 2 (240 MW) et Gode Wind (110 MW). Les deux premiers ne bénéficieront d’aucune subvention et le dernier prévoit une aide de 60 euros/MWH. EnBW, énergéticien allemand basé dans le très terrien Bade-Würtemberg, a quant à lui remporté le gigantesque champ de He Dreiht de 900 MW, là encore sans demander aucune subvention.
Des turbines de 13 à 15 MW
Comment est-ce possible ? Plusieurs facteurs sont mis en avant par les lauréats, à commencer par la maturité de la technologie et ses avancées à venir. Dong prévoit ainsi d’équiper ses futurs champs de turbines de 13 à 15 MW anticipant la construction de ce nouveau gabarit de plateformes pour la mise en route des futurs champs en 2024. Le groupe danois prévoit également de regrouper les champs OWP et Borkum en un pour pouvoir réaliser des économies d’échelle et souligne le fait que l’extension, par l’agence fédérale, de la durée d’exploitation des machines de 25 à 30 ans permet une meilleure visibilité opérationnelle. Même son de cloche chez EnBW qui estime que son futur champ, qui démarrera en 2025, bénéficiera de « développements techniques rapides » et de synergies avec les champs voisins d’Albatros et de Hohesee.
Cette avancée illustre le nouvel élan de l’Energiewende, la politique de transition énergétique menée par l’Allemagne depuis son annonce du retrait progressif de l’énergie nucléaire. Après quelques années de flou, l’éolien offshore revient sur le devant de la scène, comme un des piliers du nouveau mix énergétique, offrant aux industriels des perspectives plus sereines et donc des capacités accrues d’investissement dans l’évolution des technologies.
http://www.meretmarine.com/fr/content/eolien-offshore-lallemagne-attribue-les-premiers-parcs-sans-aucune-subvention

18/04/17 : Quand l'éolien en mer se passe de subventions (Allemagne)

Certains projets allemands sont devenus très compétitifs.
Energie. : Pour la première fois, trois projets de parcs éoliens en mer en Allemagne se passeront totalement de subventions et prévoient de vendre leur électricité au prix du marché, à un niveau estimé à 33,40 euros par mégawattheure. Ce record pour une énergie renouvelable est rendu possible par les conditions propres à cet appel d'offres, mais il témoigne du fait que la production d'énergie éolienne en mer devient de plus en plus compétitive. En France, une nouvelle procédure dite de « dialogue compétitif » devrait permettre également de réduire les coûts.


16/04/17 : Des éoliennes volantes arrivent bientôt en Allemagne
L’énergéticien allemand E.ON s’est associé avec Ampyx Power pour développer des éoliennes qui planent au-dessus de nos têtes…
Pour oublier ses 15,45 milliards d’euros de pertes nettes accumulées ces deux dernières années, E.ONEOAN -1,22% préfère garder la tête dans les nuages… L’énergéticien s’est associé avec la société néerlandaise Ampyx Power pour mettre au point une éolienne volante capable de générer de l’énergie à moindre coût.
Le groupe allemand est parti d’un constat assez simple. Avec près de 27.270 éoliennes sur son sol, la république fédérale commence à manquer d’espace pour accueillir de nouvelles fermes.
Les turbines traditionnelles sont, en outre, de plus en plus coûteuses à construire et à installer. Un chantier d’assemblage d’un "moulin à vent" haut de 200 mètres coûte en moyenne 120.000 euros par… jour. Cette facture est encore plus élevée lorsque les éoliennes sont installées en pleine mer. Au large des côtes, la construction des fondations et des mâts au sommet desquels sont fixées des pales longues de 90 mètres représente 30% des investissements dégagés par les énergéticiens.
"Yoyo" volant
Cette course au gigantisme commence à atteindre ses limites. Une donnée physique pousse pourtant les exploitants à aller plus haut… Le vent est toujours plus fort à une altitude plus élevée. E.ON et Ampyx Power ont donc eu l’idée de mettre au point une éolienne aéroportée.
Leur système ressemble à celui d’un "yoyo". Un cerf-volant aux allures de drone et équipé de deux petites hélices effectue dans le ciel un vol en forme de "8" à une altitude comprise entre 200 et 450 mètres. Ce "planeur" génère de l’énergie lors de la phase de traction quand il s’éloigne et qu’il déroule la corde du treuil auquel il est rattaché qui entraîne un générateur électrique.
Lorsque le câble d’une longueur de 750 mètres est tendu, le cerf-volant redescend automatiquement, ce qui provoque le rembobinage du fil d’acier et le processus se répète ensuite indéfiniment. Le drone est relié à une petite plateforme flottante qui peut être installée en mer là où les vents sont les plus forts.
Un premier prototype capable de générer 250 kW, baptisé AP3, est actuellement opérationnel. Les 3 millions d’euros apportés par E.ON, selon le quotidien financier Handelsblatt, vont permettre à Ampyx Power de construire un site de test en Irlande. Dès 2020, la société néerlandaise compte produire des cerfs-volants de 2MW qui pourront concurrencer directement les éoliennes "traditionnelles". Cette initiative n’est pas unique en son genre.
Google dans la course
En 2013, GoogleGOOG -0,09% a racheté la start-up californienne Makani Power qui produit également des éoliennes volantes fonctionnant comme un "yoyo". La société italienne KiteGen a, elle, mis au point un modèle plus simple ressemblant à un cerf-volant traditionnel. La compagnie américaine Altaeros teste, pour sa part, une turbine intégrée à un ballon. Baptisée "The Bat" et conçue par le MIT de Boston, cet aérostat gonflé à l’hélium de 10 mètres de diamètre vole à une altitude comprise entre 300 et 600 mètres. Son hélice centrale produit de l’électricité qui est transférée à la terre par des câbles métalliques.
E.ON s’est également associé au mois de décembre au pétrolier Royal Dutch Schell et au géant Schlumberger pour investir 5 millions de livres sterling dans la société britannique Kite Power Systems qui a développé un cerf-volant "yoyo". La reconversion de l’énergéticien allemand dans l’éolien n’est pas le fruit du hasard.
La décision inattendue d’Angela Merkel d’ordonner la fermeture des centrales nucléaires allemandes au lendemain de la catastrophe de Fukushima et les critiques liées à l’utilisation des centrales à charbon polluantes ont conduit E.ON à se séparer de ses activités d’énergies fossiles en les introduisant en Bourse à l’automne dernier. Pour survivre, le groupe doit aujourd’hui compter sur l’aide d’Eole…

11/04/17Le tournant énergétique allemand est un «désastre»

Fritz Vahrenholt, ancien élu socialiste allemand actif dans le domaine de la protection de l’environnement et manager du secteur énergétique, s’exprime sur la politique énergétique allemande et sur la Suisse qui, à son avis, devrait éviter de suivre l’exemple allemand.
Reprise autorisée et raccourcie de l’interview de Dominik Feusi, «Basler Zeitung (BaZ)» du 18.02.2017
BaZ: Vous avez qualifié la politique énergétique allemande de «désastre». Pourquoi?
Fritz Vahrenholt: Pour commencer, le gouvernement allemand a décidé en l’espace d’un week-end après le tsunami au Japon de renoncer à l’énergie nucléaire qui, jusque-là, assurait la capacité électrique de base pour l’industrie allemande. Depuis, le gouvernement allemand tente de remplacer cette ressource énergétique sûre et fiable par une production électrique variable basée sur le soleil et le vent. C’est insensé et en réalité tout le monde le sait.
Moi, je ne le sais pas, Alors expliquez-moi.
50 à 100 jours par an, parfois durant des semaines entières, nous n’avons ni vent ni soleil. Pendant ces périodes, ces équipements produisent moins de 10% de nos besoins en énergie. Quand le vent souffle et que le soleil brille, il y a trop d’électricité dans le réseau et, comme nous n’avons pas de capacité de stockage, nous sommes contraints de déclencher les éoliennes. Nous avons un problème qui s’aggrave constamment – soit nous avons trop d’électricité, soit nous n’en avons pas assez.
Commençons par le début. L’énergie nucléaire n’a pas d’avenir, tout de même!
C’est ce que la politique a décidé alors que les centrales nucléaires allemandes n’ont suscité ni critiques, ni craintes sérieuses quant à leur sécurité.
La Suisse a prévu de laisser produire les centrales nucléaires aussi longtemps que leur sécurité le permet.
C’est intelligent. Vous gagnez ainsi du temps jusqu’à ce que l’on dispose éventuellement de technologies avantageuses de stockage énergétique.
Et les déchets radioactifs?
La problématique du stockage final des déchets radioactifs doit être résolue indépendamment du fait que les centrales nucléaires tournent pendant 30, 40 ou 50 ans. Après Fukushima, seule la Suisse et l’Allemagne ont décidé de lancer un tournant énergétique. Même le Japon continue de miser sur la force nucléaire et sur le charbon. La dernière centrale nucléaire allemande sera arrêtée en 2022. Il n’y aura alors plus d’approvisionnement fiable dans le sud de l’Allemagne. Nous dépendrons de plus en plus des forces de la nature si, par la suite, nous renonçons aussi aux centrales au charbon ou au gaz.
Il suffit d’installer suffisamment de centrales éoliennes et solaires…
Non, même si vous triplez la capacité éolienne, la production est quasiment égale à zéro par calme plat. Le même constat vaut pour le solaire, notamment la nuit. La quantité de courant produite par les éoliennes équivaut à 90 jours par an de production à pleine puissance. Pour les installations photovoltaïques, on ne compte même que 35 jours par an à plein rendement. Ces simples chiffres font comprendre que, faute d’un stockage énergétique suffisant, il est impossible de garantir un approvisionnement fiable avec ces ressources.
Pourquoi cela est-il si important?
Il faut avoir conscience de ce que le système en place doit produire. A chaque fois qu’un besoin d’électricité se déclenche quelque part, le système doit immédiatement fournir l’électricité demandée. Si un soir d’hiver on enclenche les projecteurs illuminant le stade du FC Bâle, la demande en électricité doit être satisfaite dans les secondes qui suivent. L’énergie solaire ou éolienne ne permet pas d’augmenter instantanément la production.
La production excédentaire allemande menace aussi notre force hydraulique.
Nous disposons en Allemagne de 50000 mégawatts de puissance éolienne. Lorsque toutes les éoliennes produisent, nous devons d’abord stopper les centrales au charbon et au gaz, mais ensuite même des éoliennes, faute de quoi le système s’effondre. Si cela ne suffit pas, nous envoyons de l’électricité à l’étranger et nous détruisons de la sorte l’approvisionnement national des pays voisins. A l’inverse, nos voisins doivent nous soutenir lorsqu’il n’y a plus de vent. Les Polonais n’acceptent plus cela. Ils ont installé des déphaseurs à leurs frontières pour empêcher que l’électricité excédentaire allemande leur parvienne. Les Tchèques en feront bientôt autant.
La Suisse pourrait-elle agir de même?
Je peux tout à fait m’imaginer que ce débat commence bientôt en Suisse et que l’on se pose la question suivante: «Sommes-nous réellement obligés de supporter les conséquences de la politique énergétique téméraire et mal calculée de l’Allemagne?» Il existe sans doute des gens en Suisse qui répondront non à cette question. Je les comprends parfaitement.
LES ÉOLIENNES DÉTRUISENT LES PAYSAGES ET LES ALENTOURS DES VILLAGES. CONSÉQUENCES: DE PLUS EN PLUS D’INITIATIVES CITOYENNES SONT LANCÉES EN ALLEMAGNE POUR S’OPPOSER À LEUR CONSTRUCTION.
Quelle menace représentent les éoliennes?J’ai moi-même fondé en 2000 une entreprise de force éolienne et je l’ai développée. Je connais donc très bien cette technologie. Il ne me serait jamais venu à l’esprit de croire que l’on envisagerait de faire fonctionner un réseau de chemins de fer avec une énergie aussi variable. Nous devons tous nous en rendre compte. Les éoliennes n’ont pas que des avantages. Nous devons tous apprendre cela. En Allemagne on projette de construire en moyenne tous les 2,7 km une éolienne alors que nous savons bien que ces équipements font disparaître les oiseaux rapaces, les chauves-souris et d’autres espèces menacées. Le milan rouge est menacé. Les effectifs des 26 espèces les plus importantes d’oiseaux chanteurs sont en baisse. Les conséquences nuisibles des éoliennes pour les espaces vitaux des plantes et animaux sont énormes. Si une centrale nucléaire avait autant d’effets destructeurs sur la nature que les éoliennes, il y a longtemps qu’on l’aurait arrêtée.
Pourquoi les organisations de protection de la nature se taisent-elles?
La raison profonde est la suivante: le parti politique des verts a fait du tournant énergétique son programme et il poursuit ce programme coûte que coûte. Les verts allemands n’ont en réalité jamais été un parti de protection de l’environnement, mais un parti anticapitaliste qui s’engage contre l’énergie nucléaire et l’industrie. Voilà pourquoi la flore et la faune ne les intéressent que marginalement. Il existe des organisations de protection de la nature qui sont sur cette ligne politique et d’autres qui se préoccupent effectivement de la protection de la nature. Pour les premières, le tournant énergétique est plus important que la protection de la nature.
Mais on constate tout de même des résistances contre les éoliennes.
Oui. Il existe dans les campagnes un énorme potentiel de protestation politiquement de droite. Cela me rappelle – et la chose ne manque pas d’ironie – le début du mouvement antinucléaire. Aujourd’hui la réalité est la suivante: le rêve des élites urbaines d’un approvisionnement énergétique prétendument propre est réalisé aux dépens des populations campagnardes qui y perdent leur patrie.
Quels sont, financièrement, les gagnants et les perdants dans cette affaire?
Celles et ceux qui touchent des subventions pour leur toit solaire ou qui participent à un fonds pour des éoliennes n’appartiennent en règle générale pas aux couches les moins aisées. Les salariés, les assistés sociaux, les habitants d’immeubles locatifs – voilà les gens qui doivent passer à la caisse pour financer les rendements confortables que l’Etat garantit pendant vingt ans aux nantis.
Pour vous, il y a deux manières de participer à ce développement: fermer les yeux et continuer sur la même voie ou corriger.
Il faudra bien tôt au tard corriger – au plus tard après les premiers effondrements du réseau électrique. Mais plus nous attendons, plus les difficultés seront grandes. Si dans dix ans nous avons une batterie fantastique qui coûte 5 centimes d’euro par kilowattheure, les choses pourront peut-être s’arranger. Mais c’est là une politique basée sur de vagues espoirs. Je ne prendrai pas de pari sur elle et, comme responsable politique, je n’engagerai certainement pas une nation sur cette voie.
https://loi-energie-non.ch/blog/le-tournant-energetique-allemand-est-un-desastre/

22/03/17 : La Transition Énergétique Allemande, UNE COLOSSALE ERREUR !
Avec plus de 45 000 MW, l’Allemagne a bien en effet le plus gigantesque parc éolien industriel européen. En 2015 le territoire allemand était déjà saturé d'éoliennes industrielles.
Persistant dans le déploiement de cette forme d'énergie, l'Allemagne tente de continuer à en implanter malgré une résistance de plus en plus importante de la population et à établir des groupes d'éoliennes off-shore sur ses eaux territoriales, mais à des coûts nettement supérieurs aux installations terrestres.
Malgré l’augmentation de ces installations terrestres et offshores, l'éolien allemand n’a toujours pas permis à ce pays de réaliser son vœu le plus cher : fermer ses centrales nucléaires. Et il est à parier que cela ne sera pas facile d’y arriver. Jamais les énergies intermittentes comme l’éolien ne permettront de fermer des moyens pilotables tant que le stockage massif de l’électricité ne sera pas une réalité. Le vent n'y produit qu'environ 13% de l'électricité générée par ce pays. Cet exemple devrait faire réfléchir les autres pays car il démontre qu'à l'échelle d'un pays comme l’Allemagne, avec 13% d’éolien dont 1% d’offshore, cette énergie est condamnée à rester marginale. Même à coup d’investissements colossaux et de patrimoines culturels et naturels sacrifiés.
Cette impasse a été clairement analysée dans un article du Wall Street Journal du 13 avril 2016, « Le Fiasco de l'énergie verte en Allemagne risque d'empirer (Berlin’s renewable energy fiasco is about to get even worse) » (*), donc voici quelques extraits : « Depuis 2000, l'Allemagne a dépensé quelque 228 milliards de dollars pour transformer son industrie de l'énergie en un rêve vert. Le système actuel des subventions et des tarifs obligatoire de rachat de l'électricité renouvelable à des prix supérieurs au marché, a conduit à une prolifération de constructions solaires et de ferme éoliennes .L’éolien fournit 13% des énergies renouvelables en ajoutant le solaire (6%) et l’Hydraulique (3%), la biomasse (7%) presque un tiers de l'électricité produite en Allemagne.
Mais les énergies renouvelables ne semblent pourtant jamais en mesure d’atteindre les prix que les fervents supporteurs promettent, et avec des coûts qui montent en flèche, Berlin aura besoin d'un moyen moins coûteux pour augmenter la capacité renouvelable et d’ atteindre son objectif auto-imposé de 45% de la production d'électricité d'ici 2025. La transition Energétique allemande qui maintenant à 16 ans, a déjà détruit le marché de l'énergie du pays, dans sa quête à vouloir sevrer l'économie de combustibles fossiles et d'énergie nucléaire. Les distorsions du marché causées par une énergie chère et non fiable ont déjà poussé les services publics allemands à compter davantage sur les centrales électriques au charbon ou à lignite bon marché et sales pour compenser le manque à gagner lorsque les sources renouvelables ne peuvent pas répondre à la demande.
Un autre problème avec les éoliennes c’est qu'il faut construire des nouvelles lignes électriques coûteuses et inesthétiques allant du nord de l'Allemagne ou il y a du vent vers le sud industriel. C'est ce qui explique pourquoi cette énergie tombe progressivement en disgrâce, Mille milliards de dollars c’est ce qu’il faudrait sur les décennies à venir, et les émissions de charbon en hausse qu’elles engendrent conduisent à l'une des gaffes plus monumentales de la gouvernance moderne alors que Berlin aime s’autoproclamer comme le modèle de l'énergie verte pour le reste du monde. C’est vraiment réussi ! »
L’Allemagne se trouve aujourd’hui face à ce problème toujours pas résolu et qui ne le sera jamais : il y a du vent « exploitable » dans les länders proches de la Mer du Nord alors que l’industrie est essentiellement concentrée au sud du pays, là où le vent est beaucoup plus capricieux. Les partis verts s’opposent à la construction de lignes électriques à très haute tension pour acheminer l’énergie « verte ». Tous ces exemples illustrent l’incohérence totale de la politique énergétique allemande et par contre coup européenne et les dégâts irréversibles sur l’environnement qui en résultent.
Plus grave malgré sa réputation mensongère d'énergie "propre" et son déploiement massif, l'éolien industriel allemand ne parvient pas à peser significativement sur la diminution des émissions de CO2 du système électrique allemand. Il faut impérativement que savoir 50 % de l’électricité produite par l’Allemagne est faite avec de la lignite (24%) du charbon (18%) et du gaz (8%). Cette vérité incontournable est totalement cachée aux français pour ne pas détruire l’image médiatique du modèle écologique que l’Allemagne a imposé à l’Europe. Pourtant depuis des décennies l’Allemagne pollue massivement l’Europe. Et on peut même s’interroger sur les causes exactes de la pollution qui ont conduit la mairie de Paris et la Ministre de l’Environnement Ségolène Royal à recourir à la circulation alternée ou « différenciée » pour essayer de maitriser ce fléau sur la capitale, alors qu’au même moment les centrales à lignite de l’Allemagne crachaient à pleine capacité les et recouvraient silencieusement et sans protestation, l’Europe de CO2 et de particules fines fortement nocives à la santé ?
Mme Ségolène Royal la « chantre de la voiture électrique » devrait aussi se poser la question de son efficacité pour résoudre ce problème, car si toute voiture électrique ne pollue pas par ses gaz d’échappement là où elle circule, cela n’implique pas qu’elle ne soit pas polluante, aussi. Tout dépend d’où provient cette électricité. Elle ne l’est affectivement pas quand la source est hydroélectrique ou nucléaire, en revanche elle l’est beaucoup quand elle provient de centrales thermiques au charbon, comme en Allemagne, ou d’énergies «intermittentes »comme l’eolien et le solaire qui ont toujours besoin de centrales thermiques quand il y a ni vent, ni soleil.
Parler du côté sombre de la transition énergétique n’est « pas correct » politiquement. Il faut garder le silence. Pourquoi? Pourtant les faits sont têtus. La transition énergétique allemande « Energiewende » a donné naissance à un monstre et une énorme prolifération d’éoliennes et des panneaux solaires, des lignes électriques HT, des pylônes et des transformateurs électriques et elle menace notre pays et toute L’Europe. Les derniers paysages non détruits et les réserves naturelles sont en passe d’être massacrés aussi. ??En copiant le modèle Allemand la France a pris le pire des modèle pour sa « Transition Energétique » En plus notre Agence de Maitrise de l’Energie ( ADEME) ose ressasser depuis plus de 10 ans que la France est en retard sur ce pays !
Eolien, une catastrophe silencieuse, Editions du Toucan, 15 euros

13/03/17
L'énergie verte peut causer la plus grande faillite dans l'histoire de l'Allemagne

L'une des plus grandes sociétés de fabrication de l’électricité de l'Allemagne est confrontée à la faillite en raison des gigantesques montants financiers qu’elle doit dépenser dans l'énergie verte, selon un rapport publié mercredi par le journal allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung.
Le fabricant allemand (RWE) Rheinisch-Westfälisches Elektrizitätswerk a été contraint par le gouvernement de fermer plusieurs de ses réacteurs nucléaires rentables et de construire des parcs éoliens coûteux et des fermes solaires. La décision du gouvernement pour remplacer les réacteurs nucléaires par Del ‘éolien et du solaire a couté plus de plus 1100 milliards de dollars. La société a 46% de chance de faire faillite dans les deux prochaines années, selon les groupes d'investissement.
"C’est le désespoir total qui est derrière ces projets En effet, RWE a besoin d'énormes quantités d'argent très prochainement, surtout pour sa sortie du nucléaire, a déclaré mercredi le "Frankfurter Allgemeine Zeitung. "Un bon de 10 milliards d'euros ont déjà été réservés. Mais cela suffit à peine.
L'offre publique initiale (IPO) est censée générer les ressources supplémentaires nécessaires.
RWE ne peut pas se permettre d'accumuler plus de dettes. Il est déjà endetté de 45 milliards € [50 milliards $ en] au passif à long terme sur son bilan, presque huit fois son capital, un taux menaçant, tandis que les agences de notation ont donné RWE juste au-dessus d statut des sociétés « pourries ».
Les bénéfices globaux de RWE ont chuté de près de 10 % entre 2014 et 2015 et sont prévus pour chuter de 14 %. L’idée de l'entreprise de vendre des actions à risques est une tentative pour essayer de réunir les fonds nécessaires pour éviter la faillite.
"Si l'introduction en bourse se passe mal, alors RWE est - comme il est d'usage pour les entreprises sans avenir - un cas pour les dirigeants,". "Ce serait la plus grande faillite de l'histoire économique allemande." a le poursuivi le journal
Le seul espoir de RWE pour éviter la faillite peut être est d’entreprendre une action en justice par les services publics allemands contre le gouvernement pour un montant de 21 milliards $ de dommages-intérêts en raison du plan de l’Allemagne de fermer tous les réacteurs nucléaires d'ici 2022.
Le plan d'arrêt a certainement fait d'énormes dégâts aux services publics, en détruisant leurs principales sources de profit et par l'augmentation du prix de l'électricité dans toute l'Allemagne. L'Allemand moyen paie 39 cents par kilowattheure pour l'électricité grâce au soutien financier intense pour l'énergie verte. L'Américain moyen ne dépense 10,4 cents par kilowattheure.
Le déclin de l'énergie nucléaire a créé une aubaine pour l’industrie du charbon, selon un article de Voice of America publié en Novembre. Le charbon fournit maintenant 44 pour cent de la puissance électrique de l'Allemagne, malgré le fait que les cendres de charbon soient en fait en fait plus radioactives que les déchets nucléaires.
En l'an 2000, l'énergie nucléaire représentait 29,5 % de l'énergie de l'Allemagne. En 2015, la part est tombée à 17 pour cent, et en 2022 le pays a l'intention toutes ses centrales nucléaires arrêtées. Ce changement a causé une augmentation par an de de 28 millions de tonnes du dioxyde de carbone (CO2) de l'Allemagne près la politique de changement concernant le nucléaire. Le gouvernement de l'Allemagne a décidé d'abandonner l'énergie nucléaire après la catastrophe nucléaire de Fukushima Daiichi au Japon ce qui a galvanisé l'opposition.
L’électricité éolienne nouvelle est presque quatre fois plus cher que l'électricité provenant des centrales nucléaires existantes selon l'analyse de l'Institut de recherche sur l'énergie. La hausse du coût des subventions a été transférée sur les contribuables modestes tes, ce qui a déclenché des plaintes pour dénoncer les fait que les ménages pauvres
http://www.epaw.org/echoes.php?lang=fr&article=n528
http://dailycaller.com/2016/07/06/green-energy-could-cause-the-largest-bankruptcy-in-german-history/9/

13/03/17Transition énergétique : une catastrophe financière en Allemagne

Le géant allemand de l'électricité E.on prévoit 12,4 milliards d'euros de pertes, et peut être davantage, et son concurrent RWE, 5,7 milliards. 1000 emplois sont menacés
La transition énergétique risque de mener à un effondrement complet du secteur de la production d’électricité en Allemagne.
LE GÉANT DE L’ÉLECTRICITÉ PERD PLUS DE 12 MILLIARDS
La dernière nouvelle est que le géant allemand de l’électricité E.on s’attend à afficher une perte massive de 12,4 milliards d’euros pour l’année 2016, écrit le site NTV News ici. Prenant garde à ne pas relier cette perte à la politique allemande en situation d’échec sur les renouvelables, NTV pointe du doigt la filiale de E.on, Uniper et ses sorties de bilan pour sa « séparation du secteur des centrales nucléaires » et les « prix de gros qui ont fortement chuté ».
L’action E.on a chuté de 7,57 euros en début de semaine à 6,98 euros jeudi en début de matinée, avant de regravir la pente jusqu’à 7,15 euros lors de la séance du vendredi.
Le chiffre des pertes n’est qu’une estimation préalable, le vrai résultat sera connu le 15 mars. Mais Handelsblatt écrit que les pertes pourraient être encore plus lourdes. « Ce sera encore pire » disent des sources à l’intérieur de la compagnie.
Handelsblatt rapporte aussi qu’au moins 1000 pertes d’emplois sont planifiées par E.on, dans un effort pour ramener sous contrôle la situation des coûts.
TRAUMATISME FINANCIER MASSIF
Il y a juste quelques jours, NTZ écrivait qu’un autre des producteurs majeurs d’électricité en Allemagne, RWE, a aussi affiché des pertes stupéfiantes de 5,7 milliards d’euros.
Les pertes de E.on viennent à la suite d’un déficit de 7 milliards d’euros subi par le géant allemand en 2015.
Autrefois solidement profitables et fournisseurs d’emplois stables et bien payés de techniciens et d’ingénieurs, l’industrie traditionnelle allemande de la production d’électricité a beaucoup souffert depuis que la transition énergétique a vraiment pris effet. Des emplois ont été perdus par milliers.
Le réseau allemand de distribution d’électricité était autrefois considéré comme un des plus stables au monde, fournissant aux consommateurs une électricité bon marché et fiable, mais il s’est depuis détérioré du fait des conditions de marché distordues et des énormes fluctuations de la production éolienne et solaire qu’on lui impose d’absorber.
https://www.contrepoints.org/2017/03/13/283788-electricite-renouvelables-catastrophe-financiere-allemagne?utm_source=Newsletter+Contrepoints&utm_campaign=3113bd2a18-Newsletter_auto_Mailchimp&utm_medium=email&utm_term=0_865f2d37b0-3113bd2a18-113970649&mc_cid=3113bd2a18&mc_eid=7562c94020

10/03/17 : Allemagne : série noire pour les éoliennes

En moins d'un mois, quatre éoliennes géantes ont été détruites en Allemagne. En cause : un mécanisme complexe qui régule mal la puissance des turbines.
Pale tordue par le vent, nacelle écrasée sur le sol en raison du bris du mât… Les images d'éoliennes géantes détruites en Allemagne sont impressionnantes et inquiétantes. Une route nationale a même dû être fermée pendant une demi-journée pour permettre aux techniciens de démonter une pale qui risquait de s'effondrer.
La loi des séries n'explique pas tout. Les enquêtes ont montré que les quatre accidents qui se sont produits entre le 11 décembre et le 3 janvier dans quatre régions éloignées les unes des autres avaient tous la même cause. Le système de régulation aérodynamique actif (« pitch control ») de ces modèles assez anciens, construits entre 1999 et 2002, ne limite pas assez rapidement la puissance des éoliennes lorsque le vent souffle trop fort. Ce mécanisme, qui permet de faire varier l'angle de calage des pales sur le moyeu à l'aide de vérins hydrauliques, est complexe et exige un entretien régulier.
Les deux modèles quasiment identiques impliqués dans les quatre accidents « réagissaient trop lentement », a expliqué au magazine Spiegel un des porte-parole d'Enertrag, un sous-traitant en charge de la maintenance de deux des quatre turbines détruites. Ces systèmes de régulation potentiellement défectueux seraient aujourd'hui présents sur environ 1 950 éoliennes en Allemagne . La Fédération fédérale de l'énergie éolienne (BWE) estime qu'il n'est pas forcément nécessaire de changer ces pièces coûteuses si les opérateurs les révisent régulièrement, mais le doute commence à s'installer outre-Rhin.
Des accidents impressionnants
L'Allemagne compte 27 270 « moulins à vent » sur son sol. En 2016, 1 624 nouvelles turbines ont été installées et 336 modèles anciens ont été démontés. Si la technologie permet de mettre au point des éoliennes de plus en plus puissantes et de moins en moins dangereuses, des défauts de fabrication ou la casse de certaines pièces peuvent provoquer des accidents très impressionnants. Le plus fréquent est le bris de pales. Mais des incendies ont déjà détruit des turbines, notamment en Allemagne et en Angleterre.
Un système de freinage défectueux peut même provoquer l'explosion de la nacelle comme le montre cette impressionnante vidéo tournée au Danemark. Lors d'une telle catastrophe, des débris peuvent être retrouvés à plus de 500 mètres de l'emplacement du mât. En 2016, 160 accidents ont été répertoriés à travers le monde. Ce nombre est à peu près stable depuis six ans. Parfois, la nature a le dernier mot…
http://www.lepoint.fr/europe/allemagne-serie-noire-pour-les-eoliennes-10-03-2017-2110825_2626.php


28/02/17 : Allemagne : Siemens sera en charge du projet éolien offshore EnBW Hohe See
Siemens Wind Power va fournir un solution complète de centrale éolienne offshore comprenant également des fondations pour le projet éolien EnBW Hohe See.
71 éoliennes
Le propriétaire du projet Hohe See EnBW a pris une décision finale d'investissement concernant sa centrale éolienne offshore de 497 MW.
La construction du parc éolien offshore sera lancée au début de 2018 sur un site situé à 90 kilomètres au nord de l'île allemande de Borkum, en mer du Nord, à des profondeurs d'eau allant jusqu'à 40 mètres. Il sera composé de 71 éoliennes de type SWT-7.0-154, d'une puissance nominale de 7 MW chacune. Ces turbines seront fabriquées au sein de la nouvelle usine de nacelles de Siemens de Cuxhaven, en Basse-Saxe, à partir de la mi-2018 et seront expédiées vers le site du projet début 2019.
Ce parc éolien fournira suffisamment d'énergie renouvelable pour 560 000 foyers. Les lames de turbine seront expédiées des usines de Hull, au Royaume-Uni, et d'Aalborg, au Danemark. La mise en service du parc éolien est prévue pour le troisième trimestre de 2019.
http://www.les-smartgrids.fr/environnement/28022017,siemens-sera-en-charge-du-projet-eolien-offshore-enbw-hohe-see,2061.html


07/02/17 : L’Allemagne a installé plus de 4 GW d’éolien terrestre en 2016
Quelque 4,26 GW d’éolien terrestre ont été installés sur le territoire allemand l’année dernière, selon les chiffres publiés par la fédération éolienne allemande BWE (Bundesverband WindEnergie) Un score à comparer au 1,5 GW mis en service de ce côté-ci du Rhin en 2016 et aux 3,5 GW raccordés en Allemagne en 2015.
Cette performance pourrait correspondre en partie à un ...


03/02/17 : Allemagne : Un avion léger percute une éolienne en Allemagne
Le 2 février vers 12h40, un monomoteur biplace DA20 Katana est entré en collision avec une éolienne, dans le nord de l’Allemagne. Le pilote a été tué.
Il s’agit du premier accident mortel impliquant une éolienne, répertorié en Allemagne. Il s’est produit sur la commune de Melle, près d’Osnabrück, à la frontière de la Basse-Saxe et de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, dans le nord de l’Allemagne. Les conditions météorologiques étaient bonnes et la visibilité apparemment correcte.
L’accident s’est produit à proximité de l’aérodrome de Melle-Grönegau sur lequel le pilote âgé d’une quarantaine d’années était membre de l’aéro-club local. Le biplace a percuté le pylône qui fait office de mât à une hauteur de 40 m au-dessus du sol. L’épave est restée enchevêtrée dans la structure métallique. Le pilote, seul à bord, a été tué.
https://www.aerobuzz.fr/breves-aviation-generale/avion-leger-percute-eolienne-allemagne/

05/01/17 ALLEMAGNE  : AllianzGI acquiert un portefeuille de fermes éoliennes allemandes
Allianz Global Investors (AllianzGI) annonce que son fonds Allianz Renewable Energy Fund (AREF2) vient de réaliser un deuxième investissement en finalisant, le 29 décembre 2016, l'achat d'un portefeuille de fermes éoliennes allemandes à PNE Wind AG. Cette acquisition fait suite à celle du parc éolien suédois Bohult" en novembre 2016. PNE Wind AG conserve 20 % du portefeuille et sera chargé de gérer les opérations commerciales et techniques.
La capacité du portefeuille négocié atteint 142 MW, et la transaction a été gérée par Thomas Engelmann, directeur de l'équipe d'investissement.
Armin Sandhövel, directeur des investissements Infrastructure Equity, explique : "les parcs éoliens allemands sont des investissements de référence pour un portefeuille équilibré comme celui d'AREF2. Ce projet présente des caractéristiques de toute première qualité, que nous considérons comme essentielles, telles que le niveau technique élevé des installations et une diversification régionale à travers les différents Länder. Pour les énergies renouvelables, l'Allemagne demeure globalement un marché robuste sur le long terme, et voué à rester extrêmement compétitif."
Afin d'assurer une diversification à l'échelle européenne, l'équipe d'Armin Sandhövel explore actuellement d'autres opportunités d'investissement, notamment en Scandinavie, en France et au Royaume-Uni.
La période de souscription pour AREF2 s'est achevée le 15 novembre 2016. Le montant total du fonds, qui atteint environ 350 millions d'euros, sera investi dans des centrales éoliennes et solaires en Europe, pour le compte d'investisseurs institutionnels. Lorsqu'AREF2 sera investi en totalité, l'équipe Infrastructure Equity d'Allianz Global Investors disposera d'environ 1,6 milliard d'euros sous gestion dans les énergies renouvelables et les projets d'infrastructure
https://www.zonebourse.com/actualite-bourse/AllianzGI-acquiert-un-portefeuille-de-fermes-eoliennes-allemandes--23646979/


01/12/16 : L’Allemagne valide son schéma de raccordement pour l’éolien offshore à 10 ans
En Allemagne, l’Agence fédérale des réseaux (Bundesnetzagentur) a validé, en début de semaine, un plan de développement à 10 ans du réseau électrique en mer pour raccorder les futurs parcs éoliens offshore (Offshore-Netzentwicklungsplan 2025).
7 lignes électriques validées
L’Agence a confirmé la construction d’ici à 2025 de quatre lignes électriques en mer du Nord, de 900 MW chacune et en HVDC (courant continu haute tension). Trois lignes de 250 MW en courant alternatif ont également été validées en mer Baltique.
Plus précisément en mer du Nord : la ligne Dolwin6 (Nor-3-3) est prévue pour 2023, Dolwin5 (Nor-1-1) pour 2024, Borwin5 (Nor-7-1) et Sylwin2 (Nor-5-2) pour 2025. En mer Baltique, Ost-2-1 et Ost-2-2 seront livrées en 2021 et Ost-2-3 en 2022 (voir ci-dessous).
http://www.greenunivers.com/2016/12/lallemagne-valide-son-schema-de-raccordement-pour-leolien-offshore-a-10-ans-153846/

28/10/16 : ALLEMAGNE: LA TAXE FINANÇANT LES RENOUVELABLES EN FORTE HAUSSE
http://geopolitique-electricite.fr/

28/10/16 : Wind Power Sends German Power Prices Rocketing as CO2 Emissions Continue to Rise

https://stopthesethings.com/2016/10/28/wind-power-sends-german-power-prices-rocketing-as-co2-emissions-continue-to-rise/

24/10/16 : Allemagne : la facture d’électricité s’envole

L’Allemagne est l’un des pays d’Europe où les prix d’électricité pour les ménages sont les plus élevés : 29 cents/KWh, deux fois plus cher qu’en France. En 2017, la facture devrait continuer d’augmenter pour financer la transition énergétique.
Cette augmentation repose sur deux facteurs : la hausse du soutien aux énergies renouvelables et l’augmentation des investissements dans les réseaux électriques.
Selon l’université de Düsseldorf, le coût de la transition énergétique s’élèvera à 520 milliards d’euros d’ici 2025... Une dépense qui ne permet pas de réduire d'une façon significative les émissions de gaz à effet de serre.
Des taxes en hausse pour financer les renouvelables.
Selon les gestionnaires de réseau de transport (GRT), le montant prévisionnel du soutien accordé aux renouvelables augmentera de 8,3 % en 2017, faisant évoluer le prix du mégawattheure de 63,5 à 68,8 €.
En Allemagne comme en France, les subventions allouées aux énergies renouvelables sont calculées à partir de la différence entre le tarif d’achat pour la filière considérée (photovoltaïque, éolien, biomasse, etc.) et les prix de marché de gros de l'électricité. La crise du marché européen de l'électricité a entraîné une hausse des subventions.La figure ci-dessous montre l’augmentation spectaculaire des subventions (prélèvement EEG) en Allemagne par comparaison avec la CSPE en France depuis 2003. Ces deux valeurs ne sont pas directement comparables : la CSPE contient d’autres éléments que le soutien aux ENR, lequel représente les deux tiers de la taxe.
En France, la Commission de régulation de l’énergie évalue le montant de la CSPE à 8Mds€ en 2017, dont environ 5,7Mds pour le soutien aux ENR. Comme en Allemagne, cette hausse provient d’un développement massif des renouvelables dans un contexte de chute des prix de marché de gros de l’électricité. L’impact de la CSPE pour le consommateur français est pour le moment modéré par la décision du ministère de l’Energie de fixer son niveau à 22,5 €/MWh pour 2016 et 2017. En Allemagne, le prélèvement EEG est intégralement répercutée sur les ménages… En 2017, les Allemands devront financer 24Mds€ de subventions aux renouvelables, trois fois plus que la CSPE... De nouvelles hausses sont à prévoir, selon l’Institut d’Economie de Cologne, les subventions accordées pourraient atteindre 32Mds€ en 2025.
La coûteuse refonte des réseaux électriques
Le deuxième facteur de la hausse des coûts d’électricité est le tarif d’utilisation des réseaux. Actuellement, un ménage allemand paye en moyenne 70,7€/MWh. Les gestionnaires de réseau de transport ont annoncé pour 2017 de fortes hausses des tarifs allant jusqu’à 80 % dans la région de Tennet. Les trois autres GRT (50Hertz, TransnetBW et Amprion) augmenteront également leurs tarifs de réseau entre 5 % et 45 %. Pour l’essentiel, cette hausse provient des coûts de stabilisation des réseaux et de l’indemnisation des producteurs d’énergies renouvelables lorsque le réseau n’est pas en capacité d’accueillir cette production parce qu’il sature. Selon le rapport annuel de l’agence fédérale des réseaux, ces coûts ont été estimés à 1Md€ en 2015.Selon le portail Verivox destiné aux consommateurs, cette hausse pourrait entraîner une augmentation de la facture d’électricité de 30 à 82 € pour un ménage consommant 4 000 KWh/an suivant les régions.
Le tournant énergétique allemand coûtera 520 milliards d’euro jusqu’en 2025Il y 3 ans le ministre fédéral de l’environnement de l’époque Peter Altmaier était fortement critiqué lorsqu’il annonçait que la transition énergétique pouvait coûter 1 000Mds€ d’ici la fin des années 2030.
Une récente étude de l’Université de Düsseldorf confirme cette évaluation, laissant même entrevoir que cette somme pourrait être atteinte plus tôt…
Selon cette étude, jusqu’en 2015, la transition énergétique a coûté au consommateur 150Mds€. Les énergies renouvelables devraient représenter 40% de la production d'électricité en 2025. A ce rythme, la facture pourrait atteindre 520Mds€ d’ici 2025.
Compte-tenu des retards pris dans le développement du réseau électrique, de la fermeture des centrales à charbon, etc. la transition énergétique ne sera pas achevée à cette échéance et de nouvelles dépenses seront nécessaires…
Le rapport coût-bénéfice de la transition énergétique allemande est désastreux. En dépit de ces investissements astronomiques dans le développement des renouvelables, la décarbonisation du secteur électrique ne progresse pas. Les émissions des gaz à effet de serre sont mêmes revenues à leur niveau de 2009. En dépit de l’annonce de nouvelles mesures, l’Allemagne ne semble pas en mesure d’atteindre les objectifs climatiques qu’elle s’est fixée.
http://www.sfen.org/fr/rgn/allemagne-la-facture-delectricite-senvole#.WA8R79777lI.facebook

24/10/16 : ALLEMAGNE : les particuliers investissent dans les fermes éoliennes
En plus de bénéficier d’une meilleure acceptabilité au sein de la population, les parcs citoyens permettent à l’Allemagne de financer et développer davantage de projets éoliens dans le pays.
Compléter l’apport des banques
L’Allemagne développe actuellement ses capacités d’énergie renouvelable (EnR) en permettant aux investisseurs les plus modestes de participer au financement d’installations éoliennes, faisant des particuliers de véritables acteurs de la transition énergétique allemande.
Les Allemands ont désormais la possibilité d’investir entre 500 euros et 10.000 euros dans un parc citoyen situé dans le Schleswig-Holstein, un État qui fait face à la Mer du Nord et qui est parvenu l’année dernière à atteindre un niveau de production EnR équivalente à sa consommation d’énergie.
« Ces parcs coûtent très cher et les banques financent souvent la moitié de leur valeur. Le reste du capital provient des particuliers. » a expliqué Robert Habeck, ministre de la Transition énergétique de cet État allemand, lors de sa visite il y a quelques jours à Chennai, en Inde, pour le lancement d’un projet d’énergie renouvelable.
En Allemagne, les parcs citoyens sont ainsi collaboratifs et il est impossible pour une seule personne fortunée d’acquérir l’ensemble de l’installation, précise Robert Habeck. La primeur des investissements est en effet réservée aux personnes vivant à proximité du parc.
Les gros investisseurs ont l’opportunité de s’impliquer dans le projet à partir du moment où les premiers tours de table n’ont pas été en mesure de récolter l’argent nécessaire au développement de la ferme éolienne.
Des solutions alternatives au nucléaire
Ce genre de projets est censé permettre à l’Allemagne de parvenir à produire toujours plus d’énergie propre et à diminuer encore davantage l’utilisation du nucléaire et des centrales à charbon.
Pour le ministre allemand, les parcs citoyens sont une alternative bienvenue aux centrales généralement développées pour satisfaire l’intérêt de grandes entreprises plutôt que celui des citoyens.
« De cette façon, ils ne considèrent plus les parcs éoliens comme une occupation malvenue d’entreprises, de fonds d’investissement ou d’un gouvernement démoniaque » a-t-il déclaré lors de cette visite en Inde.
L’Allemagne s’est fixée comme objectif de fermer sa dernière centrale nucléaire d’ici à 2021-2022. Actuellement, le pays réfléchit également à une façon de se passer des centrales à charbon et se donne une vingtaine d’années pour fermer de l’ensemble de ses installations.
http://www.les-smartgrids.fr/emplois-industries-et-marches/24102016,allemagne-les-particuliers-investissent-dans-les-fermes-eoliennes,1865.html

23/10/16 : Octobre 2016/étude/sondage de l'université de Stuttgart: après un soutien écrasant, maintenant plus que 29% des allemands sont supporters de la transition énergétique allemande.

http://notrickszone.com/2016/10/23/green-energy-thrill-is-gone-once-overwhelming-support-for-german-energiewende-fades-study-finds/

12/10/16 : L'Allemagne doit ralentir la construction de fermes éoliennes

La transition énergétique souhaitée par Merkel est un gouffre financier. Le pays manque désormais de lignes à haute tension pour acheminer l'électricité.
En érigeant des éoliennes sans penser à construire des lignes à haute tension, l'Allemagne a mis la charrue avant les bœufs. Les programmes les plus ambitieux promettent souvent des réveils douloureux. Après avoir annoncé son intention de sortir du nucléaire au lendemain de l'accident de la centrale japonaise de Fukushima en mars 2011, Angela Merkel a compris qu'elle devait accélérer la « transition énergétique » que son pays avait lancée quelques années plus tôt.
En 2015, le tiers de l'électricité produite en République fédérale était généré par des sources d'énergie renouvelable. Pour franchir le cap des 80 % en 2050, Berlin souhaite disposer dès 2030 d'une capacité de production de 15 000 MW d'énergie éolienne offshore contre 3 300 MW fin 2015. Pour mémoire, l'Allemagne produisait en mer à peine… 12 MW en 2008. En garantissant aux producteurs des tarifs d'achat de l'électricité bien supérieurs aux prix du marché, l'État a encouragé les groupes énergétiques à investir dans de vastes projets de fermes éoliennes. Pas moins de 17 nouveaux sites vont être assemblés au large des plages allemandes cette année. La plupart des « moulins » à vent déjà installés ne tournent pourtant pas à plein régime. Lors des forts coups de vent, les turbines doivent souvent être stoppées plusieurs heures par jour. L'an dernier, l'éolien aurait ainsi été capable de produire 4100 gigawatts/heure supplémentaires, soit une énergie suffisante pour éclairer 1,2 million de foyers. La cause de ces arrêts intempestifs n'est pas technique, mais la République fédérale ne dispose pas des infrastructures nécessaires pour transporter l'électricité produite en mer du Nord ou en mer Baltique vers le sud du pays où se trouvent la plupart des industries qui consomment le plus de mégawatts. Dans un rapport révélé par le quotidien munichois Süddeutsche Zeitung, l'Agence fédérale des réseaux (Bundesnetzagentur) a donc demandé à l'État de ralentir la construction de fermes éoliennes afin de donner le temps aux groupes énergétiques de tirer de nouvelles lignes à haute tension.
Une addition qui pourrait atteindre 520 milliards d'euros en 2025
En 2017, les projets de nouvelles fermes devraient permettre d'accroître la production d'électricité de 2 500 MW par an, mais le régulateur allemand juge que les sites en construction dans le nord du pays ne devraient pas produire plus de 902 MW supplémentaires afin d'éviter l'engorgement du réseau électrique national. Or, les vents les plus forts et les plus réguliers qui balaient la République fédérale se trouvent tous dans cette zone située près du Danemark. Mais le réseau national est déjà surexploité. Les quatre compagnies régionales de distribution d'électricité en Allemagne doivent dépenser 1 milliard d'euros par an pour maintenir un voltage constant sur leurs lignes en raison des pics et des creux provoqués par les énergies renouvelables. La transition énergétique (Energiewende) souhaitée par Angela Merkel se révèle être un véritable gouffre financier.
Plus de 150 milliards d'euros ont déjà été engloutis dans cette politique, mais cette addition plutôt salée pourrait atteindre 520 milliards d'euros en 2025, si l'on en croit les conclusions d'un rapport de l'Initiative nouvelle économie de marché (INSM). « Le gouvernement fédéral n'arrive clairement pas à enrayer la hausse des coûts de production de l'électricité, regrette Hubertus Pellengahr, le directeur de ce groupe de pression basé à Berlin. Si le soleil brille en été et que le vent souffle fort, des mesures doivent être prises pour que le réseau n'implose pas. Lors des périodes de pics, nous devons verser des primes aux pays voisins pour qu'ils acceptent notre courant. Nous devons payer des assurances pour des fermes éoliennes qui ne sont même pas reliées au réseau. Ce chaos doit être financé par le consommateur final. L'approvisionnement énergétique est hors de contrôle. »
http://www.lepoint.fr/environnement/l-allemagne-doit-ralentir-la-construction-de-fermes-eoliennes-12-10-2016-2075288_1927.php

28/09/16 : Hambourg, centre névralgique de l’énergie éolienne en Europe
Le vent assure déjà près de 15 % de la production électrique allemande. Entre la mer du Nord et la Baltique, la deuxième ville du pays veut s’imposer comme le cœur de cette industrie.
http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/09/28/hambourg-centre-nevralgique-de-l-energie-eolienne-en-europe_5004681_3234.html#oC18GlB53fmW4Msr.99

25/07/16 : SANTÉ : LES MÉDECINS ALLEMANDS INCITENT À ARRÊTER TOTALEMENT L'ÉOLIEN
L’assemblée des médecins allemands, réunis en congrès à Frankfort du 12 au 15 mai 2015 vient de lancer une alerte (Beschlussprotokoll des 118. Deutschen Ärztetages in Frankfurt am Main vom 12. bis 15.05.2015 [PDF] p353) concernant l’impact néfaste sur la santé de l’implantation d’éoliennes à proximité des habitations.
Elle attire l’attention sur les graves carences des critères de danger retenus et tout particulièrement sur les risques liés aux basses fréquences et infrasons. Ce rapport souligne les effets sanitaires néfastes des fréquences éoliennes inférieures à 1 Hz et mentionne leurs effets potentiels même en l’absence de toute rotation des pales, sous la seule action des vibrations solidiennes générées par le mât.
La motion considère que ces effets peuvent se propager jusqu’à 10km.
Ajoutons qu’une étude de Düsseldorf avait déjà insisté sur l’importance de ce phénomène en imputant même à ces vibrations du mat l’apparition de fissures dans une maison riveraine.
Saluons « Renewable Energy News » qui relaye avec transparence cette information parue dans « The Australian », mais qui ne semble pas avoir eu beaucoup d’écho en Europe et aucun en France, au moment inopportun où nos députés votaient la loi concernant la distance de sécurité convenable entre éoliennes et habitations.…
Mentionnons au passage que ces vibrations malgré l’arrêt du rotor soulèvent le problème de la validité des comparaisons d’infrasons avec et sans le fonctionnement des machines puisque la mesure du bruit de fond se trouve ainsi définitivement faussée par leur implantation.
Il y a peu, l’Etat du Wisconsin avait demandé à 4 cabinets d’acoustique, une étude sanitaire sur le sujet. La déclaration commune de ces 4 cabinets spécialisés fut que les infrasons constituaient un problème grave susceptible de compromettre l’avenir de la filière.
Les dernières publications scientifiques apportent un faisceau de présomptions qui ne semble plus laisser la moindre place au doute sur la réalité de l’enjeu, connu depuis les mises en garde de Kelley pour l’US department of Energy en 1985.
1°) P.Schomer vient de décrire l’explication du mécanisme biologique par lequel les fréquences éoliennes inférieures à 1 Hz, agissant sur les otolithes de l’oreille interne, entraineraient migraines nausées vertiges et différents symptômes communs avec le mal des transports, également provoqué par cette même fréquence, dont le pic nauséogénique se situe à 0.167Hz (Griffin 1990)
2°) J.Mikolajczak vient de mettre en évidence l’augmentation du taux de cortisol, marqueur de stress, sur des oies élevées à 500m d’éoliennes.
3°) S.Cooper vient d’établir le lien incontestable entre ces sensations (migraines, nausées…) et les infrasons éoliens dans une étude effectuée pour la filière elle-même et qui le reconnait sur son propre site. (Pacific Hydro)
4°) L’acousticien Swinbanks a été la propre victime de ces mêmes effets sanitaires pour lesquels il était venu procéder au mesurage des infrasons éoliens.
Ces 4 études, qui datent de moins de 6 mois, semblent rendre vaines les dernières tentatives de négation du problème sanitaire qui consistaient à considérer qu’il manquait encore :
1°) une explication du mécanisme de cause à effet, 2°) des mesures biologiques chiffrées, 3°) des tests correspondant à des procédures marche/arrêt des machines, 4°) la preuve qu’il ne s’agissait pas de symptômes imaginés en raison d’une opposition de principe au développement éolien, pour confirmer les milliers de victimes décrites dans les publications.
Pour le moins, il semble de plus en plus problématique de continuer d’affirmer que l’exposition des populations à la proximité d’éoliennes industrielles en fonctionnement ne représente aucun enjeu sanitaire ou que les mesures de protection ont une quelconque validité.
Leur réglementation s’étant avérée totalement inadaptée, par les mesures en décibels pondérés « A » qui ne prennent aucun compte des fréquences les plus dangereuses pour la santé et sont dénoncées par la communauté scientifique. (Alves Pereira, Salt, Schomer, Rand, Punch….).
Ajoutons d’ailleurs que l’AFSSET dont se réclame le législateur en déplore très explicitement « la plus totale ignorance » concernant les critères retenus et rappelle la nécessité d’étudier les risques liés aux infrasons. (p7/7 du rapport « original ») Ce rapport est de mars 2008, les effets des infrasons, basses fréquences et vibrations ont été avérés depuis et sanctionnés par les tribunaux comme par une réglementation appropriée.
La France ne prenait en compte les basses fréquences qu’à partir de 125Hz (code de santé publique). A la suite des travaux sur les infrasons, le Danemark a durci sa législation en prenant en compte des fréquences éoliennes à partir de 10 Hz en 2011.
De façon assez étonnante, l’arrêté du 26 août 2011 dispensait les éoliennes françaises de tout contrôle des basses fréquences !
Le médecin danois Mauri Johansson a dénoncé les pressions de la filière professionnelle concernant le contrôle des infrasons et basse fréquences en publiant une lettre ouverte dans laquelle il cite le courrier du constructeur danois Vestas qui met le gouvernement en garde contre l’impact négatif qu’aurait un tel contrôle sur l’image des éoliennes et donc sur ses exportations. Le marché danois ne représentant que 1% de son activité.
Selon l’Université d’Aalborg, les mêmes critiques seraient à l’origine du limogeage de l’éminent professeur d’acoustique H.Møller (Windmollemafiaen)
Des publications innombrables rapportent des cas de santé dégradée en présence d’éolienne et en attribue la responsabilité à celles-ci.
Ce qui explique l’article du journal des médecins de famille canadiens qui prépare ceux-ci à en rencontrer un nombre croissant de victimes sanitaires.
Selon « Die Welt » le Danemark applique désormais un moratoire tacite dans l’attente des conclusions d’une enquête gouvernementale, à la suite de graves problèmes sanitaires liés aux éoliennes.
La santé danoise se trouve ainsi protégée sans que les exportations soient menacées par une réglementation contraignante.
En France, l’Académie de Médecine, qui préconisait 1500 m d’éloignement avec les maisons, réclame depuis 2006 qu’une étude épidémiologique sur le sujet soit menée.
Le très regretté sénateur J.Germain qui voulait protéger les riverains a fait voter par le Sénat une distance de précaution d’au moins 1000 m.
Chez nous, les motivations du développement éolien sont incomparables à celles du Danemark, le nombre d’emplois concernés par la fabrication de composants d’éoliennes restant marginal et notre parc électrique n’émettant pas de CO2 (pour plus de 90% de sa production) n’a aucune réduction d’émission à attendre de l’implantation de nouvelles éoliennes.
Après les menaces, brandies par la filière, de difficultés insurmontables liées à cette protection sanitaire de 1000 m, les députés viennent de ramener, jeudi soir, cette distance à 500m.
Un jour, il faudra qu’on nous explique.
http://www.economiematin.fr/news-eolienne-scandale-sante-allemagne-interdiction-eolien

17/04/16 : La Bavière met un frein à l’énergie éolienne
La Bavière va réduire ses dépenses en matière d’énergies renouvelables.
La radio bavaroise, Bayerischer Rundfunk (BR), a remis un rapport sur l’énergie éolienne dans l’État du sud-est, fameux pour ses Oktoberfest, dirndls et lederhosen. Il apparaît qu’un frein a été mis à l’industrie de la pollution panoramique.
La Bavière abrite également certains des paysages les plus idylliques du pays. Mais, malheureusement, les « Verts » allemands ont fortement incité à l’industrialisation de ce précieux trésor naturel, le tout dans le but de sauver la planète. Ils ont proposé la construction de dizaines de parcs éoliens avec des turbines de 200 mètres de haut à travers tout le pays.
Au tout début, les éoliennes étaient considérées comme une sorte de nouveauté et de nombreuses communautés ont même fait du lobbying pour les obtenir. Cependant, à mesure que les parcs d’éoliennes ont poussé à travers le pays, les gens se sont réveillés face à la destruction de l’espace naturel et à l’inefficacité globale causées par cette énergie. Aujourd’hui le rapport de la BR nous dit qu’on arrive à un tournant : les parcs d’éoliennes ne sont plus les bienvenus. Ils sont trop moches, bruyants, inefficaces et c’est seulement une minorité qui en profite, au détriment de la majorité.
Le rapport de la BR présente le village Bavarois d’Obbach, où un parc d’éoliennes comportant 5 turbines de 200 mètres de haut a été installé à seulement 800 mètres de distance. Malheureusement pour le village, le parc a été approuvé avant que la règle allemande 10-H ait été adoptée, et la construction s’est poursuivie, au grand dam des résidents du village. La règle 10-H stipule que les turbines doivent être éloignées d’une habitation à une distance de 10 fois leur hauteur. Si cette règle avait été adoptée plus tôt, il n’aurait pas été possible de mettre en place le parc et les habitants d’Obbach auraient évité l’horreur et le bruit.
Une habitante, Andrea Lettowsky, confie à la BR :
« Pour moi, je continue à penser à quel beau paysage avec des champs ouverts c’était, et maintenant c’est une zone industrielle ».
C’est à peu près le sentiment qui s’est propagé à travers l’Allemagne, et avec la règle 10-H, la Bavière ouvre la voie à la résistance croissante du pays à la destruction du paysage par une énergie éolienne inefficace. 300 initiatives citoyennes se sont déjà formées pour résister à la construction de nouveaux parcs à travers le pays. En outre, de récents rapports nous apprennent que l’État allemand est sur le point de réduire ses dépenses en matière d’énergies renouvelables, visant une limite de 40 à 45% de la totalité de son alimentation énergétique d’ici 2025 selon le Berliner Zeitung.
La BR rapporte que, bien qu’il soit trop tard pour Obbach, la nouvelle règle 10-H est bien accueillie et donne maintenant aux communautés le pouvoir d’arrêter les projets de parcs d’éoliennes qui sont agressivement réclamés par des investisseurs extérieurs aux poches profondes. Même s’il est regrettable que le parc n’ait pas pu être stoppé, Lettowsky est optimiste sur le fait que d’autres le soient ailleurs. Le rapport de la BR conclut :
« Le fait est que la règle 10-H et la résistance des citoyens ont quasiment mis un frein à toute nouvelle construction de parc éoliens en Bavière ».
En effet, grâce à des États tournés vers l’avenir comme la Bavière, la vague des énergies renouvelables est en train de changer pour le mieux.
Traduction par Contrepoints de Success ! German State Of Bavaria “Puts Brakes On” Wind Energy, Industrialization Of Rural Landscape.

12/08/15 : L'EFFONDREMENT DU SECTEUR ÉOLIEN S'ACCÉLÈRE
La directive de l'Union européenne sur les énergies renouvelables pour la période 2014-2020 est entrée en vigueur le 1er juillet dernier. Curieusement, en France, alors que les communiqués des milieux de l'énergie renouvelable nous inondaient de la nécessité absolue de respecter les objectifs européens, un silence assourdissant a accompagné cette publication, à laquelle la France va devoir se conformer d'ici 2017.
Sigmar Gabriel, le Vice Chancelier allemand, appuyé y compris par son pragmatique secrétaire d'Etat « vert » Rainer Baake, a appliqué ce virage en moins de deux mois... La loi a été votée le 27 juin, entrée en vigueur le 1er août. Il était temps... la facture du consommateur venait de doubler en cinq ans....sans résultat, avec la construction de 40 centrales charbon en urgence pour éviter la panne générale, et un gouffre budgétaire sans fin. Il aurait fallu injecter 30 milliards d'euros pendant quarante ans pour obtenir 80 % du résultat attendu, et avec les incertitudes de la météo chaque jour !... En Espagne, tout système de subvention aux énergies renouvelables est définitivement supprimé depuis le 14 octobre dernier, sous la menace de l'effondrement total du système électrique espagnol entier et la perte de 20 000 emplois dans ce secteur « porteur ».
L'Allemagne et l'Espagne ont tiré les conséquences de technologies inefficaces subventionnées à prix d'or. Après les promesses et l'euphorie des agences privées qui clament partout que les énergies renouvelables créent des emplois sans aucune statistique officielle, l'Agence pour les énergies renouvelables allemande a annoncé le 30 septembre la douche froide : 25 000 emplois perdus en 2013. En France, on a beau tourner les annonces dans tous les sens, le solde réel de 650 emplois au lieu de 10 000 fait frémir. Les taxes à l'énergie renouvelable dépassent les économies sur l'impôt sur le revenu ou le trou de la Sécu. Elles prélèvent un poids insupportable sur les ménages grâce à un subterfuge qui ne les inclue pas dans les dépenses publiques, mais le contribuable paie toujours plus.
La croissance chinoise devait nous sauver, elle va au contraire nous enfoncer d'avantage, avec l'actualité. En octobre 2014, le patron du secteur énergie éolienne de Shanghai, Liu Qi, associé à Siemens, procède au constat : « après les mirages du développement à court terme, la qualité n'est pas au rendez-vous et beaucoup d'acteurs de la profession disparaissent ». Les alliances fondées avec des sociétés européennes fondent comme neige au soleil. Elles disparaissent une à une, à peine formées depuis deux ou trois ans dans des perspectives d'illusoire croissance qui n'est jamais arrivée. La presse chinoise, comme le South China Morning Post, par exemple, n'en finit plus de compter les désastres en cette fin 2014.
Ce n'est pas fini : Depuis plusieurs années, des soupçons de connexions mafieuses dans les éoliennes ont été émis par des journalistes et suivis par Interpol. L'arrestation de Liu Tienan, patron de l'énergie chinoise, cette semaine, pour cause de corruption à vaste échelle confirme une fois de plus l'omerta sur ce secteur et ses gigantesques trafics. Elle montre que les Chinois ont enfin compris l'ampleur des malversations. Liu Tienan a continué à superviser personnellement plus de 50 projets par trimestre à vaste échelle y compris des projets en Europe et des prises de participation dans des sociétés dont certaines sont bien connues en France ou au Portugal. EDP, qui se prétend l'un des leaders mondiaux, a été sauvé de justesse de deux désastres successifs , avec le scandale financier du groupe Espirito Santo, impliqué dans de multiples affaires de fraude, d'abus de confiance, de falsification de documents, de blanchiment d'argent et d'évasion fiscale, puis avec l'entrée de la Compagnie chinoise des Trois gorges, dont Liu Tienan, emprisonné pour corruption, avait la haute main.
Depuis 18 mois, la presse taiwanaise avait sorti le scandale sans grand résultat. Les quotidiens de Canton ont même osé publier ces informations malgré certaines menaces de mort émises par ce réseau mafieux englué dans les malversations, les voitures de luxe, les maitresses et les compromissions à l'étranger. Des bouleversements sont à attendre avec cette opération vérité. Les pots de vins se chiffrent en millions d'euros pour ce qui est connu. On sait que nombre d'éoliennes supposées construites en Allemagne et importées en France sont largement pourvues de pièces chinoises : à quel prix ?
Ce devait être la bouffée d'oxygène du secteur européen et c'est au contraire le boulet qui l'entraine un peu plus vers le fond. Vestas, Gamesa, Siemens sont les premiers à tomber au tapis. La chute de Vestas est impressionnante. Après avoir supprimé 4500 emplois, après avoir disparu plusieurs fois de l'indice danois OMX20, après des variations erratiques de son bénéfice de -230% à + 30 % d'un trimestre à l'autre, le groupe devait être sauvé par l'apport de groupes chinois, qui ne viendront pas. Même le gouvernement danois n'a pas les moyens de sauver Vestas, comme il l'a confirmé publiquement depuis octobre 2012, alors que la conjoncture était moins mauvaise.
Tous les organes de contrôle : la Commission de Régulation de l'Energie, la Cour des Comptes, France Stratégie, soulignent que le système est à bout et qu'il est ruineux pour des résultats dérisoires. L'argent capté par les spéculateurs aura détourné des subventions publiques vers d'immenses fortunes privées qui se moquent d'investir dans les vraies énergies renouvelables de demain, qui ne sont ni les vieilles éoliennes à hélices, ni les panneaux solaires à bas rendement et forte pollution, mais des turbines silencieuses ou urbaines, des piles à combustible zéro carbone, des stockages mixtes solaire hydrogène, etc... dont les premiers exemplaires fonctionnent déjà un peu partout. Un seul exemple : la division équipements spéciaux de Rolls Royce en Allemagne, CFC, gère depuis plusieurs années des équipements remarquables zéro rejet carbone, en toute modestie, et surtout, ça marche toute l'année au lieu d'un jour sur cinq. De plus les nouvelles énergies renouvelables produisent localement, ce qui diminue les problèmes de réseaux, devenus un casse-tête avec les bricolages de l'éolien ou du solaire.
http://www.economiematin.fr/news-eolien-echec-allemagne-corruption-energie-grangeon

13/02/15 : L’Allemagne renonce à la généralisation du compteur intelligent
Le 9 février, le ministère allemand de l’Economie a annoncé que les compteurs intelligents ne seraient rendus obligatoires que pour les foyers fortement consommateurs d’électricité. Une position à contre-courant des directives de l’Union européenne en la matière.
L’Allemagne n’a jamais vraiment été séduite par le compteur intelligent ou « smart meter ». Elle assume aujourd’hui sa position, quitte à s’attirer les foudres de l’Union européenne.
Le 9 février, le ministère allemand de l’Economie et de l’Energie a confirmé dans son paquet législatif sur les « smart grids » (réseaux intelligents) que seuls les foyers consommant plus de 6 000 kilowattheures (kWh) par an seraient contraints d’installer un compteur intelligent.
La moyenne annuelle de consommation électrique des foyers allemands ayant été évaluée à 3 500 kWh, on comprend donc que l’obligation d’équipement ne va concerner qu’une minorité de ménages outre-Rhin. Le ministère explique s’être basé sur une analyse coût-avantage de cette technologie, censée renforcer l’efficacité énergétique des bâtiments en maîtrisant notamment la consommation électrique, de gaz et d’eau.
Dans les faits, il a repris les conclusions d’une étude du cabinet d’audit EY (ex-Ernst & Young), mandaté par le gouvernement fin 2013, qui stipule que l’adoption massive de nouveaux compteurs n’est pas dans l’intérêt du consommateur allemand.
Ce renoncement au déploiement généralisé des compteurs intelligents devra être assumé par Berlin auprès de l’Union européenne, qui a imposé aux Etats membres, par une directive de 2009, d’équiper au moins 80% des foyers en compteurs intelligents d’ici à 2020.
En France, on continue de croire aux avantages d’une généralisation. Un objectif de 90% des foyers équipés en compteurs communicants « Linky » a été fixé pour 2021, soit 35 millions d’unités installées.
https://www.lemoniteur.fr/article/l-allemagne-renonce-a-la-generalisation-du-compteur-intelligent-27503537

24/09/14 : Allemagne : le rêve d’un parc éolien offshore géant tourne au cauchemar
Toute la politique écologiste bâtie jusqu’à présent en Allemagne est remise en question.
Échec d’un projet éolien de grande ampleur qui remet en question toute la politique écologiste bâtie jusqu’à présent en Allemagne.
Le numéro 35/2014 de Spiegel Magazine attire l’attention sur l’échec grandissant du premier projet ambitieux d’énergie éolienne offshore, BARD Offshore 1, qui vise à devenir un modèle pour le monde en fournissant sur une large échelle une énergie verte et propre.
Le parc éolien BARD 1, miné par des problèmes techniques majeurs et sans solution visible, effraye toute l’industrie Allemande de l’offshore. Pour l’instant, les choses auraient difficilement pu aller plus mal sur le plan technique, et maintenant sur les plans financier et juridique. Pour l’Allemagne, une nation hautement estimée en science, ingénierie et prouesses techniques, le projet d’énergie à grande échelle menace de tourner en déconfiture monumentale. Voir le contexte ici et ici.
Filtres électriques grillés
Le problème concerne le parc éolien offshore BARD 1 en Mer du Nord. Initialement le parc fut officiellement ouvert en Août de l’an dernier, mais a dû être fermé immédiatement en raison de problèmes techniques. Puis en mars 2014, les ingénieurs tentèrent à nouveau de mettre en ligne l’énorme parc éolien, et ils échouèrent encore car un court-circuit (wild current) grilla les filtres d’un transformateur électrique au large après juste quelques heures. À l’heure actuelle, 6 mois plus tard, il semble que les ingénieurs ne soient pas près de trouver une solution.
Énergie perdue évaluée à 340 millions d’euros
L’édition papier du Spiegel note que les ingénieurs s’efforcent de solutionner les problèmes techniques en question pour amener sur le marché la production de 80 éoliennes 100 km au large jusqu’au rivage via un transformateur. Le projet a maintenant pris plus d’un an de retard et Spiegel estime que le manque à gagner en énergie non produite pourrait atteindre 340 millions d’euros.
Maintenant les avocats s’y mettent
Comme les retards et les pertes financières s’accumulent, les investisseurs et les banques, qui ont versé des milliards dans le projet, deviennent de plus en plus nerveux. Le Spiegel écrit que non seulement l’origine des problèmes techniques est fiévreusement recherchée, mais c’est aussi la chasse aux responsables. Le Spiegel écrit : « En fait, non seulement les ingénieurs travaillent fiévreusement aux réparations, mais les avocats sont aussi impliqués. En même temps tout se résume à la question de la responsabilité du fiasco – et des coûts. »
Le Spiegel : « un problème pour toute l’industrie verte »
Les problèmes à BARD 1 sont si graves que Le Spiegel écrit que c’est « un problème pour l’ensemble de l’industrie de l’énergie verte ». Le Trianel Windpark Borkum, le deuxième projet éolien Allemand en importance, est prévu d’entrer en production ce mois-ci, mais personne n’est sûr que le parc fonctionnera en douceur rapporte Spiegel.
« C’est un système presque totalement défectueux »
Le problème, écrit Le Spiegel, est que le parc éolien est loin au large, rendant impossible d’amener la puissance à la côte avec une technologie conventionnelle. Le courant ne peut pas être acheminé à la côte en alternatif mais doit être transmis comme courant continu. Malheureusement, cette fonction n’est pas facile à gérer. Le Spiegel interroge un expert pour savoir s’il sera possible de résoudre les gros problèmes. Hans Günter Eckel, Professeur d’électronique de Puissance à l’Université de Rostock : « Il est fort probable qu’il ne s’agisse pas que d’un seul élément responsable, mais plutôt d’un système totalement défectueux. Il va falloir de la patience. C’est une technologie entièrement nouvelle et complexe. »
Le Spiegel résume cela : « l’industrie est nerveuse. Chez Trianel, ils ont décidé de suspendre la décision de construire un parc éolien supplémentaire de 200 MW jusqu’à plus ample informé. »
Tout à coup chacun joue la prudence – attendant de voir si BARD 1 fonctionne. Au fond ils commencent à se demander si l’ensemble du projet est faisable ou non, question qui aurait dû être posée il y a des années.
Une chose devient très claire : dans la ruée folle vers l’énergie verte, investisseurs et politiciens ont mis la charrue avant les bœufs. Les mises en garde furent nombreuses, mais furent simplement rejetées avec désinvolture. Maintenant, investisseurs et avocats gémissent bruyamment face au dur atterrissage qui s’annonce proche.
https://www.contrepoints.org/2014/09/24/182200-allemagne-le-reve-dun-parc-eolien-offshore-geant-tourne-au-cauchemar

29/04/14 : Le vice-chancelier allemand : « La transition énergétique est une folie »
http://www.contrepoints.org/2014/04/29/164531-le-vice-chancelier-allemand-spd-la-transition-energetique-est-une-folie


14/08/13 : Quand l'Allemagne fait tourner un champ d'éoliennes au diesel
Une erreur dans la planification repousse l'inauguration du parc offshore Riffgat à l'an prochain.
C'est une version moderne de l'usine à gaz, «made in Germany». Le parc offshore Riffgat devait être inauguré samedi dernier au large de Borkum, une île de la mer du Nord située à la frontière des Pays-Bas. Trente majestueuses éoliennes de 150 mètres au-dessus des vagues ne demandent qu'à produire de l'électricité. Las. Une erreur dans la planification repousse leur inauguration à l'an prochain.
Pour l'instant, le parc ne peut fonctionner. Mais comme l'on craint que les turbines ne soient attaquées par le sel des embruns, il faut faire tournoyer les pales coûte que coûte. Le casse-tête vire au burlesque: des groupes électrogènes doivent en effet apporter l'alimentation nécessaire au refroidissement des turbines et à l'éclairage aérien du parc… Gourmandes, les éoliennes consomment 22.000 litres de diesel par mois. Ces éoliennes ne peuvent pas utiliser le courant qu'elles produisent pour leur propre consommation. Cette énergie est normalement fournie par le continent, mais il manque 15 km de câble à haute tension pour être relié à la terre ferme. Lors des plongées exploratoires, des bombes britanniques ont été découvertes au fond de l'eau. Elles rouillent là depuis la Seconde Guerre mondiale et il faut les désamorcer avant de commencer les travaux. Or, il y a très peu de sous-marins capables d'accomplir ce travail délicat, et tous sont réservés jusqu'au mois de février 2014.
Ces mésaventures illustrent les accrocs de la révolution énergétique décidée par Berlin en 2011. Les installations sont opérationnelles, mais le réseau fait défaut. Du coup, l'énergie verte tourne grâce au bleu pétrole…
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2013/08/13/20002-20130813ARTFIG00397-quand-l-allemagne-fait-tourner-un-champ-d-eoliennes-au-diesel.php


02/11/12 : Les leçons de la transition énergétique allemande
Fermer le nucléaire, produire 80% de l'électricité grâce aux énergies renouvelables d'ici 2050: est-ce réaliste ?
Fermer la vingtaine de réacteurs nucléaire d'ici 2022; produire 60% de l'énergie (et 80% de l'électricité) grâce aux renouvelables d'ici 2050 et diminuer à cette échéance de 80% à 95% par rapport à 1990 les émissions de gaz à effet de serre. Tels sont les principaux objectifs de la transition énergétique entamée par l'Allemagne en 2011. Une transition que les experts du Centre d'analyse stratégique ont examinée à la loupe dans une note publiée en septembre et qu'a commentée pour Slate Fabien Roques, directeur à l'IHS-CERA, cabinet de consultants en stratégie énergétique.
Abandonner le nucléaire, c'est possible?
oui Avant Fukushima, l'Allemagne comptait 17 réacteurs en fonctionnement. Contre 58 en France. Ils ne contribuaient donc «que» pour 23% à la production électrique (plus de 75% en France) et 11% à la consommation d'énergie finale du pays (40% en France). Car, il ne faut pas l'oublier, l'électricité n'est que l'une des façons de consommer de l'énergie. A côté des carburants ou du chauffage, entre autres.
Huit réacteurs ont été fermés en 2011 et cela n'a visiblement posé aucun problème: la différence a été compensée par une baisse des exportations électriques, une augmentation de la production des énergies renouvelables et une petite baisse de la consommation.
D'ici 2022, date butoir pour la fermeture des neuf autres tranches, l'Allemagne devrait compenser le manque à gagner nucléaire. Mais pas forcément de la façon souhaitée.
Les ENR (énergies renouvelables) suffiront-elles ?
non (pas en l'état actuel des technologies)
La part des ENR (énergies renouvelables) a progressé de façon impressionnante sur la dernière décennie, notamment l'éolien et le solaire. Mais cette progression marque désormais le pas: le parc éolien ne s'étend plus aussi vite (sauf l'éolien offshore) et les tarifs d'achat sur le solaire ont très sensiblement baissé en 2012, mettant en cause la rapide progression passée (mais aussi la filière industrielle du pays!). Il faudra d'ici 2050 bien du volontarisme –et des progrès technologiques– pour que les ENR puissent répondre aux espoirs que les Allemands ont mis sur eux.
Mais le problème ne se trouve dans l'immédiat pas tant du côté des capacités installées que de celui du réseau: «certains champs d'éoliennes offshore ne fonctionnent pas car ils ne sont pas encore reliés au réseau électrique», assure Fabien Roques. Et lorsqu'ils le seront, tout ne sera pas pour autant réglé: «l'Allemagne a mal anticipé ces questions, et manque de capacités pour transporter le courant produit par les éoliennes au nord vers le sud», poursuit l'expert.
Le CAE estime ainsi que le pays devra consacrer 45 milliards d'euros d'ici 2020 à ses réseaux de transport et de distribution d'électricité. Le problème n'est pas seulement financier: construire des réseaux prend du temps, notamment en autorisations de toutes sortes.
Le charbon et le lignite ont-ils pris le relai?
non (pas pour l'instant)
Contrairement aux rumeurs insistantes, la production d'électricité à partir de charbon et de lignite n'a pas augmenté pour compenser la baisse du nucléaire, constatent les experts. Sur longue période, leur part a du reste diminué (75% de la production électrique en 1973 –42% actuellement) et elle est à peu près stable depuis plusieurs années.
A 42%, elle reste cependant très importante, et pour partie, très polluante, notamment pour le lignite. Les centrales les plus émettrices devraient fermer dans quelques années, mais de nouvelles capacités sont prévues, qui ont profité des allocations gratuites de quotas CO2 au milieu des années 2000 pour démarrer leur construction. In fine, la part du charbon/lignite pourrait donc très légèrement progresser.
La consommation peut-elle baisser?
un peu «Il semble que la consommation électrique allemande ait cessé de progresser, et se trouve désormais à un plateau», note Fabien Roques. Mais quid de l'avenir? Des économies supplémentaires pourraient être réalisées, mais beaucoup a déjà été fait dans l'habitat et dans l'industrie, qui s'est beaucoup restructurée y compris énergétiquement à la suite de la réunification.
Du reste, l'Allemagne affiche un taux d'intensité énergétique déjà légèrement inférieur à la France, et ce malgré la puissance de son industrie (151 kilo équivalent pétrole pour 1.000 euros de PIB contre 164 en France). Autrement dit: des baisses de consommation sont encore possibles, mais proportionnellement moins qu'en France.
En outre, l'électricification du parc automobile d'ici 2025 pourrait aussi venir contrecarrer cette évolution. Il n'est pas donc certain que les Allemands verront leur consommation électrique diminuer sensiblement
L'Allemagne deviendra-t-elle l'otage de la Russie?
+ que la France Logiquement, les centrales au gaz sont amenées à jouer un rôle de plus en plus important: on en construit pour prendre le relai des ENR (éolien, solaire), par définition intermittentes, lorsque celles-ci ne produisent pas d'électricité. «Attention cependant, nuance Fabien Roques, construire de nouvelles capacités ne signifie pas que beaucoup de gaz sera brûlé, car ces nouvelles centrales ne tourneront pas à plein temps.»
Et elles pourraient subvenir à l'augmentation de la consommation, si celle-ci était avérée et si les ENR ne pouvaient prendre le relai.
Actuellement, le gaz représente une part minoritaire de la production électrique (13%) mais tout de même 23% de la consommation énergétique totale (15% en France). Mais surtout, quand la France s'approvisionne tout à la fois en Algérie, aux Pays-Bas, en Norvège et en Russie (15% environ pour ce dernier pays), l'Allemagne dépend elle à environ 50%, de la Russie. D'où l'attention portée outre-Rhin aux relations avec ce pays, et l'implication controversée de l'ex-chancelier Schröder dans le consortium germano-russe chargé de la construction du gazoduc Northstream reliant directement les deux pays.
La transition coûtera-t-elle cher?
oui très cher, mais... pas forcément plus qu'ailleurs.
Les partisans du nucléaire français ont beau jeu de le répéter: l'électricité allemande coûte deux fois plus cher que dans l'Hexagone, tant pour les ménages que pour l'industrie. Certes. Mais cela n'empêche pas l'industrie allemande d'être compétitive. Reste à savoir jusqu'où la facture va grimper.
Personne ne le sait, mais si les subventions aux ENR représentent déjà 36 euros par mégawattheure, selon le CAE, elles pèsent pour l'essentiel sur les ménages, les entreprises étant quasiment exemptées. La solution n'est pas forcément durable: les ménages allemands risquent bien, un jour, de grincer les dents.
Alors oui, cette transition sera coûteuse. En coûts de réseaux, en subventions aux énergies alternatives, etc. Mais le sera-t-elle forcément moins en France, le jour où les décisions énergétiques auront été prises?
«Le premier pays qui s'essaie à la transition essuie forcément les pots cassés, estime Fabien Roques. Il paie forcément plus cher. Mais il peut aussi en tirer des avantages très importants, notamment s'il en fait une vraie stratégie industrielle: énergies alternatives, stockage de l'électricité, réseaux intelligents, techniques du bâtiment, les industriels allemands, Siemens en tête, qui investissent dans ces secteurs bénéficieront de cette transition.»
Mais apprendre à vivre et à produire avec moins d'énergie peut se révéler aussi, à terme, être un vrai avantage compétitif. Car, et c'est bien l'état d'esprit des Allemands, la transition est, de toutes façons inéluctable. Autant donc la préparer.
http://www.slate.fr/story/62367/transition-energie-allemande


29/03/04 : Der Spiegel : Le délire éolien - Du rêve d'une énergie écologique au saccage du paysage hautement subventionné.
http://www.juracretes.ch/d2wfiles/document/4980/5019/0/Le20D%C3%A9lire20%C3%A9olien20-20avril20-202004.pdf